Une politique réclamée

Depuis 2011, le financement des transports collectifs a stagné et dans plusieurs régions du Québec en 2015, des baisses d’achalandage ont été observées.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Depuis 2011, le financement des transports collectifs a stagné et dans plusieurs régions du Québec en 2015, des baisses d’achalandage ont été observées.

Des autobus bondés, un parc automobile qui croît deux fois plus vite que la population et une baisse d’achalandage du transport collectif dans plusieurs villes québécoises : sans financement adéquat, les services de transport en commun continueront de se dégrader, préviennent les représentants de l’Alliance pour le financement des transports collectifs Transit, qui réclament du nouveau ministre des Transports, Laurent Lessard, une politique de mobilité durable.

Le Réseau électrique métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement du Québec a beau être ambitieux, il ne réglera pas le problème du transport en commun au Québec, croit Transit. « Pendant que tous les projecteurs sont tournés vers ce grand projet, qui est certes prometteur, on ne s’occupe pas de la très vaste majorité des usagers des transports collectifs au Québec. On ne s’en occupe pas depuis cinq ans », a déploré Christian Savard, directeur général de Vivre en Ville, lors d’une conférence de presse jeudi.

Baisses d’achalandage

La politique québécoise du transport collectif de 2006 avait donné une nouvelle impulsion au transport en commun. En 2011, la Société de transport de Montréal (STM) avait d’ailleurs enregistré une hausse d’achalandage de 4 %, battant du même coup un record d’achalandage historique datant de 1947. Mais depuis, le financement a stagné et, dans plusieurs régions du Québec en 2015, des baisses d’achalandage ont été observées. C’est le cas notamment à Québec (-3 %), Montréal (-0,9 %) et Sherbrooke (-2,1 %).

À Gatineau, des quartiers se développent, mais les services de transport en commun ne suffisent pas, soutient Benjamin Cool-Fergus, usager de la Société des transports de l’Outaouais (STO), venu témoigner des problèmes rencontrés quotidiennement dans sa ville. « On vient appliquer des pansements par-dessus des pansements. Mais il faut plus que des pansements. Il faut des solutions durables », dit-il.

Justine Brassard-Méthot, qui habite Lévis, se plaint des services réduits d’autobus en période hors pointe. Un troisième lien Québec-Lévis ne réglera pas les problèmes de transport, prévient-elle. « Ce n’est pas en passant par un troisième lien qu’on va réussir à faire avancer les choses. Il va toujours y avoir de plus en plus de trafic », dit-elle en pressant le gouvernement d’opter pour un Service rapide par bus (SRB).

Écran de fumée

À Montréal, le REM demeure un projet porteur, mais il témoigne du manque de leadership du ministère des Transports du Québec (MTQ), estime Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David-Suzuki. « C’est comme si la Caisse de dépôt créait des collèges et des écoles à la place du ministère de l’Éducation. »

« Empêtré » dans de sa réforme sur la gouvernance, le MTQ néglige les projets de développement, ajoute-t-il : « La gouvernance, c’est un bel écran de fumée pour ne rien faire. »

Transit a donc fait parvenir, le 25 août dernier, une lettre au ministre Lessard afin de solliciter une rencontre avec lui. Outre un meilleur financement, Transit souhaite que Québec se dote d’un plan de mobilité durable et se fixe des objectifs de réduction de la congestion.

Transit n’a encore obtenu aucune réponse du cabinet de M. Lessard.

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