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L’opposition craint qu’un référendum ravive les tensions

La mairesse d’Outremont, Marie Cinq-Mars, a confirmé vendredi que l’arrondissement irait de l’avant avec la tenue d’un référendum sur son projet de règlement.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La mairesse d’Outremont, Marie Cinq-Mars, a confirmé vendredi que l’arrondissement irait de l’avant avec la tenue d’un référendum sur son projet de règlement.

Outremont tiendra un référendum d’ici la fin de l’année au sujet de son règlement interdisant les nouveaux lieux de culte sur l’avenue Bernard. Déçue, l’opposition aurait préféré que l’arrondissement retire son controversé règlement et craint maintenant que ce scrutin avive les tensions au sein de la population.

La mairesse d’Outremont, Marie Cinq-Mars, a confirmé vendredi que l’arrondissement irait de l’avant avec la tenue d’un référendum sur son projet de règlement. La date du référendum reste cependant à déterminer, et on ignore encore les coûts de l’opération.

Jeudi, l’arrondissement avait ouvert deux registres afin de permettre aux citoyens opposés à ce règlement de se prononcer. Le registre visant l’avenue Bernard a recueilli 367 signatures, soit suffisamment pour forcer la tenue d’un référendum, alors que celui pour l’avenue Laurier n’a récolté que 4 signatures, faisant en sorte que le règlement est désormais en vigueur dans cette zone.

L’arrondissement aurait pu retirer son projet compte tenu de l’opposition exprimée, mais la mairesse Cinq-Mars croit qu’il faut poursuivre le processus. « Je pense que c’est bon d’aller au fond des choses étant donné que c’est un sujet controversé, a-t-elle dit. On s’est fait taxer d’être non démocratiques. Mais au contraire, on va aller jusqu’au bout et on va vider la question : est-ce qu’on veut plus de lieux de culte qu’il y en a actuellement sur l’avenue Bernard ? »

La mairesse reconnaît toutefois qu’un référendum pourrait laisser des séquelles, la communauté hassidique y étant vivement opposée. « Mais bon, on n’est pas des enfants. Il faut agir selon nos convictions, aller de l’avant et vider la question. J’ai toujours cru qu’une rue commerciale devait être une trame continue de commerces, et on sait que les rues commerciales, en ce moment, ont de la difficulté. Alors, je ne vois pas pourquoi on n’irait pas de l’avant avec ça. »

Déception

La conseillère de Projet Montréal Mindy Pollak, la seule élue à avoir voté contre le règlement, s’est dite déçue de la décision de la mairesse Cinq-Mars. « J’aurais espéré qu’elle prenne le temps de réfléchir là-dessus », a-t-elle indiqué au Devoir. « Un référendum, c’est coûteux, pas juste en termes financiers, mais aussi en termes d’harmonie entre les citoyens. L’argent aurait pu être mieux investi ailleurs, comme sur les artères commerciales qu’on aimerait revitaliser. »

Mme Pollak reproche aux autres élues de l’arrondissement de ne pas avoir cherché de solutions de remplacement pour régler le problème. Selon elle, l’arrondissement aurait dû documenter le dossier avant d’imposer son règlement. « On ne sait même pas le nombre de gens qui entrent dans les synagogues qu’on a à Outremont, signale Mme Pollak. On ne connaît pas les statistiques de population et on n’a aucune étude qui prouve que les lieux de culte nuisent aux commerces. Quand on gouverne, il faut prendre des décisions éclairées, basées sur des faits. »

L’utilité des référendums

À Québec, le maire Régis Labeaume a obtenu l’abolition des référendums dans le projet de loi 109 sur le statut de capitale nationale déposé à l’Assemblée nationale. Le maire Labeaume dit privilégier les « consultations en amont » plutôt que les référendums qui permettent à un groupe de citoyens de bloquer des projets.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, qui n’entend pas s’immiscer dans le processus référendaire à Outremont, n’a pas voulu dire si, à l’instar de son homologue de Québec, il demanderait au ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, l’abolition des référendums.

« Je rencontre le ministre la semaine prochaine. On est en train de regarder ça. Il y a aussi toutes les questions de gouvernance, a-t-il indiqué. Je ne veux pas embarquer là-dedans tout de suite. Je ne veux pas négocier en public. »

Rappelons que depuis les fusions municipales de 2002, toute modification de zonage doit être soumise à la consultation référendaire tant à Montréal qu’à Québec. Dans la métropole, l’Office de consultation publique de Montréal a été créé pour examiner les grands projets qui peuvent être soustraits de ce processus.

2 commentaires
  • Pierre Schneider - Inscrit 10 septembre 2016 07 h 37

    Abolir la consultation populaire

    Régis Labaume a raison ! Pourquoi ne pas abolir ces cosultations populaires qui permettent au peuple de s'exprimer par voie de démocratie directe ?

    Tout le monde sait que les élites possèdent la vérité, rien que la vérité, toute la vérité.

    Que la plèbe se le tienne pour dit !

  • Sylvain Auclair - Abonné 10 septembre 2016 21 h 17

    Si vous ne vouliez pas de référendum...

    pourquoi avoir signé le registre? Question à l'opposition.