Coiteux veut en finir avec les pantalons de camouflage

Les pantalons de camouflage portés par les policiers montréalais compromettent le sentiment de sécurité de la population, estime le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, qui n’exclut pas la possibilité d’intervenir pour forcer le retour de l’uniforme réglementaire.

« Je fais appel aux policiers et à leur sens du devoir. Ils ont la capacité d’exprimer leurs opinions […] en respectant leur devoir fondamental de se présenter sur la place publique comme des policiers qui rassurent le public », a expliqué le ministre en entrevue au Devoir.

Le port des pantalons de camouflage pourrait, dans certaines situations, soulever des enjeux de sécurité, dit-il : « Il y a eu des attentats en Europe récemment. J’essaie d’imaginer si les gens [policiers] en Europe avaient été habillés de façon qu’on aurait pu les confondre avec autre chose que des policiers et les enjeux de sécurité que ça pourrait poser. »

En septembre dernier, son prédécesseur Pierre Moreau avait indiqué l’intention du gouvernement de déposer un projet de loi pour ramener les policiers à l’ordre. Arrivé en poste en janvier, Martin Coiteux refuse de fixer un échéancier.

La Fraternité des policiers de Montréal réplique que les policiers exercent un droit constitutionnel et qu’ils ont peu de moyens pour s’exprimer. Quant aux enjeux de sécurité, la Fraternité a rappelé que le Conseil des services essentiels avait rejeté ces arguments en 2009.

Les policiers avaient opté pour les pantalons colorés en 2014 pour dénoncer la réforme des régimes de retraite. Depuis, Québec a annoncé qu’il comptait accorder aux villes le droit d’imposer des conditions de travail à leurs employés, un procédé jugé « inconstitutionnel » par les policiers.


Le cocktail Molotov

Le ministre Coiteux a aussi qualifié d’« exagérés » les propos tenus, vendredi, par les chefs syndicaux à la suite de leur rencontre avec Philippe Couillard. Daniel Boyer, président de la FTQ, avait déclaré que Québec se dirigeait vers un affrontement dans le monde municipal et que les syndiqués pourraient former un « méchant cocktail Molotov ». Aucun projet de loi sur les relations de travail n’a encore été déposé, a rappelé M. Coiteux : « Avant de dire qu’une chose est inacceptable, encore faut-il savoir de quelle chose il s’agit. »

3 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 3 mai 2016 08 h 14

    Parlant camouflage

    Coiteux veut en finir avec les pantalons de camouflage...

    Est-ce à dire que les Libéraux vont se montrer sans pantalons?

    « Il y a eu de la corruption au Québec récemment. J’essaie d’imaginer si les gens [libéraux] au Parlement avaient été habillés de façon qu’on aurait pu les confondre avec autre chose que des policiens et les enjeux d'intégrité que ça pourrait poser. » Selon Coiteux?

  • Bernard Terreault - Abonné 3 mai 2016 10 h 42

    Uniformes

    C'est vrai que l'on ne peut pas admettre que les policiers aient le droit de grève. Et ils doivent porter l'uniforme règlementaire : c'est quand même bien plus important que pour les portiers d'hôtel ! Mais par ailleurs, en comparaison de personnes ayant le même niveau de formation, ils sont bien payés, et peuvent prendre leur retraite très tôt avec un fond de pension plus généreux que presque tout le monde (sauf évidemment les gens d'affaires qui ont réussi). En choisissant cette carrière, ils doivent considérer cette petite restriction à leur "liberté d'expression" en regard des énormes avantages qu'elle présente.

  • Sylvain Auclair - Abonné 3 mai 2016 13 h 27

    Et les chemises noires

    Les policiers de la SPVM portent des chemises noires, avec l'aval de la direction mais en contravention de la loi qui fixe l'uniforme des policiers municipaux. Il me semble que vouloir avoir l'air d'un groupe d'intervention tactique «compromet le sentiment de sécurité de la population», comme dirait l'autre.