Montréal aura les ordures à l’oeil

Il sera bientôt interdit de jeter des matières recyclables et des déchets organiques dans les sacs poubelles là où les bacs bruns sont disponibles.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Il sera bientôt interdit de jeter des matières recyclables et des déchets organiques dans les sacs poubelles là où les bacs bruns sont disponibles.

Montréal a resserré son règlement sur la collecte des ordures. Il sera bientôt interdit de jeter des matières recyclables et des déchets organiques dans les sacs poubelles là où les bacs bruns sont disponibles. Mais la Ville assure que, dans l’immédiat, elle n’enverra pas une « police des déchets » sur le terrain.

Le conseil municipal a entériné mardi l’harmonisation des règlements encadrant la collecte des matières résiduelles sur l’ensemble du territoire montréalais. Pour le responsable du développement durable au comité exécutif, Réal Ménard, il devenait impératif pour la Ville d’agir en raison de sa piètre performance en matière de valorisation des déchets organiques. « Si on ne respecte pas les filières de collectes et de valorisation des ressources, nous n’atteindrons jamais nos objectifs », a expliqué M. Ménard.

En 2015, le taux de récupération des matières organiques n’atteignait que 17 % à Montréal, alors que la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles a fixé à 60 % l’objectif à atteindre pour 2008.

Montréal prévoit d’investir quelque 300 millions pour se doter d’usines de compostage. D’ici la fin de l’année, 62 % des ménages montréalais disposeront d’un bac brun et, dans deux ans, tous les immeubles seront desservis par la collecte des matières organiques, a indiqué M. Ménard.

Le règlement imposera des amendes pouvant atteindre jusqu’à 2000 $ en cas de récidive, mais l’administration entend l’appliquer avec souplesse dans l’immédiat, d’autant que tous les immeubles ne sont pas encore desservis par la collecte des matières organiques. « Il n’y aura pas de “police des déchets” qui va intervenir de manière injustifiée », a promis M. Ménard, tout en admettant que des inspecteurs pourraient éventuellement ouvrir des sacs d’ordures pour en vérifier leur contenu.

Identifier les coupables

Encore faudra-t-il que ces inspecteurs puissent identifier les délinquants, signale le chef de l’opposition Luc Ferrandez. « Dans les quartiers denses, c’est difficile de déterminer qui a déposé les sacs devant un immeuble. Et il y a de moins en moins de factures et de documents papier dans les sacs. Il y en a surtout dans le recyclage. Trouver des coupables dans ces conditions-là va devenir extrêmement compliqué », a-t-il signalé.

Luc Ferrandez s’interroge aussi sur les ressources qui seront nécessaires pour faire respecter le règlement dans le contexte où les arrondissements se font imposer des compressions importantes.

À l’instar de M. Ménard, M. Ferrandez reconnaît que le compostage est incontournable et que la Ville devra faire d’importants efforts de sensibilisation et de pédagogie. « Dans les secteurs où la collecte des matières organiques est implantée, le taux de participation chute au fur et à mesure que les gens découvrent que ça ne sent pas bon et que ça fait des vers de temps en temps. »

Le nouveau règlement devrait entrer en vigueur la semaine prochaine.


 
2 commentaires
  • Marc Bouchard-Marquis - Inscrit 24 août 2016 10 h 59

    À bon!

    Est-ce que ça veut dire qu'on surveillera les députés libéraux?

  • Jean-Yves Arès - Abonné 24 août 2016 13 h 02

    Le maire Bourque l'avait fait.


    Le maire Bourque a eu recour à des inspecteurs de sac de poubelle quand la collecte sélective a débutée. Un cinéaste avait d'ailleurs intégrer à un film le suivi du quotidien d'un de ces inspecteurs. Veux, veux pas, il en ressortait le ridicule de la situation.

    On y voyait l'inspecteur circuler dans les rues et se pencher sur les sacs de poubelle pour les ouvrir et inspecter leur contenu. Si un papier ou autre chose qui aurait dû se retrouvé au recyclage y était découvert l'inspecteur appelait une équipe de cols bleus, car pour poursuivre son ''enquête'' il lui fallait soulever le sac pour pouvoir le fouiller a fond, mais la manipulation d'un sac d'ordure était une tâche exclusivement réservée aux cols bleus... Donc après quelques temps un pick-up de la ville arrivait sur les lieux avec deux cols bleus, dont un placait le sac suspect sur la porte arrière rebattue (la tailgate) pour faire office de table de travail à la fouille du sac. C'est alors que l'inspecteur pouvait commencer sa recherche de quelque chose qui pouvait identifier le coupable. Plus loin dans le film on suivait cet inspecteur dans les corridors de l'hôlet de ville pour y rédiger un rapport ainsi que le billet d'infraction dont il faisait une photocopie a conserver dans les fichiés. L'inspecteur lui-même nous expliquait sur un ton badin que les 125$ d'amende de l'époque ne couvrait pas du tout les frais qu'occasionnaient les frais d'inspection et de rédaction du constat d'infraction...

    Il serait peut-être utile de faire visionner ce film quasis-docummentaire aux conseillés de la ville avant de leur faire voter ce règlement.