Montréal demande l’arbitrage

Alors que le litige entre la Ville de Montréal et le Canadien Pacifique perdure, les citoyens continuent de traverser les voies illégalement.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Alors que le litige entre la Ville de Montréal et le Canadien Pacifique perdure, les citoyens continuent de traverser les voies illégalement.

Faute d’entente avec le Canadien Pacifique (CP) dans l’aménagement de passages à niveau, la Ville de Montréal a demandé à l’Office des transports du Canada de trancher le litige.

La Ville tente depuis des années de convaincre le CP d’autoriser l’implantation de passages à niveau à six endroits le long des voies ferrées qui divisent Montréal en deux. La Ville a notamment proposé que des traverses soient aménagées dans le Mile-End, angle Henri-Julien et des Carrières, à proximité du futur campus Outremont, ainsi que dans le secteur de la gare Parc, située dans la rue Ogilvy.

Mardi, le maire Denis Coderre a indiqué avoir reçu du CP une lettre dans laquelle l’entreprise refuse les propositions de passages à niveau. En raison de l’impasse, la Ville demande maintenant l’arbitrage à l’Office des transports.

Le conseiller de Projet Montréal, Richard Ryan, déplore que la Ville ait tant tardé avant de demander l’arbitrage. « On a perdu trois ans. On reprend à la case départ parce que la Ville devra présenter un nouvel argumentaire pour cet arbitrage », a commenté l’élu de l’opposition.

M. Ryan croit que l’administration Coderre aurait dû profiter de l’arrivée d’un nouveau gouvernement à Ottawa pour réclamer que la législation encadrant l’aménagement de passages à niveau dans les villes soit revue.

L’Office des transports prend des décisions en fonction du transport ferroviaire et non en fonction de l’aménagement urbain, a-t-il souligné.

Alors que le litige entre la Ville et le CP perdure, les citoyens continuent de traverser les voies illégalement en passant par des brèches dans les clôtures. L’an dernier, une citoyenne qui avait contesté un constat d’infraction de 146 $ a été déboutée par le tribunal.

11 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 21 septembre 2016 02 h 48

    J'ai soixante ans et...

    J'ai soixante ans et me demande si le CP a fini par réussir à fermer le trou dans le grillage que je franchissais en cachette pour traverser les voies lorsque j'étais enfant, ouverture forcée qui se trouvait au bout de la rue De Normanville ?
    Les politiques ne devraient-ils pas finir par comprendre que leur mandat électif commence par prendre en considération les besoins des électeurs ? Surtout lorsqu'ils sont des élus municipaux !
    Et même lorsque les besoins en question se révèlent assez terre-à-terre...

    • Sylvain Auclair - Abonné 21 septembre 2016 08 h 57

      Les élus municipaux sont avec vous. C'est le fédéral qui bloque.

    • Yves Côté - Abonné 22 septembre 2016 03 h 23

      Monsieur Auclair, désolé mais quand on prend des années à se réveiller, il ne faut pas tenter de montrer que les autres font la faute de dormir encore...
      Ce n'est pas crédible.
      Alors, c'est le fondement de mon petit texte, il faut simplement à ces élus municipaux travailler avec hargne, mais aussi avec humilité, à faire enfin changer les choses.
      Sans rancune ?
      Salutations républicaines, Monsieur.

  • Maxime Parisotto - Inscrit 21 septembre 2016 08 h 10

    y a pas juste un trou, il y a des trous tout le long de la voie cyclable, quand c'est rebouché, quelqu'un recoupe le grillage...
    j'ai déjà vu des gens pique-niquer assis sur les rails...

    • Yves Côté - Abonné 22 septembre 2016 03 h 26

      Monsieur, simplement que les besoins des humbles ne meurent jamais dans les illusions de celles et ceux qui s'auto-proclament grands.
      Mes amitiés les plus républicaines, Monsieur.

  • Bernard Terreault - Abonné 21 septembre 2016 08 h 27

    Trois barrières à la mobilité

    En géométrie, la ligne droite est le plus court chemin d'un point à un autre. C'est rarement le cas en ville ou en banlieue. On a multiplié les obstacles et les détours. D'abord, depuis 150 ans, ça été les lignes de chemin de fer qui ont divisé nos villes en quartiers isolés. Depuis 1950 on a commencé à rajouter les autoroutes qui charcutent principalement nos banlieues de manière que deux anciens voisins de Longueuil doivent maintenant passer par St-Bruno pour se visiter. Comme si ce n'était pas assez, tous les nouveaux quartiers sont aménagés en labyrinthes supposément pour réduire la circulation en empêchant les "étrangers" de traverser le quartier, mais en multipliant en fait la circulation puisqu'on doit faire plus de kilomètres pour aller d'un point à un autre.

  • Bernard Terreault - Abonné 21 septembre 2016 08 h 27

    Trois barrières à la mobilité

    En géométrie, la ligne droite est le plus court chemin d'un point à un autre. C'est rarement le cas en ville ou en banlieue. On a multiplié les obstacles et les détours. D'abord, depuis 150 ans, ça été les lignes de chemin de fer qui ont divisé nos villes en quartiers isolés. Depuis 1950 on a commencé à rajouter les autoroutes qui charcutent principalement nos banlieues de manière que deux anciens voisins de Longueuil doivent maintenant passer par St-Bruno pour se visiter. Comme si ce n'était pas assez, tous les nouveaux quartiers sont aménagés en labyrinthes supposément pour réduire la circulation en empêchant les "étrangers" de traverser le quartier, mais en multipliant en fait la circulation puisqu'on doit faire plus de kilomètres pour aller d'un point à un autre.

  • Bernard Terreault - Abonné 21 septembre 2016 08 h 49

    Anecdote

    Dans la Ville de Longueuil, on a fermé avec de gros blocs de béton la petite Rue de Bourgogne qui permettait de circuler d'un quartier de HLM à un quartier "bien". Comme quoi il n'y a pas que les chemins de fer pour entraver la circulation.