Coderre envisage la fin des calèches

La SPCA a qualifié l’industrie des calèches d’« archaïque, cruelle et dangereuse » et a pressé l’administration d’emboîter le pas aux villes de Londres, Paris, Beijing et Toronto, qui ont interdit les calèches.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La SPCA a qualifié l’industrie des calèches d’« archaïque, cruelle et dangereuse » et a pressé l’administration d’emboîter le pas aux villes de Londres, Paris, Beijing et Toronto, qui ont interdit les calèches.

Une collision entre un cheval et une voiture dans le quartier Griffintown a ravivé le débat sur la présence des calèches à Montréal. Déplorant l’incident, le maire Coderre a indiqué qu’il examinait toutes les options, dont celle d’interdire les calèches dans la métropole.

Depuis des années, la présence de calèches en ville est remise en question. Mercredi, une vidéo diffusée sur Internet a donné des munitions à ceux qui souhaitent leur disparition.

On y voit un cheval de calèche, sans cocher à bord, heurter une voiture à l’angle des rues Peel et Wellington. Le cheval se relève avec quelque difficulté et s’éloigne sans blessure apparente.

« Ma patience a des limites. C’est sûr que ce sont des images qui sont extrêmement choquantes », a dit le maire jeudi, sans pour autant être prêt à interdire les calèches. « Je pense que le cheval fait partie de l’identité de Montréal. Je l’ai déjà dit dans le contexte des célébrations du 375e. »

Le maire a pourtant en mains l’étude qu’il avait commandée l’an dernier à l’organisme Cheval Cheval au sujet des chevaux en milieu urbain, mais il a dit vouloir terminer son analyse avant de prendre position : « J’ai demandé quelles étaient les options. Qu’il n’y ait plus de calèches à Montréal ? Faut-il professionnaliser l’industrie davantage ? A-t-on besoin d’outils réglementaires pour qu’on ne soit pas à la merci des propriétaires ? Ne vous inquiétez pas, je suis très sensibilisé à cette question. »

Enquête en cours

Joint par Le Devoir, Jean Gandubert, membre du conseil d’administration de Cheval Cheval, a indiqué que le rapport de l’organisme avait été remis à l’administration il y a plusieurs mois, mais il n’a pas voulu dévoiler les recommandations qui avaient été formulées. Il a qualifié de « très surprenant » l’incident survenu à Montréal, mais a indiqué qu’il fallait examiner le contexte avant d’en tirer des conclusions.

De son côté, la Ville de Montréal, en collaboration avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, a ouvert une enquête concernant l’incident de cette semaine.

Rappelons que l’an dernier, la chute d’un cheval sur une plaque de métal de chantier avait créé l’émoi et incité le maire Coderre à commander un rapport vétérinaire sur la santé des chevaux de calèche. Celle-ci avait démontré que les chevaux étaient généralement bien traités.

Une industrie archaïque ?

Il y a urgence d’agir, estime l’opposition à l’Hôtel de Ville. Le conseiller de Projet Montréal Sterling Downey a réclamé la suspension des permis de l’entrepreneur à qui appartient le cheval. Il a aussi demandé la tenue d’une consultation sur l’avenir de l’industrie des calèches à Montréal et une hausse du nombre d’inspecteurs.

« Si la Ville de Montréal n’est pas capable de gérer cette industrie, on va être obligés de demander l’abolition des calèches. C’est ridicule que l’on continue à avoir ces incidents, a-t-il dit. On ne peut continuer comme ça. C’est déplorable pour l’image de Montréal. Il faut faire quelque chose pour protéger ces animaux. »

De son côté, la SPCA a qualifié l’industrie des calèches d’« archaïque, cruelle et dangereuse » et a pressé l’administration d’emboîter le pas aux villes de Londres, Paris, Beijing et Toronto, qui ont interdit les calèches.

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