Un surplus de 146 millions, sans baisse de taxes en vue

Malgré les surplus de 2015, le président du comité exécutif de la Ville, Pierre Desrochers, ne s’aventure pas à promettre un gel de taxes pour les Montréalais l’an prochain.
Photo: Annick MH de Carufel Le Devoir Malgré les surplus de 2015, le président du comité exécutif de la Ville, Pierre Desrochers, ne s’aventure pas à promettre un gel de taxes pour les Montréalais l’an prochain.

La Ville de Montréal a enregistré un surplus de 145,8 millions de dollars en 2015 grâce à des revenus de taxes plus élevés qu’anticipé, notamment au chapitre des droits de mutation. Un tel excédent ne signifie pas pour autant que les Montréalais auront droit à une baisse de taxes l’an prochain, a prévenu le président du comité exécutif, Pierre Desrochers.

Le surplus, annoncé lors du dépôt des états financiers par la Ville mercredi, est moins élevé que celui de 2014, qui atteignait 214 millions.

Pour 2015, les revenus de la Ville ont totalisé 4,9 milliards, dont 3,17 milliards en recettes d’impôts fonciers, soit une augmentation de 58,5 millions par rapport au budget anticipé et une hausse de 109 millions si on les compare à 2014. Les grands projets hospitaliers du CUSM et du CHUM, qui ont généré des compensations tenant lieu de taxes de 14 millions, ont contribué à hausser les revenus de la Ville.

4,9
milliards de dollars : c’est le montant qu’ont atteint les revenus de la Ville de Montréal pour l’année 2015.

Les droits de mutations immobilières (communément appelés « taxe de Bienvenue ») se sont chiffrés à 162 millions, soit 31,8 millions de plus que les prévisions. Concernant la rémunération des employés, qui a atteint 2,4 milliards, la Ville note que la loi sur la réforme des régimes de retraite lui a permis de dégager 32,8 millions.

En revanche, les revenus d’amendes et de pénalités, dont les contraventions de circulation et de stationnement, se sont avérés moins élevés qu’anticipé. Ils ont atteint 170 millions (contre 178 millions en 2014), alors que la Ville avait budgété près de 200 millions.

L’administration Coderre est déjà à couteaux tirés avec la Fraternité des policiers concernant cette question. « On est préoccupés par ces diminutions, pas tellement du point de vue financier, mais parce que les contraventions, c’est un signe de sécurité », a souligné M. Desrochers.

Quant à la rémunération des heures supplémentaires, elle a atteint 104,1 millions, soit 32,2 millions de plus que prévu.

Pas de baisse de taxes

Malgré les surplus de 2015, Pierre Desrochers ne s’aventure pas à promettre un gel de taxes pour les Montréalais l’an prochain, et encore moins une baisse de l’impôt foncier. « On verra en fonction du budget, mais il est clair qu’on a un engagement de ne pas augmenter les taxes plus que l’inflation », a-t-il dit.

Les surplus de la Ville de 145,8 millions se partagent entre la ville centre (61,7 millions), les arrondissements (72,1 millions) et le conseil d’agglomération 12 millions. Ils ont fait en sorte que les surplus accumulés ont grimpé à 472 millions — de 706,9 millions si on tient compte des réserves pour l’eau, la voirie et les immobilisations.

De cette somme, 209,8 millions n’ont pas été réaffectés. À l’échelle du budget de la Ville, ce montant demeure « fragile », soutient M. Desrochers. « Il restera toujours un certain montant d’argent qui va être conservé juste pour suppléer aux urgences et aux éléments qui seraient vraiment hors de notre contrôle », a-t-il expliqué.

Comptabilité créative

L’opposition à l’Hôtel de Ville signale qu’en administration publique, un surplus n’est pas nécessairement synonyme de « bonne gestion ». « Ou bien tu es allé chercher plus de revenus que ce dont tu avais besoin. C’est ce que l’administration Coderre a fait. Ou tu as coupé des services que tu ne donnes plus. C’est ce que l’administration a fait », a expliqué le conseiller Guillaume Lavoie.

Selon lui, l’administration Coderre fait preuve de « comptabilité créative ». À titre d’exemple, dit-il, les revenus de 14 millions pour les superhôpitaux étaient prévisibles et ont été volontairement ignorés dans la confection du budget 2015 : « Denis Coderre devait être le seul citoyen à Montréal qui ne savait pas que le CHUM et le CUSM s’en venaient et qu’on aurait des revenus de taxes. »

Guillaume Lavoie s’inquiète aussi de voir la dette nette grimper à 4,6 milliards en 2015. « Où est le plan de remboursement à long terme du maire ? […] Soit il n’en a pas, soit il en a un et il ne veut pas nous le partager. »

1 commentaire
  • Francois Cossette - Inscrit 13 avril 2016 17 h 34

    Quelle Surprise !!!

    Pas vraiment une surprise, Ce cher Denis a assez d'amis pour etre en mesure de passer tous les surplus que la ville pourrait avoir.

    Esperons seulement que cet argent ira pour réparer tout ce qui est tout croche dans cette ville, esperons qu'elle ne servira pas a creer de nouvelles dépenses sur des choses inutiles. Nos dirigents peuvent etre tellement creatif quand il s'agit de dillapider le bien commun.