Les célébrations ne tournent pas le dos à l’histoire, assure Gilbert Rozon

Le maire de Montréal, Denis Coderre, en compagnie du commissaire aux célébrations, Gilbert Rozon.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le maire de Montréal, Denis Coderre, en compagnie du commissaire aux célébrations, Gilbert Rozon.

Le commissaire aux célébrations du 375e anniversaire de Montréal, Gilbert Rozon, se défend d’avoir mis l’histoire de côté dans la programmation des festivités malgré les critiques des historiens. La plupart des activités de quartier qui se dérouleront dans les 19 arrondissements l’an prochain comporteront une composante historique, a d’ailleurs assuré le comité organisateur.

Alors que la Société du 375e anniversaire de Montréal dévoilait mardi la liste des 102 projets retenus dans le cadre de la programmation locale des arrondissements, Gilbert Rozon a souligné que le comité organisateur avait dû faire des choix.

« À un moment donné, il faut qu’on prenne des décisions et, croyez-moi, on est conseillés de tous bords tous côtés, a-t-il indiqué. Il faut penser à la diversité, à la culture de Montréal, à la ville créative, à la ville universitaire. Il faut penser à 1000 choses. On essaie d’intégrer toutes ces contraintes et faire une recette équilibrée. Je pense que les gens devraient, à la fin, dire que ça a du bon sens. »

En mai dernier, Le Devoir avait relaté les critiques d’historiens à l’égard des choix effectués par le comité organisateur du 375e. Des institutions comme le château Ramezay, la Société historique de Montréal, l’Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve, la Fondation Lionel-Groulx et la Société de généalogie canadienne-française avaient vu leurs projets refusés par le comité organisateur et s’étaient plaints du peu d’intérêt que semblait avoir la Société du 375e à l’égard de l’histoire.

Critiques normales

 

« Les critiques sont légitimes. On s’attend à être critiqués pour tout ce qu’on fait », a souligné M. Rozon en rappelant que le budget de l’organisation n’était pas illimité. « Sur 1000 projets, on en a accepté 200. Il y en a peut-être 90 qui ont un lien historique ou sont carrément historiques, mais il y a encore 20-30 personnes qui ne sont pas contentes et je peux les comprendre. Il a fallu dire non à 800 propositions. »

M. Rozon a signalé que la Société du 375e anniversaire finançait des institutions comme le Musée Pointe-à-Callière et le Musée McCord, en plus de projets à caractère historique tels que le film de François Girard Hochelaga, terre des âmes ou l’oeuvre vidéographique Cité Mémoire.

« Il y a des gens qui ne sont pas contents, peut-être parce que leur projet n’a pas été choisi », a pour sa part suggéré le maire Coderre en plaidant pour la patience.

Des fêtes de quartier

 

Le comité organisateur a donné mardi un aperçu de la programmation des activités qui se dérouleront dans les 19 arrondissements de la ville en 2017. Rappelons qu’un appel de projets avait été lancé en 2015 pour présenter des événements locaux et que la Société du 375e anniversaire de Montréal disposait d’un budget de 4,2 millions de dollars pour ce volet.

Parmi les propositions retenues figure celle du Théâtre Denise-Pelletier et de Zone Homa qui, dans Hochelaga-Maisonneuve, présenteront des contes associés à six lieux historiques de l’arrondissement. Dans le Sud-Ouest, l’Usine à films créera des décors historiques dans une ancienne usine afin de permettre aux citoyens de tourner leur propre court-métrage. Pour sa part, le Conseil local des intervenants communautaires (CLIC) de Bordeaux-Cartierville fera une reconstitution du parc Belmont. Et dans Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, le Centre multimédia de l’Est de Montréal propose de composer un hymne pour l’arrondissement.

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