L’atelier d’artistes pourrait renaître

Situé au 3460, rue Saint-Urbain, le studio Ernest-Cormier a été construit en 1921.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Situé au 3460, rue Saint-Urbain, le studio Ernest-Cormier a été construit en 1921.

La période de mise en vente du studio Ernest-Cormier prendra fin le 28 avril prochain. Désireux de redonner à l’immeuble sa vocation d’atelier et de lieu de création, la Société pour la sauvegarde du studio Ernest-Cormier tentera de s’en porter acquéreur.

L’organisme à but non lucratif avait été mis sur pied après que Québec eut mis en vente le studio de l’éminent architecte, l’automne dernier.

« On voudrait faire l’acquisition du studio et lui redonner son mandat original dans le respect de l’architecte, soit un lieu de création et de réflexion », explique Mélissa Pilon, présidente de la Société pour la sauvegarde du studio Ernest-Cormier et détentrice d’une maîtrise en design graphique de la Werkplaats Typografie, aux Pays-Bas. Le projet prévoit aussi de faire de l’immeuble un lieu de diffusion et de recréer le jardin disparu.

Photo: Fonds Ernest Cormier/Centre Canadien d'Architecture, Montréal Vue du jardin de l'atelier d'Ernest Cormier (1925)

Vocation d’atelier

Situé au 3460, rue Saint-Urbain, le studio Ernest-Cormier avait été construit en 1921 par l’architecte, qui en fit son atelier. Le bâtiment a été vendu au gouvernement du Québec en 1944 et a notamment accueilli des artistes en résidence.

Mélissa Pilon craint que l’immeuble passe à des intérêts privés sans égard à son statut patrimonial. Son groupe entend donc soumettre une proposition d’achat à la Société québécoise des infrastructures (SQI), qui en est propriétaire. Une campagne de mobilisation a aussi été lancée afin de trouver des investisseurs et des philanthropes prêts à participer au projet.

Mme Pilon dispose de plusieurs appuis dans le milieu culturel. Lui-même premier récipiendaire du prix Ernest-Cormier avec son associé André Perrotte, l’architecte Gilles Saucier a accepté de collaborer au projet, séduit par l’idée de restituer l’usage initial de l’atelier. « Lorsqu’on a vu la pancarte pour la vente, on s’est tous offusqués sans trop savoir quoi faire. Il faut faire quelque chose. J’ai toujours trouvé que la sauvegarde d’un bâtiment dépendait de l’usage qu’on lui donne. »

Selon lui, il importe d’agir avant qu’il ne soit trop tard, d’autant que le studio Ernest-Cormier est en bon état.

À la suite de la polémique de l’automne dernier, Québec avait publié un avis d’intention de classement pour le studio. « Il n’y a rien qui nous dit que le nouveau ministre Fortin va confirmer le classement ou, au contraire, laisser tomber tout ça », souligne Dinu Bumbaru, d’Héritage Montréal.

S’il salue le projet porté par Mélissa Pilon et ses partenaires, qu’il juge intéressant et prometteur, M. Bumbaru s’attend à ce que la SQI s’attarde davantage au prix offert qu’à la vocation de l’immeuble lorsque viendra le temps de choisir un acheteur : « La SQI liquide. Elle ne gère pas des idées. »

Au rôle foncier de la Ville, le studio Ernest-Cormier a une valeur de 1,18 million.


Mount Stephen Club: travaux autorisés

La Ville de Montréal a donné le feu vert au démantèlement et à la reconstruction, pierre par pierre, de la façade du Mount Stephen Club. Qualifié de « joyau patrimonial », l’immeuble de la rue Drummond avait été gravement endommagé lors des travaux de construction d’un hôtel de douze étages et d’aménagement d’un stationnement souterrain en janvier dernier. L’arrondissement de Ville-Marie a délivré, jeudi, le permis pour que le Groupe Hôtelier et Immobilier Tidan puisse aller de l’avant avec ces travaux. Le maire Denis Coderre a promis qu’une surveillance étroite serait exercée tout au long du chantier. Une firme d’architecture spécialisée en patrimoine a d’ailleurs été mandatée pour assister l’arrondissement, qui sera alerté de toute anomalie en cours de travaux.
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