Projet Montréal réclame une enquête sur Denis Coderre

Plus tôt dans la journée, Denis Coderre avait qualifié de «théorie du complot» les allégations de la Fraternité.<br />
 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Plus tôt dans la journée, Denis Coderre avait qualifié de «théorie du complot» les allégations de la Fraternité.
 

Préoccupée par une soi-disant « ingérence » du maire Denis Coderre dans la gestion du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), l’opposition officielle réclame du gouvernement du Québec l’ouverture d’une enquête indépendante sur les façons de faire du maire de la métropole.

« M. Coderre est arrivé en se faisant élire en voulant brasser les structures. Ce n’est peut-être pas une mauvaise chose. Mais maintenant, il ne sait pas où s’arrêter », a déclaré mercredi en point de presse le chef de Projet Montréal, Luc Ferrandez, citant une demi-douzaine d’exemples où le maire aurait outrepassé ses pouvoirs.

Il faisait plus directement référence à une communication acheminée plus tôt dans la journée par la Fraternité des policiers à ses membres, dans laquelle le syndicat allègue une « chasse aux sorcières » au sein du SPVM depuis la nomination du nouveau chef de police, Philippe Pichet, à l’automne.

Préoccupé par un certain nombre de fuites à des journalistes survenues au cours des derniers mois, le nouveau patron aurait en effet déclenché des enquêtes internes sur certains de ses employés. À la demande du maire lui-même, selon le syndicat.

« Nous devons malheureusement donner raison [aux journalistes] et prendre acte de la présence de plus en plus évidente du maire Coderre dans les affaires policières », écrit Mario Lanoie, vice-président recherche et communications pour la Fraternité. Il met ensuite les agents en garde. « Si les enquêtes internes demandent à vous rencontrer, veuillez communiquer sans tarder avec le module des relations de travail à la Fraternité et refuser toute demande de passer le polygraphe », écrit le syndicat.

En entrevue à Radio-Canada, le chef de police Philippe Pichet n’a pas nié que de telles enquêtes internes ont été ouvertes. « Quand on contrevient au serment de discrétion des policiers, c’est un manquement. Et j’ai une division qui enquête sur les manquements », a-t-il indiqué. Qu’en est-il des polygraphes auxquels seraient soumis des policiers ? « Je ne pourrai pas entrer dans ces détails-là », a-t-il répliqué.

Enquête demandée

Le chef de l’opposition, Luc Ferrandez, juge qu’à défaut d’avoir un Bureau d’enquêtes indépendantes chargé d’enquêter sur les actions des corps de police québécois, le gouvernement Couillard devrait nommer un magistrat ou toute autre « personne crédible » pour se pencher sur les agissements de M. Coderre en ce qui a trait au SPVM.

« Trois ou quatre éléments » justifient l’ouverture de l’enquête, dit-il, tels que l’absence de perquisitions contre les gangs de rues dans Montréal-Nord lors des élections partielles survenues dans l’arrondissement en avril.

Luc Ferrandez juge que Philippe Couillard « saura se montrer sensible » à sa demande. « La dernière chose que le gouvernement veut, c’est qu’il y ait apparence d’ingérence » au SPVM.

Théorie du complot

Plus tôt dans la journée, le maire Denis Coderre avait qualifié de « théorie du complot » les allégations du syndicat. « Il ne faut pas boire le Kool-Aid syndical. Il y a des gens qui vont vouloir déstabiliser [le nouveau chef de police] pour le faire mal paraître », a-t-il lancé.

« C’est clair qu’ils cherchent toujours des moyens de mettre de l’huile sur le feu. Qu’ils commencent à s’habiller comme du monde, on se reparlera. »

1 commentaire
  • Vincent Bussière - Inscrit 9 juin 2016 00 h 25

    Qu’ils commencent à s’habiller comme du monde.

    Je sais pas si Coderre cherchent des poux mais je suis d'accord avec lui quand il dit qu'ils s'habillent comme des policiers le devrait. Aujourd'hui, deux policiers à pieds sur l'Avenue du Mont-Royal, un en camouflage et l'autre, pire encore, en collant roses moulant ses belles fesses, faut le faire! Absolument désolant et sans honneur!