Pas plus de 40 km/h sur les artères du Plateau et de Rosemont

La largeur des voies de circulation automobile sera aussi réduite à 3,2 m.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir La largeur des voies de circulation automobile sera aussi réduite à 3,2 m.

Même si la gestion des artères relève de la compétence de la ville centre, les arrondissements du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont–La Petite-Patrie vont implanter sur leur territoire trois mesures visant à augmenter la sécurité des cyclistes.

La vitesse permise sur les artères sera limitée à 40 kilomètres/h, comme c’est déjà le cas dans Outremont. Et près des écoles, elle sera réduite à 30 km/h, ont annoncé mardi le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, et son homologue de Rosemont–La Petite-Patrie, François Croteau, dans la foulée des accidents graves impliquant des cyclistes et des piétons survenus à Montréal au cours des dernières semaines.

La largeur des voies de circulation automobile sera aussi réduite à 3,2 m, une mesure qui n’affectera pas la capacité routière des artères, a assuré Luc Ferrandez. « Sur le boulevard Saint-Laurent, on pourrait dégager presque deux mètres », a-t-il dit.

Finalement, les lignes d’arrêt aux intersections seront reculées de 3,5 mètres, de manière à rendre les cyclistes plus visibles pour les camionneurs et les automobilistes.

S’appuyant sur un avis juridique du Contentieux de la Ville, les deux maires ont soutenu que les arrondissements ont le pouvoir d’implanter de telles mesures bien que le réseau artériel soit sous la responsabilité de l’administration centrale. Selon Luc Ferrandez, ils sont libres de prendre l’initiative quand il s’agit de modifier la signalisation.

Projet-pilote ?

Les deux élus de Projet Montréal ont lancé un appel au maire Denis Coderre afin que son administration collabore et fasse de ces actions un projet-pilote qui pourrait par la suite être étendu à l’ensemble du territoire montréalais, là où c’est applicable.


« Commençons là où se produisent les accidents, c’est-à-dire dans les quartiers centraux. C’est là qu’il y a le plus grand nombre de cyclistes, de piétons et d’automobilistes. C’est normal que plus on arrive vers le centre-ville, plus on a des mesures contraignantes », a expliqué Luc Ferrandez.

L’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie a déjà obtenu le feu vert du ministère des Transports du Québec pour réduire à 40 km/h la limite de vitesse sur ses artères. « Donc, au cours de l’année, Rosemont-La Petite-Patrie pourra changer ses panneaux de circulation », a indiqué François Croteau. Le Plateau lui emboîtera le pas.

Un plan à venir

Le maire Denis Coderre, qui, mercredi dernier, avait annoncé son intention de dévoiler un plan pour augmenter la sécurité des cyclistes, prône une certaine cohérence entre les arrondissements.

Il a signalé que les mesures annoncées par MM. Ferrandez et Croteau avaient déjà fait l’objet de discussions avec les maires d’arrondissement. « J’étais tout à fait d’accord pour qu’on baisse la limite de vitesse, par exemple », a-t-il dit.

« Tu ne peux pas arriver dans un arrondissement où c’est à 40 km/h alors que l’autre est à 50 et qu’après ça retombe à 30 km/h. Il faut de la cohérence. Ce n’est pas un vase clos. Les mesures qu’on va mettre en avant vont permettre d’atteindre cette cohérence », a-t-il expliqué.

M. Coderre ne conteste toutefois pas le droit des arrondissements d’aller de l’avant. Selon lui, les élus de Projet Montréal auraient pu le faire bien plus tôt.

Le plan de l’administration, comportant neuf actions et touchant notamment les radars photo, les limites de vitesse et la sécurisation des intersections, sera rendu public sous peu, a-t-il ajouté.


Gatineau doit rectifier le tir

La Ville de Gatineau a été fustigée sur les réseaux sociaux après avoir publié une publicité mettant en scène un cycliste et un automobiliste. « Vous ne faites pas le poids. Roulez de façon responsable », indiquait-on. La publicité a été fort mal accueillie, plusieurs internautes estimant que la Ville rejetait tout le blâme sur les cyclistes. « Une logique implacable. La route = la loi du plus fort/lourd », a commenté l’un d’eux. « Mauvaise pub qui déresponsabilise les chauffeurs et blâme la victime. Et renforce l’idée que les vélos [ne sont] pas bienvenus sur la rue ! » a souligné une autre. La Ville de Gatineau a corrigé le tir. « Au sujet de notre campagne sur le partage de la route, notre pub n’était pas claire », a-t-elle admis. Le texte a donc été modifié pour se lire ainsi : « Il ne fait pas le poids. Conduisez de façon responsable. »


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