Coderre défend les bancs de granit sur le mont Royal

L’œuvre baptisée «Escales découvertes» prend la forme de bancs de granite déposés sur la montagne.
Photo: Source Ville de Montréal L’œuvre baptisée «Escales découvertes» prend la forme de bancs de granite déposés sur la montagne.

Le maire Denis Coderre s’est porté mercredi à la défense du projet de bancs de granit qui seront installés sur le mont Royal au coût de 3,45 millions de dollars. Selon lui, il s’agit d’un projet d’art public qui permettra aux Montréalais d’apprécier davantage la montagne. L’opposition remet toutefois en question le projet, qu’elle juge trop coûteux.

Lors de sa dernière assemblée, le conseil d’agglomération a approuvé l’octroi d’un contrat de 3,45 millions à l’entreprise Aménagement Côté Jardin inc. Le projet prévoit l’installation de 27 bancs de granit et divers éléments de mobilier avec cartes 3D et informations signalétiques à différents endroits dans le parc du Mont-Royal.

Des souches coûteuses

L’oeuvre baptisée Escales découvertes ne fait pas l’unanimité, rapportait The Gazette mercredi. La conseillère de Côte-Saint-Luc, Dida Berku, a voté contre l’octroi du contrat, tout comme les élus de Projet Montréal qui ont dû se prononcer sur le projet lors de l’assemblée du conseil municipal le 16 mai dernier.

« Nous ne voyons pas de valeur ajoutée dans le fait d’installer des dizaines de bancs qui ressemblent à des souches d’arbre. C’est très coûteux, trop coûteux », a commenté le conseiller de Projet Montréal Alex Norris.

Bien que 13 entrepreneurs se soient procuré les documents d’appel d’offres, seulement deux d’entre eux ont soumis des propositions. Et la soumission la moins élevée, celle d’Aménagement Côté Jardin, était de 27 % supérieure à l’estimation des experts de la Ville.

Cet écart de prix pourrait s’expliquer par l’échéancier serré, soit mai 2017, imposé par la Ville, qui veut faire du projet un legs du 375e anniversaire de Montréal, ont souligné les fonctionnaires dans le sommaire décisionnel remis aux élus.

Denis Coderre a tenu à « mettre les points sur les “ i ” et les barres sur les “ t  » concernant ce projet mercredi : « Il n’a jamais été question de faire des troncs d’arbres en granit. Ce qu’on a fait, c’est de se donner un projet signature avec des espaces publics qui vont permettre à la population de se réapproprier davantage le mont Royal. […] Il y en a qui cassent du sucre sur le dos de ce projet-là. C’est un legs important pour le 375e. On peut être en accord ou en désaccord avec l’art. Ça, c’est subjectif, mais le travail a été fait conformément. »

« Bar ouvert »

Alex Norris craint que l’échéancier du 375e anniversaire de Montréal ait pour effet de gonfler artificiellement le coût de nombreux projets liés à ces célébrations. Il cite le cas du contrat accordé récemment par la Ville pour la construction de capsules destinées à couvrir les puits de captage au Complexe environnemental de Saint-Michel. Le contrat d’une valeur de 3,5 millions est lui aussi de 27 % supérieur aux estimations de la Ville. « Il ne faut pas que le 375e devienne un bar ouvert. Il faudrait que l’administration mette en place un outil de suivi de ses projets pour qu’on puisse suivre l’évolution des coûts », dit-il.

À voir en vidéo