Bixi Montréal roule sur les surplus

Bixi Montréal a le vent dans les voiles. En plus d’enregistrer un surplus en 2015, le système de vélo en libre-service observe déjà pour la saison en cours une hausse du nombre d’utilisateurs et de déplacements. Néanmoins, l’administration Coderre n’envisage pas d’expansion du service pour l’instant.

Après des années difficiles, Bixi Montréal se porte de mieux en mieux. L’organisme sans but lucratif (OBNL) qui gère le service de vélos a dégagé un excédent de 281 996 $ pour l’exercice financier de 2015, ce qui a fait grimper son surplus accumulé à 983 847 $. Ses revenus ont atteint 7,987 millions en 2015, alors que ses dépenses ont totalisé 7,705 millions. Bixi a aussi noté une hausse des déplacements de 9,4 % par rapport à l’année précédente avec 3,5 millions de déplacements et une augmentation de 91 % des utilisations occasionnelles.

Les résultats sont aussi encourageants pour l’année en cours. Ainsi, au 31 mai 2016, Bixi a enregistré une hausse de 11 % des déplacements par rapport à 2015 et le nombre d’achats membres a grimpé de 9 %. Quant aux achats occasionnels, ils ont augmenté de 61 %.

30 232
Nombre de déplacements le 3 juin dernier. Il s’agit d’un record pour une période de 24 heures.

Bixi a aussi connu un record de 30 232 déplacements en 24 heures le vendredi 3 juin dernier. La panne de métro survenue sur la ligne orange mardi a d’ailleurs fait bondir son achalandage à 108 déplacements à la minute entre 17 h et 18 h.

Il s’agit donc d’une embellie pour le service de vélo en libre-service créé par l’ex-maire Gérald Tremblay en 2009. Rappelons qu’en janvier 2014, la Société de vélo en libre-service (SVLS) s’était placée sous la protection de la Loi sur la faillite. La Ville avait par la suite fait l’acquisition des actifs montréalais de Bixi et créé un OBNL pour gérer la saison 2014 avec Marie Élaine Farley à la présidence du conseil d’administration.

Étude de KPMG

La conseillère de Projet Montréal Marianne Giguère estime que le temps est venu pour Bixi de prendre de l’expansion : « Les résultats dévoilés aujourd’hui sont la démonstration que Bixi est vraiment ancré dans les habitudes de déplacement des Montréalais et que ce n’est plus un outil de loisir, quelque chose de charmant et de ludique. […] Ayant dégagé des surplus, il n’y a plus de raison de remettre à plus tard une expansion du réseau. »

Dans l’immédiat toutefois, l’administration Coderre n’envisage pas d’étendre les activités de Bixi, qui compte 5200 vélos et 460 stations réparties dans 11 arrondissements et deux villes, soit Westmount et Longueuil.

La Ville a tout de même commandé une étude auprès de la firme KPMG le mois dernier afin de dresser un inventaire des entreprises canadiennes susceptibles de fournir des pièces et de l’équipement si nécessaire. « Nous nous réjouissions du succès que connaît Bixi depuis sa relance. Pour le moment, les opérations se poursuivent avec l’équipement actuel. Nous sommes à évaluer la situation pour l’avenir et si de nouveaux projets avaient à se concrétiser, nous ferions l’annonce le moment venu », a indiqué par courriel le responsable des transports au comité exécutif, Aref Salem.


30 232
Nombre de déplacements le 3 juin dernier. Il s’agit d’un record pour une période de 24 heures.
2 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 16 juin 2016 12 h 02

    La suite : le VAE

    Bixi, comme certaines sociétés de vélo en libre service (VLS) ailleurs au monde, devrait considérer sérieusement l'ajout d'un service (à petite échelle) de vélos à assistance électrique.

    Bien qu'on en voit de plus en plus, le VAE est encore mal connu à Montréal. Or, dans le cocktail d'outils de mobilité à faible empreinte urbaine, il offre un potentiel considérable. Ainsi, pour la plupart des utilisateurs, il double l'autonomie du vélo conventionnel. Il permet également de garder les gens d'un certain âge en selle plus longtemps – et la mobilité des gens d'un certain âge devra jouir de plus de considération qu'elle en a actuellement.

    Un frein à l'expansion des VAE est la rareté des stationnements sécuritaires. Ces vélos valent entre 2000 et 3000 $ et sont facile à voler. C'est pourquoi l'option du libre service pourrait pallier à ce problème.

    Et pour financer ces VAE ? Est-il nécessaire de rappeler que si l'argent du fonds vert sert à subventionner l'achat de gros dragsters à batterie (Tesla), ces voitures capables d'atteindre la vitesse légale permise en ville en moins de 2 secondes, n'y aurait-il pas dans ce fonds vert quelques sous pour appuyer la promotion d'un mode de déplacement beaucoup plus respectueux de l'environnement ?

    En France, plus de 30 villes accordent des subventions à l'achat de VAE, dans l'espoir de rattraper ses voisins (en 2014, 80 000 VAE vendus en ce pays contre... 480 000 en Allemagne. Les subventions individuelles ne sont pas la meilleure option. Les investissements collectifs y sont préférables. Investir dans un ÉlectroBixi, c'est probablement une bonne idée à vendre à M. Coderre.

    • André Cantin - Abonné 17 juin 2016 11 h 11

      Tout à fait d'accord!

      Il est temps de passer au VAE, et de faire de cette évolution un élément du plan d'électrification des transports.

      Durant les mois sans neige, le VAE pourrait retirer de la circulation un nombre substantiel d'autos et pas seulement à Montréal.

      Et rien de mieux que le Bixi AE pour en faire découvrir les avantages au public.

      Il ne faut pas hésiter à encourager fiscalement l'achat et l'utilisation de ces véhicules et leur aménager des stationnements sûrs.

      André Cantin - abonné