Plaidoyer pour l’histoire et le patrimoine

À l’instar d’autres organisations, Héritage Montréal déplore l’absence apparente de la dimension historique et patrimoniale dans les célébrations du 375e anniversaire de Montréal. Dans une résolution adoptée jeudi soir par les membres réunis en assemblée, l’organisme a réclamé du comité organisateur des fêtes qu’il remédie à cette lacune.

Le Devoir rapportait récemment les inquiétudes de plusieurs historiens quant au peu de considération démontrée par l’organisation des célébrations à l’égard des enjeux historiques. Plusieurs organismes, comme la Société historique de Montréal, la Fondation Lionel-Groulx, le Regroupement des musées d’histoire de Montréal et l’Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve, s’étaient vu refuser leurs projets dans le cadre des célébrations qui auront lieu en 2017.

Lors de leur assemblée annuelle jeudi, les membres ont proposé d’adopter une résolution afin d’exprimer leurs préoccupations à ce sujet.

« Les gens ont souhaité qu’Héritage Montréal partage ses préoccupations et encourage les autorités de la Société [du 375e anniversaire] à faire diligemment une réunion de travail pour y voir », a expliqué au Devoir Dinu Bumbaru, directeur des politiques d’Héritage Montréal.

« S’ils veulent que l’histoire et le patrimoine soient dans le dossier, il faut vraiment y travailler. Ce n’est pas juste “Montréal en histoire” qui va répondre à cette question parce qu’ils sont juste dans le Vieux-Montréal. »

Gouvernance

Les membres d’Héritage Montréal se sont également prononcés en faveur d’une résolution demandant au gouvernement du Québec et à la Ville de Montréal de se doter d’un « mécanisme transparent et intelligent » de suivi de l’état du patrimoine.

Malgré les règles en place, le cas des Tanneries détruites sur le chantier de l’échangeur Turcot, celui du Mount Stephen Club, endommagé lors de travaux et la démolition imminente de l’usine de munitions Montreal Works, témoignent des menaces constantes qui pèsent sur le patrimoine.

Héritage Montréal suggère donc la publication d’un bilan annuel comportant des indicateurs qualitatifs et quantitatifs de suivi.

M. Bumbaru cite l’exemple de l’Angleterre qui, chaque année, publie un rapport faisant état des bâtiments en péril, de la nature des investissements consentis et des défis à venir.

« On s’est demandé si ça pouvait être produit par une instance comme le Conseil du patrimoine de Montréal ou un commissaire au patrimoine culturel », signale M. Bumbaru.

Héritage Montréal a aussi voulu souligner les « bons coups » en matière de patrimoine de la dernière année.

Les membres ont ainsi salué l’intention de la Ville de Montréal d’acquérir le couvent des Religieuses hospitalières de Saint-Joseph, le projet de conversion de la bibliothèque Saint-Sulpice, l’intervention de l’ex-ministre de la Culture, Hélène David, dans le dossier de la maison Alcan et la décision du gouvernement fédéral d’investir 170 millions dans la réfection des canaux historiques, dont celui de Lachine.