Chefferie de Projet Montréal: Ferrandez a une préférence pour Valérie Plante

Les trois candidats à la chefferie de Projet Montréal, François Limoges, Guillaume Lavoie et Valérie Plante, ont croisé le fer pour la première fois dimanche.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les trois candidats à la chefferie de Projet Montréal, François Limoges, Guillaume Lavoie et Valérie Plante, ont croisé le fer pour la première fois dimanche.

Pas de grand gagnant au premier débat des aspirants chefs de Projet Montréal, mais un appui de taille : la conseillère de Ville-Marie Valérie Plante peut compter sur le soutien du chef par intérim, Luc Ferrandez, a appris Le Devoir.

Cet appui n’émane pas d’une déclaration publique, mais plutôt d’un message Facebook qu’il a transmis de façon privée à quelques-uns de ses proches, membres du parti.

Luc Ferrandez n’a jamais eu et n’a toujours pas l’intention d’appuyer publiquement l’un des trois candidats, qui ont croisé le fer dimanche à l’auditorium du Collège de Maisonneuve. Par respect pour eux, une telle chose n’est pas souhaitable, a-t-il confié au Devoir. Au terme du débat, il a insisté sur les qualités des trois aspirants. « Ce sont trois jeunes magnifiques. Leur niveau de connaissance des enjeux de la ville centre et des arrondissements, la vision qu’ils ont de la ville et des problèmes opérationnels… Quand M. Coderre est arrivé au pouvoir, il n’avait pas le dixième des connaissances de ces trois personnes-là. »

Valérie Plante a semblé étonnée d’avoir été préférée par le chef intérimaire et a dit ne pas être « au courant » des communications qui circulent entre les membres du parti. Elle a toutefois affirmé que d’autres appuis et « surprises » étaient à venir. Jusqu’ici, 5 élus de Projet Montréal l’ont soutenue, mais Guillaume Lavoie est loin devant avec 11 appuis. François Limoges n’en a pas pour l’instant, et 6 des 25 élus n’ont pas encore pris position.

De l’humour et des flèches

Dans une atmosphère conviviale empreinte de respect et d’humour, les candidats ont parlé de leurs priorités pendant deux heures devant un auditoire de quelques centaines de personnes et ont aussi répondu à de nombreuses questions du public. Invités à dire quelque chose de positif sur le maire Coderre, les trois candidats ont souri et en ont profité pour décocher des flèches à son endroit. « Il est divertissant », a lancé François Limoges, causant l’hilarité générale. Le débat a été largement ponctué d’attaques dénonçant sa « condescendance », sa « partisanerie », son « manque de rigueur » et son « improvisation ».

François Limoges, conseiller du district Saint-Édouard dans Rosemont–La Petite-Patrie, s’est imposé avec des engagements concrets, notamment son plan de mobilité 10-45, qui consiste à faire en sorte que tout citoyen soit à moins de 10 minutes d’un accès au transport collectif et à moins de 45 minutes de sa destination finale. En plus de l’implantation de nouveaux marchés publics, comme Atwater et Jean-Talon, il a annoncé son intention d’imposer aux finissants en techniques policières qui désirent travailler à Montréal une formation supplémentaire de trois mois pour mieux les préparer à cette réalité.

Très à l’aise en public, Guillaume Lavoie a tenté de courtiser les membres de Projet Montréal en faisant valoir sa vaste expérience de la politique et des affaires publiques. Le conseiller municipal dans Rosemont–La Petite-Patrie a également détaillé ses idées pour le transport, qui comprennent le déploiement des véhicules en libre-service (VLS) pour les étendre à toute la ville et le développement du transport en commun. « On va nommer des gens compétents plutôt que de nommer les amis du régime », a-t-il dit, critiquant la nomination de Philippe Schnobb à la tête de la STM.

Combative mais plus discrète, l’élue de Ville-Marie Valérie Plante a tenté de prendre sa place en mettant en valeur sa proximité avec les citoyens. « Il y a le show de boucane et il y a le travail de terrain », a-t-elle dit, en faisant référence à son adversaire, le maire Coderre. Son cheval de bataille est le logement, mais elle s’est engagée à célébrer la diversité en travaillant au recrutement des femmes et s’est même dite en faveur d’un programme de discrimination positive, notamment au sein du service de police, afin d’y voir une meilleure représentation des minorités.

Idéalistes et pragmatiques

Idéalistes ou pragmatiques ? Les trois candidats ont refusé de se définir comme étant l’un ou l’autre et ont préféré se décrire comme un mélange des deux. Gauche ou droite ? Guillaume Lavoie s’est défendu d’être de droite, comme le prétend une campagne négative à son sujet sur Internet. « Au municipal, faire une saillie de trottoir, ce n’est pas à gauche ni à droite, c’est au coin de la rue. » Alors que Valérie Plante se dit « résolument progressiste », François Limoges refuse quant à lui les étiquettes « écologique » ou « de gauche » pour lui et pour son parti, mais consent à se dire « social-démocrate ».

Amel, une néo-Québécoise curieuse mais qui n’est pas membre de Projet Montréal, a apprécié le fait que la diversité soit abordée dans le débat. « Mais ce qui me frappe, là tout de suite, c’est qu’on parle de diversité, mais déjà, il faudrait qu’il y en ait plus dans la salle », a-t-elle constaté.

Quant au maire de Rosemont–La Petite-Patrie, François Croteau, il s’est réjoui du ton du débat. « Malgré une course à la chefferie qui peut amener des frictions, on va en sortir grandis. On va véritablement être un parti plus fort qui va pouvoir offrir quelque chose de crédible aux Montréalais, a-t-il déclaré. J’espère que beaucoup de gens l’ont regardé et qu’on va sortir des caricatures. »

La course à la direction de Projet Montréal est la première depuis vingt ans à avoir lieu dans la métropole. Les élections auront lieu le 4 décembre prochain.

 

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