Le FRAPRU exige des espaces réservés au logement social

Avec l’explosion du coût des terrains à Montréal, il devient de plus en plus difficile de mener à terme de tels projets, rappellent les organisateurs du FRAPRU.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Avec l’explosion du coût des terrains à Montréal, il devient de plus en plus difficile de mener à terme de tels projets, rappellent les organisateurs du FRAPRU.

Les comités logement de Montréal affiliés au Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) lancent ce lundi une nouvelle campagne intitulée « À Montréal, le logement social, c’est vital ! ». Le but de cette initiative est d’enjoindre à la Ville de réserver des terrains, des bâtiments et des infrastructures qui serviront au développement de logements sociaux.

Avec l’explosion du coût des terrains à Montréal, il devient de plus en plus difficile de mener à terme de tels projets, rappellent les organisateurs. Or, 25 100 ménages sont actuellement inscrits sur la liste d’attente de l’Office municipal d’habitation pour une habitation à loyer modique (HLM). Qui plus est, quelque 102 500 ménages dépensent plus de la moitié de leur revenu pour se loger.

« La ville ne se développe pas pour nous. Les coopératives et les organismes sans but lucratif d’habitation se retrouvent carrément écartés de l’immobilier, qui est entièrement laissé entre les mains des promoteurs », explique Émilie Lecavalier, du Comité de base pour l’action et l’information sur le logement social d’Hochelaga-Maisonneuve.

D’autant que les programmes présentement en place seraient insuffisants, voire inadaptés, au contexte actuel.

« Les groupes qui veulent développer des projets sont dans l’impasse : les terrains sont hors de prix et les subventions ne sont plus là. Résultat : impossible de viabiliser nos projets, qui stagnent depuis des années », souligne Sébastien Laliberté du Comité-logement Rosemont.

Ce dernier précise que les sommes dévolues au logement social par le gouvernement provincial ont été ramenées aux montants non indexés de 2009 au cours des dernières années.

Une stratégie trop timide

Du côté de la Ville de Montréal, on déclarait en décembre 2015 vouloir bonifier la Stratégie d’inclusion de logements sociaux et abordables. Auparavant, les promoteurs construisant plus de 200 logements devaient prévoir 15 % de logements sociaux et 15 % de logements abordables. En cas d’impossibilité de construire lesdits logements sur le site, le promoteur était invité à payer un montant équivalant à 15 %.

Dorénavant, le seuil sera de 100 logements et la contribution financière proposée, de 20 %.

Sans décrier cette politique, les deux porte-parole en signalent les limites.

« Cette stratégie mise en place en 2005 est incitative et non coercitive », note M. Laliberté.

« C’est loin d’être suffisant, renchérit Mme Lecavalier. Ça ne répond pas du tout aux besoins puisque les projets de logements sociaux sont à la remorque du [secteur] privé. »

Davantage de « gentrification », mais pas assez de logement social, résume-t-elle.

Trois demandes

À terme, la campagne « À Montréal, le logement social, c’est vital ! » formule trois demandes principales à la Ville de Montréal.

Primo, que celle-ci réserve à des fins de logement social 100 % des terrains destinés au développement résidentiel qui lui appartiennent. Secundo, qu’elle crée et finance une réserve foncière vouée à l’acquisition de sites qui serviront ultimement à des projets de logement social. Tertio, que les propriétaires de sites publics ou collectifs, comme le Gouvernement du Canada, les commissions scolaires ou encore les communautés religieuses, priorisent le logement social dès lors qu’ils songent à redévelopper leurs sites excédentaires.

Au cours des prochains mois, différents événements se dérouleront jusqu’à ce qu’une grande manifestation commune, point culminant de la campagne du FRAPRU, se tienne le 29 juin.