Un remède au cynisme?

Macky Tall, président et chef de la direction de CDPQ Infra, Michael Sabia, président et directeur général de la Caisse de dépôt et placement du Québec, et le maire Denis Coderre
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Macky Tall, président et chef de la direction de CDPQ Infra, Michael Sabia, président et directeur général de la Caisse de dépôt et placement du Québec, et le maire Denis Coderre

Les Québécois ont développé, au cours des dernières années, un certain cynisme à l’égard des projets de transport collectif après le coûteux Train de l’Est et l’interminable chantier du service rapide par bus Pie-IX. Le projet de train électrique de la Caisse de dépôt et placement saura-t-il renverser la tendance ?

Professeur à la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal, Michel Max Raynaud a salué l’annonce faite vendredi. À ceux qui pourraient se plaindre que le train électrique favorisera la banlieue au détriment des quartiers centraux, il souligne que ce projet constitue un jalon important dans l’amélioration des transports collectifs de la région. « Il y a un proverbe africain qui dit que pour manger un éléphant, il faut commencer par un petit bout », signale-t-il.

La maîtrise d’oeuvre confiée à la Caisse de dépôt et placement devrait permettre d’éviter les chicanes qui ont plongé le chantier du SRB Pie-IX dans un bourbier.

Il doute toutefois que la Caisse puisse respecter ses échéanciers : « Tant mieux, mais il faut être sérieux. Aucune opération urbaine ne peut assurer qu’il n’y aura pas de dépassement de coûts. Il y a toujours des surprises, parfois excellentes, mais parfois mauvaises. »

Des réserves

De son côté, Luc Gagnon, chargé de cours à l’École de technologie supérieure, exprime plusieurs réserves à l’égard du projet. Il souligne que même si la Caisse de dépôt souhaite implanter un projet rentable, elle a choisi l’une des technologies les plus coûteuses, selon lui.

Les stations seront peu nombreuses, note-t-il. Ainsi, un nombre limité d’usagers pourront s’y rendre à pied, ce qui laisse présager que de grands stationnements seront requis.

Finalement, le projet de train électrique représente une injustice à l’endroit de la population de l’est. « Dans l’est de Montréal, le SRB Pie-IX desservira 70 000 usagers. Ce sera un service de mauvaise qualité, bruyant et polluant, coûtant 400 millions, explique-t-il. En contraste, l’achalandage de l’ouest de l’île ne dépassera sûrement pas 40 000 par jour. Ils auront droit à un service de grande qualité, dont les coûts seraient d’environ 2 milliards — leur portion du projet. »

3 commentaires
  • Jean-Paul Carrier - Abonné 23 avril 2016 03 h 42

    Doutes? Alors quelles sont les solutions de rechange.

    Une des technologies les plus coûteuses; alors quelle est la solution alternative? S’il y a un problème avec le réseau de l'Ouest alors il faut y remédier; cela n'a rien à voir avec l'autre projet.

    Pour ce qui est des dépassements de coût, même avec les meilleures analyses et chargés de projet j'en ai rarement vu un, même dans le secteur privé, qui en fut exempt. Doit-on pour cela tout remettre aux calendes grecques? NON! Établissons judicieusement le plan d'action incluant une analyse des risques/correctifs et allons de l'avant. L'histoire nous prouvera encore une fois que, les impondérables étant résolus, qu'il fut un projet tremplin à l'évolution de la société québécoise, tout comme le projet de la Baie-James et du métro de Montréal parmi tant d'autres.

    • Claude Bariteau - Abonné 23 avril 2016 11 h 24

      J'ai plus que des doutes. Ce projet est un hommage totalement inacceptable à la défusion, à l'étallement urbain et à une populatIon du Québec dont la seule ambition est de bloquer les projets qui mettent en valeur le peuple québécois.

      Il y a pire. La Caisse de Dépôt, dont une des missions est le développement du Québec, investit pour agrémenter la vie de gens qui pensent seulement au développement du Canada.

      Pire encore : ce projet conforte le choix canadien sous Pierre Elliott Trudeau de Mirabel pour lieu de construction de l'aéroport international que le gouvernement du Québec voulait à Saint-Hubert en l'aboutant au réseau de stations de métro.

      Venat du gouvernement Couillard, ça se comprend. Venant de la Caisse de Dépôt, pas du tout. Les priorités pour Montréal ne sont pas les villes défusionnées, mais l'est, le nord et le sud.

      Ce prjet doit être rejteé et pensé dans des termes autres que ceux de la soumission.

  • Gilles Delisle - Abonné 23 avril 2016 07 h 40

    L'Est, Laval et la banlieue Nord!

    Dans la grande carte de ce projet futur, le développement, comme dans le cas du métro et des trains de banlieue, commencent toujours par l'Ouest. Cette fois-ci, on a pensé à la Rive sud, mais rien n'indique un train rapide pour la couronne Nord de Montréal, pourtant bien achalandé depuis quelques années. Il faut désengorger les autoroutes 40-est, 25-nord, 19-nord, 15-nord, 13-nord. Une ligne rapide vers les banlieues nord serait nécessaire dans ce beau projet.