Vers des hausses de tarifs de 2 % pour les trains de banlieue

Dans son projet de budget, l’AMT rappelle qu’elle est toujours aux prises avec un problème structurel de financement.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Dans son projet de budget, l’AMT rappelle qu’elle est toujours aux prises avec un problème structurel de financement.

Les usagers des trains de banlieue de l’Agence métropolitaine de transport (AMT) doivent s’attendre à subir des hausses de tarifs de 2 % l’an prochain.

L’AMT adoptera son budget 2017 le mois prochain et selon les documents budgétaires que Le Devoir a pu consulter, le coût des titres mensuels augmentera de 2 à 5 $ selon les zones visées.

À titre d’exemple, le prix du titre pour la zone 1 passera de 94 à 96 $ en 2017, alors que celui de la zone la plus éloignée de Montréal, la zone 8, atteindra 263 $ contre 258 $ en 2016.

À l’instar de l’année précédente, l’AMT limite ainsi les hausses au niveau de l’inflation, soit 2 %.

Elle anticipe par ailleurs des revenus de 291,3 millions en 2017, comparativement aux 285,8 millions prévus pour 2016, et des dépenses de 296,1 millions contre 292,9 millions en 2016. Son déficit budgétaire devrait ainsi s’élever à 4,8 millions, alors que celui prévu en 2016 était de 7,1 millions.

Déficit cumulé

La situation financière de l’AMT demeure précaire et dans son projet de budget, celle-ci rappelle qu’elle est toujours aux prises avec un problème structurel de financement.

La porte-parole de l’AMT, Fanie Clément St-Pierre, n’a pas voulu commenter les hausses de tarifs qui seront imposées aux usagers avant l’adoption du budget par le conseil d’administration de l’Agence le mois prochain.

Rappelons qu’en 2015, l’AMT était à ce point en difficulté que le gouvernement du Québec avait dû consentir à lui verser 68,5 millions pour éponger le déficit de ses fonds d’exploitation et d’immobilisations. « Je n’ai pas les informations à savoir si ça va être le cas cette année ou l’année prochaine », a indiqué Mme Clément St-Pierre.

Le mauvais message

La hausse des tarifs prévue par l’AMT n’étonne pas Transport 2000. « Je ne vois pas, concrètement, ce que l’AMT aurait pu faire d’autre », indique Philippe Cousineau Morin, coordonnateur chez Transport 2000. Selon lui, la trop faible croissance du financement public du transport force l’AMT à augmenter ses tarifs. Pour les usagers, cette décision est d’autant plus difficile à avaler que les services n’ont pas été améliorés de façon substantielle. « Déjà que c’est un service très limité, très 9 à 5 », note-t-il.

Ce que Transport 2000 juge aussi injuste, c’est que l’indice des prix à la consommation demeure élevé pour le transport public au Québec, avec une hausse de 2,1 % en 2015 comparativement à l’année précédente, selon les données publiées par Statistique Canada, alors qu’il a chuté de 3,3 % pour le transport privé. Dans le contexte où le prix de l’essence demeure stable, les hausses de tarifs envoient un mauvais message et n’incitent pas les automobilistes à se convertir au transport en commun, estime M. Cousineau Morin.

Le budget 2017 de l’AMT sera probablement son dernier puisque l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), créée avec l’adoption de la loi 76, prendra le relais au 1er janvier 2017. Un comité de transition présidé par Paul Côté a d’ailleurs entrepris de préparer l’arrivée de la nouvelle entité et la préparation d’une politique de financement.