Les coffres d’Union Montréal presque à sec

Des 645 000 $ qui garnissaient les coffres d’Union Montréal, le parti de Gérald Tremblay, en 2012, il ne reste plus que 12 448 $.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des 645 000 $ qui garnissaient les coffres d’Union Montréal, le parti de Gérald Tremblay, en 2012, il ne reste plus que 12 448 $.

Ceux qui croyaient que la Ville de Montréal pourrait récupérer une partie du trésor d’Union Montréal devront en faire leur deuil. Le contenu des coffres du parti de l’ex-maire Gérald Tremblay a fondu et il n’y reste plus que 12 448 $, révèle le rapport financier rendu public lundi matin.

Union Montréal s’était sabordé en 2013 dans la tourmente des allégations de financement occulte. Mais disant vouloir défendre le parti devant la commission Charbonneau, les dirigeants d’Union Montréal s’étaient ravisés et avaient contesté avec succès la décision du Directeur général des élections du Québec (DGEQ) de dissoudre le parti.

Des 645 000 $ qui garnissaient les coffres d’Union Montréal à la fin de l’année 2012, il n’en restait que 170 000 en 2014. Aujourd’hui, le montant en caisse se limite à 12 448 $, constate-t-on dans le rapport financier dévoilé lundi.

Payer les avocats

Le rapport fait mention d’un montant de 154 523 $ appliqué à 2014 pour régler les comptes des fournisseurs et diverses autres dépenses. Lors d’un entretien téléphonique lundi, l’agent officiel du parti, Marc Deschamps, a indiqué que cette somme avait permis de régler le loyer impayé et des services professionnels. « Les avocats ont eu la part du lion de ces dépenses-là, que ce soit ceux qui ont fait les représentations devant la CEIC [Commission sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction] ou encore ceux qui ont débattu contre le DGEQ en cour pour réinstaurer le parti », a-t-il dit.

Pour 2015, le rapport n’indique aucun financement politique ou revenus d’adhésion, uniquement des frais de secrétariat de 13 263 $. Rappelons qu’Union Montréal ne compte aucun élu à l’hôtel de ville et qu’il n’avait eu aucun candidat lors des élections de 2013.

Marc Deschamps n’a pas été en mesure de dire ce qu’il adviendrait d’Union Montréal. Selon lui, les dirigeants du parti auront une décision à prendre dans les prochains mois. Le président du parti, Lam Chan Tho, n’a pas rappelé Le Devoir.

À l’hôtel de ville

Les quatre principaux partis à l’hôtel de ville de Montréal ont fini l’année 2015 avec des excédents, soit 135 039 $ pour Projet Montréal, 73 219 $ pour Équipe Denis Coderre, 41 439 $ pour Coalition Montréal et 10 433 $ pour le Vrai Changement pour Montréal.

En revanche, trois des quatre partis traînent des dettes. Celle d’Équipe Denis Coderre atteint 417 443 $. Coalition Montréal, autrefois dirigé par Marcel Côté, affiche une dette de 261 830 $, alors que le Vrai Changement pour Montréal, qu’avait fondé Mélanie Joly, conserve une dette de 12 976 $. Pour sa part, Projet Montréal a fini l’année avec un surplus accumulé de 172 105 $.

Équipe Denis Coderre est la formation politique qui a reçu le plus de dons en 2015, soit l’équivalent de 201 495 $ contre 103 565 $ pour Projet Montréal.

Les tiers partis

La situation financière de Coalition Montréal, dirigé par Benoit Dorais, et du Vrai Changement pour Montréal, avec Justine McIntyre comme chef, demeure précaire.

Le président de Coalition Montréal, Laurent Blanchard, n’écarte pas la possibilité que son parti soit présent lors des prochaines élections en novembre 2017, même si son avenir à long terme n’est pas assuré. « Avec l’allocation au parti et avec le budget de recherche de soutien, on est parfaitement capables de payer l’épicerie, mais on a un problème avec l’hypothèque », reconnaît-il.

M. Blanchard évoque plusieurs scénarios, comme l’arrivée d’un nouveau candidat à la mairie de Montréal ou un rapprochement avec le Vrai Changement pour Montréal, par exemple. « Entre l’autoritarisme et le sectarisme, il y a de la place pour une troisième voix », croit-il en faisant référence à Équipe Denis Coderre et à Projet Montréal.

Du côté du Vrai Changement, on indique que le parti compte présenter des candidats aux élections de 2017 et que l’arrivée de Justine McIntyre à la tête du parti entraînera l’adoption de nouvelles stratégies qui seront dévoilées dans les prochaines semaines.