Guillaume Lavoie aidé par un lobbyiste

Guillaume Lavoie est candidat à la chefferie de Projet Montréal.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Guillaume Lavoie est candidat à la chefferie de Projet Montréal.

L’aspirant-chef de Projet Montréal Guillaume Lavoie, qui veut faire du déploiement des véhicules en libre-service (VLS) l’un de ses principaux engagements, a obtenu l’aide d’un lobbyiste de Car2go au début de sa campagne.

Dans un article consacré à Guillaume Lavoie et paru récemment dans le média en ligne Ricochet, on y mentionne que Simon-Pierre Diamond aurait sollicité des membres et non-membres du parti afin qu’ils appuient la candidature de M. Lavoie.

Ancien député de l’ADQ dans Marguerite-D’Youville et candidat défait du Parti libéral du Québec dans Vachon en 2010, M. Diamond apparaît au Registre des lobbyistes du Québec pour trois mandats rémunérés qu’il détient avec l’entreprise de VLS Car2go Canada.

Mais il nie avoir fait des démarches pour récolter des appuis pour Guillaume Lavoie. « Je suis un ami de longue date de Guillaume, a expliqué au Devoir M. Diamond. On a fait du militantisme ensemble il y a plusieurs années. […] Quand j’ai su qu’il se présentait, j’ai voulu donner un coup de main en signant son bulletin de candidature. Ma copine aussi. J’ai remis ça. Je ne sais pas ce qu’ils ont fait avec, mais ça se limite à ça essentiellement. »

Déploiement des VLS

Le directeur de campagne de Guillaume Lavoie, Joël Simard-Ménard, affirme que M. Diamond ne fait pas partie de l’équipe de campagne du candidat à la chefferie. « Lorsque Guillaume s’est présenté, on avait quatre jours pour récolter des signatures et Simon-Pierre s’est offert pour en recueillir. Cependant, il n’est pas dans mon équipe. Et il n’est tellement pas proche de l’équipe que lorsqu’on a déposé notre bulletin [de candidature], on n’avait pas sa liste. C’est à peu près la seule chose qu’il a faite », indique-t-il.

Rappelons que plus tôt cette semaine, Guillaume Lavoie a annoncé son intention de faire de Montréal le « leader mondial du véhicule en libre-service » s’il devenait chef de Projet Montréal et maire de Montréal. Il a notamment pris l’engagement d’autoriser les voitures en libre-service sur tout le territoire de l’île de Montréal et d’annuler la hausse du coût des vignettes universelles imposée par l’administration Coderre.

Le fait que M. Diamond soit lobbyiste pour Car2go était connu de l’équipe de campagne de Guillaume Lavoie. M. Simard-Ménard soutient que l’équipe du candidat a agi dans les règles. Dans le dossier des voitures en libre-service, explique-t-il, les deux entreprises en activité à Montréal, soit Car2go et Communauto, ont été consultées avant le dévoilement du plan.

Trois candidats se disputent la chefferie de Projet Montréal. Outre Guillaume Lavoie, deux autres conseillers sont en lice, soit Valérie Plante et François Limoges. Ils participeront dimanche à un débat au collège de Maisonneuve. Les membres choisiront leur nouveau chef le 4 décembre.

La course à la chefferie de Projet Montréal a été rendue nécessaire en raison du départ de l’ancien chef et fondateur du parti Richard Bergeron, qui s’est joint au camp de Denis Coderre peu après les élections de 2013.

3 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 28 octobre 2016 11 h 00

    La fin annoncée de Projet Montréal

    Il y a eu Richard Bergeron, en apparence sincère à ses débuts, mais qui s'est un peu pendu avec son obsession du tramway. Le tramway aurait pu être une bénédiction pour Montréal, sauf que M. Bergeron voyait grand sans vraiment nous convaincre qu'il savait par où commencer.

    Et quand il a basculé vers l'équipe Coderre, M. Bergeron a enlevé quelques boulons à la base du parti qu'il avait lui-même fondé.

    Il y a eu et il y a encore Luc Ferrandez, qui a fait bouger un coin de Montréal, avec parfois une certaine maladresse, mais la seule façon de ne pas faire d'erreurs est de ne rien faire. En refusant de se présenter à la chefferie de Projet Montréal pour mieux se concentrer sur son arrondissement, M. Ferrandez a probablement joué de prudence et de sagesse. Sa vision urbaine, plus moderne que la moyenne, n'est sans doute pas exportable dans tous les coins de la ville. Et peut-être sentait-il que Projet Montréal, par électoralisme, finirait tôt ou tard par tourner le dos à l'essence de son origine.

    Et nous arrive un candidat à la chefferie qui, en ayant l'air de s'y opposer, ne fait que copier les idées de l'équipe Coderre. « faire du déploiement des véhicules en libre-service (VLS) l’un de ses principaux engagements » n'a rien de très visionnaire et rien de très moderne. On aimerait entendre parler de mobilité durable (et non pas de VLS ou de commerce privé de places de stationnement), d'aménagement du territoire, de modernisation de l'espace public, comme ça se fait dans bien des villes occidentales, qui laissent Montréal de plus en plus loin derrière en matière d'urbanisme.

    Il y a eu M. Bergeron, il y a eu M. Ferrandez que la droite urbaine conservatrice a démonisé à l'excès et maintenant, il pourrait y avoir M. VLS, dont on découvre les politiques appuyées en coulisses par des intérêts qui ne sont pas nécessairement ceux des Montréalais.

    Un Projet Montréal coderrisé a-t-il encore sa raison d'être ?

    • Patrick Boulanger - Abonné 28 octobre 2016 12 h 19

      M. Richard, M. Lavoie n'est pas le seul candidat pour la chefferie de Projet Montréal.

  • Patrick Boulanger - Abonné 28 octobre 2016 11 h 30

    Un ex-adéquiste proche de M. Lavoie? Ce n'est pas très inspirant cette amitié pour Projet Montréal! C'est le moins que l'on puisse dire!