Les villes de la région de Montréal tentent de se rattraper

Au cours des prochaines années, les villes de la CMM se doteront d’usines de compostage et de biométhanisation afin de traiter les matières organiques recueillies de porte en porte. Mais ce projet avance moins rapidement que prévu.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Au cours des prochaines années, les villes de la CMM se doteront d’usines de compostage et de biométhanisation afin de traiter les matières organiques recueillies de porte en porte. Mais ce projet avance moins rapidement que prévu.

Les 82 villes de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) devront mettre les bouchées doubles pour réduire à néant l’enfouissement de leurs déchets en 2025 après avoir raté leurs cibles au cours des dernières années.

Le Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles (PMGMR) 2015-2020 adopté jeudi par les élus de la CMM vise un taux de récupération des matières recyclables de 70 % pour 2018. En 2012, ce taux atteignait 53 %.

Au chapitre des matières organiques, les villes de la CMM ont raté la cible de récupération fixée à 60 % pour 2011 — le taux n’atteignait que 13 % en 2012. Avec prudence, elles la repoussent maintenant à 2025.

Des retards

Le conseiller lavallois Stéphane Boyer, qui a présidé les consultations sur le PMGMR tenues en 2015, reconnaît que les villes ont pris du retard. « L’implantation du recyclage a été plus difficile qu’on le pensait. Il y a eu beaucoup de sensibilisation à faire auprès des citoyens. Pour ce qui est des matières organiques, on n’a pas les usines qui permettent de traiter ces matières. Pour mille et une raisons, les subventions ont été retardées. Et les villes ont connu les déboires de la corruption en 2012 et 2013 », explique-t-il.

Au cours des prochaines années, les villes de la CMM se doteront d’usines de compostage et de biométhanisation afin de traiter les matières organiques recueillies de porte en porte. Mais ce projet avance moins rapidement que prévu. Lorsque le projet avait été annoncé en février 2010, les usines de biométhanisation de Montréal, de Laval et de la Rive-Sud devaient entrer en service en 2015.

« Dans plusieurs catégories, on a lamentablement échoué par rapport aux objectifs précédents, commente le conseiller de Projet Montréal Sylvain Ouellet. On repousse dans le temps les échéances qu’on n’a pas réussi à atteindre dans le passé et on ne devient pas plus ambitieux. Mais ce qui est plus pernicieux, c’est que, comme on repousse tout le temps les objectifs, c’est comme si on n’était jamais imputables des objectifs passés. »

Tarifer les déchets ?

Plusieurs pistes pour revoir la gestion des déchets ont été discutées lors des consultations des derniers mois. Il a notamment été question du projet pilote de Beaconsfield qui a introduit, au 1er janvier 2016, une tarification incitative appliquée en fonction de la quantité de déchets mis en bordure de rue. Beaconsfield estime avoir réduit de moitié la quantité d’ordures au dépotoir comparativement à janvier 2014.

Mais Stéphane Boyer explique que la CMM n’impose pas aux villes de telles pratiques. Elle entend plutôt suivre de près les expériences menées sur le territoire afin de recommander les meilleures pratiques.

La version révisée du PMGMR entérinée lundi comprend aussi un nouvel élément par rapport au projet présenté il y a un an, soit le bannissement de certains sacs de plastique d’ici le 22 avril 2018 sur l’ensemble du territoire.

Objectifs du plan 2015-2020

Taux de récupération de 70 % pour 2018

 

Taux de récupération de 60 % pour 2025

1 commentaire
  • Jean-Luc Malo - Abonné 29 avril 2016 14 h 52

    Une des causes de cet échec?

    Monsieur, Madame,
    Je ne suis guère étonné par le faible succès du recueil des matières organiques.
    J'ai eu au cours de la dernière année des échanges avec une société verte, mandataire de l'arrondissement dans le dossier de la récupération des déchets de table dans les bacs bruns. Or, le discours que ces verts tiennent est uniquement incitatif. Pourtant, qu'est-ce qu'il y a de compliqué et en quoi ceci brime-t-il la liberté individuelle, dites-moi, à dire aux citoyens que dorénavant tous ses résidus de table vont dans un bac brun au lieu du bac noir habituel? Et pendant ce temps-là où on laisse la liberté à tous, la planète subit des torts.
    Jean-Luc Malo
    abonné