Collusion dans l’industrie du remorquage

Le Bureau de l’inspecteur général lève le voile sur les manœuvres de trois entreprises ayant décroché des contrats de remorquage effectués lors d’opérations de déneigement.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le Bureau de l’inspecteur général lève le voile sur les manœuvres de trois entreprises ayant décroché des contrats de remorquage effectués lors d’opérations de déneigement.

La collusion ne semble pas vouloir disparaître à Montréal. Trois entreprises de remorquage ont été prises en défaut par l’Inspecteur général de Montréal qui a résilié des contrats au terme de son enquête.

Dans un rapport qu’il a déposé lundi au conseil municipal, le Bureau de l’inspecteur général (BIG) dirigé par Denis Galland lève le voile sur les manoeuvres de trois entreprises ayant décroché des contrats de remorquage lors d’appels d’offres lancés entre 2013 et 2015 dans les arrondissements du Plateau-Mont-Royal, de Verdun, de Ville-Marie, de Rivière-des-Prairies et de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension. Ces contrats ont été octroyés pour des travaux de remorquage effectués lors d’opérations de déneigement.

Les trois entreprises visées sont Remorquage Taz, Remorquage Mobile et Auto Cam 2000. Le BIG a rencontré les entrepreneurs et estime que leurs aveux sont « clairs et sans équivoque ».

Ces entrepreneurs ont admis avoir discuté entre eux pendant les périodes de publications des appels d’offres afin de discuter des prix et du nombre de remorqueuses qu’ils comptaient proposer dans leur soumission en plus de se tenir au courant de leurs intentions respectives. Au BIG, les entrepreneurs ont parlé de « respect » entre eux et de l’adage « Viens pas chez nous, j’irai pas chez vous », peut-on lire dans le rapport.

« Ce qui frappe l’Inspecteur général dans le présent dossier d’enquête est qu’il est manifeste que les entrepreneurs ne saisissent toujours pas ce qui constitue de la collusion, alors que plusieurs rapports de l’Inspecteur général ont été publiés sur le sujet », écrit le BIG. « Les entrepreneurs ne semblent pas comprendre que les gestes qu’ils ont avoué avoir commis et qu’ils décrivent avec détails correspondent à la définition même de ce qu’est la collusion. »

Certains des contrats visés ont été exécutés, mais d’autres sont encore en cours. Le BIG a donc résilié trois contrats de Remorquage Taz et recommande que les trois entreprises soient écartées de tout appel d’offres pour une période de cinq ans.

Le maire Denis Coderre a indiqué qu’avant de se prononcer sur la recommandation du BIG, le rapport sera étudié par la Commission sur l’inspecteur général.

« Je ne suis pas surpris », a pour sa part indiqué le conseiller de Projet Montréal Alex Norris. Le fait que les collusionnaires ne se rendent pas compte de l’illégalité de certains gestes « démontre à quel point cette culture est enracinée chez trop de fournisseurs de la Ville de Montréal ».

En novembre 2015, le BIG avait rendu public un rapport révélant l’existence d’activités de collusion dans le domaine du déneigement à Montréal. Il avait alors promis de garder l’oeil sur cette industrie. Et en juin dernier, il avait recommandé à la Ville de ne pas aller de l’avant avec l’octroi de deux contrats totalisant plus de 12,3 millions dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Ces deux contrats ont été annulés le mois suivant.

3 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 27 septembre 2016 08 h 01

    Désapprendre

    Va falloir que ces individus désapprennent ce qu'ils ont toujours pratiqué. Il semble que le BIG s'y attaque.

    PL

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 27 septembre 2016 18 h 08

      Pas seulement de la collusion...ça ressemble beaucoup à ce pourquoi la Commission Charbonneau avait siégé...

  • Pierre Pinsonnault - Abonné 28 septembre 2016 07 h 34

    un proverbe et une idée.

    «Une habitude est un fil qui se transforme en corde» (auteur ?).

    Il faudrait peut-être les faire examiner par un psy pour connaître leurs niveaux intellectuel et de dangerosité. Se croient-ils plus fins que les autres ? Pensent-ils que si eux ne le font pas, les autres le feront ? Ou encore que, à la Ville, ce ne sont que des cons qui n'y verront que du feu ? Sont-ils si prêts de la faillite qu'ils sont prêts à tout ?

    C'est tout de même curieux leur comportement. L'Inspecteur général a raison d'en être frappé.