Montréal obtient 775 millions du fédéral pour son réseau

Le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal pourrait recevoir du financement d’Ottawa dans le cadre de la deuxième phase du programme si Québec et Montréal s’entendent pour en faire une priorité, a indiqué le premier ministre mercredi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal pourrait recevoir du financement d’Ottawa dans le cadre de la deuxième phase du programme si Québec et Montréal s’entendent pour en faire une priorité, a indiqué le premier ministre mercredi.

De passage dans les ateliers de la Société de transport de Montréal (STM) mercredi matin, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé que son gouvernement pourrait invertir jusqu’à 775 millions de dollars dans le Grand Montréal au cours des trois prochaines années pour les transports en commun.

Dans son budget déposé le mois dernier, le gouvernement fédéral avait déjà signifié son intention de financer jusqu’à 50 % le coût de projets d’infrastructures au pays. Il prévoyait aussi investir 3,4 milliards dans des projets de transport collectif au pays, dont 923,7 millions pour le Québec, en vertu d’un partage calculé en fonction de l’achalandage.

Grands projets en surplus

La première phase du plan fédéral d’infrastructures, qui s’élève à 775 millions, visera essentiellement l’entretien et la mise à niveau des réseaux de transport existants. Mais le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal vers l’est pourrait recevoir du financement d’Ottawa dans le cadre de la deuxième phase du programme si Québec et Montréal s’entendent pour en faire une priorité, a indiqué le premier ministre mercredi.

« Si ça demeure la priorité pour la Ville et pour la province, oui, nous allons le faire, a-t-il dit. Ce n’est pas au gouvernement fédéral de dire à Montréal où nous avons besoin d’une extension d’une nouvelle ligne. C’est aux gens de Montréal et de Québec de décider c’est quoi le plan pour l’île de Montréal et pour la grande région de Montréal. »

Le prolongement de la ligne bleue du métro est dans les cartons depuis des années à Montréal. L’Agence métropolitaine de Montréal (AMT) a déjà dépensé 60 millions de dollars pour diverses études préparatoires. Lors du dépôt de son budget, le gouvernement Couillard a fait savoir qu’il s’agissait d’une priorité. Le nouveau tronçon de 5,5 kilomètres comporterait cinq stations jusqu’à Anjou.

Montréal a d’autres projets de transport identifiés par le maire Denis Coderre comme prioritaires, soit le système léger sur rails (SLR) prévu pour le nouveau pont Champlain ainsi que le Train de l’Ouest, qui reliera notamment l’aéroport Montréal-Trudeau au centre-ville de Montréal.

Lutte contre la congestion

« C’est une très bonne nouvelle », a commenté le président du conseil d’administration de la STM, Philippe Schnobb, sans vouloir s’avancer quant aux projets qui seront mis en avant. « Il y a de nombreux projets qui sont sur la table et il y aura un ordre de priorité qui sera déterminé. Il y a des discussions qui ont lieu avec l’administration municipale, avec le gouvernement du Québec et, éventuellement, le gouvernement fédéral. Ces discussions ne sont pas encore terminées. »

Rappelons que dans son dernier budget, la STM avait estimé à 4,3 milliards le déficit d’entretien de ses actifs. L’annonce du premier ministre devrait pouvoir accélérer certains investissements.

Le plan d’infrastructure libéral est non seulement plus généreux que celui des conservateurs, il sera aussi rapidement accessible pour les villes, a fait valoir Justin Trudeau : « Les municipalités commenceront à recevoir les fonds dont elles ont besoin pour lancer ces projets cette année. »

Le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, croit qu’il s’agit d’argent bien investi : « Les retombées économiques engendrées par l’amélioration du réseau de transport collectif et une éventuelle augmentation de son utilisation, qui mèneraient à la diminution espérée des coûts de congestion, justifient largement les investissements qui y sont accordés aujourd’hui. »

2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 6 avril 2016 12 h 43

    Ce ne sont pas les besoins qui manquent

    Ligne bleue, aéroport, Pont Chamlain, prolongation à longueuil ...

    • Jean Richard - Abonné 7 avril 2016 10 h 49

      On ne saurait prolonger la ligne bleue sans renforcer la ligne orange par des transports de surface rapides dans l'axe de la ligne orange.

      Depuis le prolongement sur Laval, la ligne orange est devenue saturée (avec des communications sans failles, on pourrait optimiser sa capacité en jouant sur la fréquence, mais encore faudrait-il avoir le matériel roulant requis). En plus, la ligne bleue croise la ligne orange à la station Jean-Talon, station mal conçue (on n'avait peut-être pas prévu au départ en faire une station de correspondance). Pour absorber le surplus de voyageurs amenés par un prolongement de la ligne bleue, il faudra revoir les besoins en correspondances.

      La solution la moins coûteuse au départ, ce sont des autobus rapides sur les grands axes parallèles à la ligne orange (Papineau, Saint-Denis, Saint-Laurent/Clark et du Parc. Idéalement, le tramway desservirait mieux de tels axes que l'autobus, mais ne rêvons plus en couleurs...

      Comme il faut passer par Québec, la mise en œuvre de voies rapides pour autobus sur les grands axes présentés ci-haut prendra au moins quinze ans (ailleurs au monde, on peut le faire en un an ou deux, là où on a des gouvernements moteurs et non des gouvernements freins).

      Bref, les besoins sont immenses, mais la volonté de ceux qui détiennent le pouvoir n'existe pas. Tout ce que Québec semble capable de faire pour Montréal (et même pour Québec la ville), c'est de gaspiller des dizaines de millions $ en études, études et études qui ne mènent nulle part mais qui font tourner les planches à dessin des bureaux d'ingénieurs.