Porte ouverte vers des stationnements étagés

Les stationnements étagés sont rares à Montréal.
Photo: iStock Les stationnements étagés sont rares à Montréal.

L’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie ouvre la porte à l’aménagement de stationnements étagés sur son territoire. La réglementation sera donc modifiée à proximité de la Plaza Saint-Hubert, a fait savoir le maire, François Croteau, alors qu’il annonçait l’aménagement d’une place publique, pour le 375e anniversaire de Montréal, à l’angle des rues Beaubien et Boyer.

Un stationnement de surface comportant 23 places sera remplacé l’an prochain par une place publique qui deviendra un legs pour le 375e anniversaire de Montréal. « Un stationnement à ciel ouvert, c’est le degré zéro de la valeur patrimoniale et de la vie publique », a souligné le conseiller du district, François Limoges.

Pour réaliser ce projet, l’arrondissement a obtenu une somme d’un million de dollars de la ville-centre. Mais, afin d’obtenir l’adhésion des commerçants de la Plaza Saint-Hubert, l’arrondissement propose de permettre la construction de stationnements étagés dans des zones précises où des stationnements de surface existent déjà. « Il y a peut-être des entreprises, ou même Stationnement de Montréal, qui vont décider d’en construire en collaboration avec la Plaza Saint-Hubert », note François Croteau.

Les stationnements étagés sont rares à Montréal, mais ce concept, évoqué par Denis Coderre depuis des années pour le centre-ville de Montréal, figure dans la Politique de stationnement déposée par son administration en décembre dernier — mais pas encore adoptée. François Croteau se défend d’avoir voulu prendre de vitesse le maire Coderre : « Le zonage relève des arrondissements. On est d’accord avec les stationnements étagés. Si on veut être capable de revitaliser nos rues commerciales et d’enlever des voitures pour laisser plus de place aux piétons, il faut trouver des solutions comme le stationnement étagé design. C’est ce que Seattle a fait. »

Stationnements coûteux

Membre de l’administration Coderre depuis l’an dernier, le conseiller Marc-André Gadoury croit que les élus de Projet Montréal font fausse route. Selon lui, l’arrondissement aurait dû privilégier le plan initial qui prévoyait la mise à niveau de la piste multifonctionnelle Des Carrières comme legs pour le 375e. « Ça serait pour tous les citoyens de Rosemont-La Petite-Patrie », dit-il.

Pour ce qui est des stationnements étagés, M. Gadoury estime que le maire Croteau aurait dû attendre l’adoption de la politique de stationnement de l’administration Coderre avant de faire son annonce. La Ville ne paiera pas pour la construction de tels stationnements, dit-il, et il doute que des entreprises soient intéressées à le faire dans des secteurs moins denses que le centre-ville.

1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 1 avril 2016 11 h 00

    La piste des Carrières ?

    « la mise à niveau de la piste multifonctionnelle Des Carrières » – Faut-il rappeler à M. Gadoury qu'une des conditions qui pourrait assurer le succès d'un éventuel parc linéaire le long de la voie ferrée du CP est la traversée de cette voie ferrée. Sans traversées de cette voie, la piste se retrouve en périphérie d'un quartier alors qu'autrement, elle pourrait être au centre de deux quartiers.

    Or l'équipe Coderre s'est montrée jusqu'ici incapable de négocier avec le CP. Est-ce un aveu d'impuissance ou simplement un manque d'agressivité qui est la conséquence d'une non volonté réelle de régler ce vieux problème ? Tout le monde sait qu'ailleurs, les voies ferrées ne sont pas infranchissables et que sur le territoire du Grand-Montréal, des dizaines de passages piétonniers et cyclables existent. Alors, pourquoi cette enclave au détriment de Rosemont-Petite-Patrie ?

    Par ailleurs, la piste des Carrières telle qu'elle existe actuellement est fort appréciée des gens qui la fréquentent (à quelques exceptions près). A-t-on vraiment besoin d'en faire un parc du siècle dernier, c'est-à-dire un espace artificialisé à outrance (il a déjà été question de remplacer le sentier de pierre par de l'asphalte, du bitume si vous préférez) ? De l'autre côté de la voie ferrée, il y a le champ des possibles, vandalisé par le CP, qui montre parfois la marche à suivre : ses passants y tracent eux-mêmes leurs lignes de désir (au lieu de se faire prescrire des parcours immuables plus inspirés par l'esthétisme déconnecté que par la fonctionnalité).

    Alors, que l'équipe Coderre mette ses culottes et somme le CP d'ouvrir ses enclaves et alors seulement pourrons-nous parler de la piste des Carrières, qui sera alors devenue centrale et non périphérique.