Montréal veut honorer davantage de femmes

Les femmes représentent 6 % de la toponymie montréalaise, alors que les hommes occupent une part de 51 %. 
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les femmes représentent 6 % de la toponymie montréalaise, alors que les hommes occupent une part de 51 %. 

La toponymie montréalaise compte 6000 noms, mais seulement 6 % d’entre eux honorent la mémoire d’une femme. Montréal souhaite faire plus de place aux femmes et a annoncé, mercredi, la création d’une banque de noms.

La Ville a fait cette annonce à quelques jours de la Journée internationale des femmes. La responsable du dossier de la culture au comité exécutif, Manon Gauthier, y voit l’occasion de sortir de l’ombre les nombreuses femmes qui ont participé au développement de Montréal. Elle invite d’ailleurs les citoyens à suggérer des noms pour alimenter la banque nouvellement créée et baptisée « Toponym’Elles ». Cette banque compte pour l’instant 375 noms féminins, une référence au 375e anniversaire de Montréal, qui sera célébré en 2017. « On veut démontrer qu’il ne manque pas de noms de femmes à qui on peut rendre hommage », indique Mme Gauthier.

Si les femmes représentent 6 % de la toponymie montréalaise, les hommes occupent une part de 51 %. Les autres toponymes se rapportent à des noms de famille ou à des appellations neutres. La Ville précise que depuis 2010, les noms de femmes représentent 21 % des nouvelles dénominations toponymiques.

Lieux possibles

Mme Gauthier reconnaît que Montréal compte peu de nouvelles rues à nommer, mais elle suggère que la Ville regarde du côté des lieux qui ne portent pas des noms évocateurs, comme les parcs identifiés par des numéros, les rues ou les centres communautaires aux appellations neutres, explique-t-elle. « L’idée n’est pas de dénommer des lieux qui portent des noms de personnes pour y nommer des femmes », dit-elle.

La conseillère a elle-même des suggestions à faire pour honorer des femmes négligées par l’histoire. Elle cite le cas de Jessie Kathleen Fisher, première femme élue au conseil municipal de Montréal en 1940 : « J’ai fait le saut en politique municipale grâce à des femmes comme elle. »

La banque de noms, qui peut être consultée sur le site Internet de la Ville, a notamment été constituée avec l’aide de Gabriel Martin, linguiste de l’Université de Sherbrooke, précise Manon Gauthier.

Rappelons que certaines règles s’appliquent en matière de toponymie. La Ville a notamment déterminé que la personne honorée devait être décédée depuis plus d’un an et que les noms susceptibles d’alimenter la controverse dans la population étaient à éviter.

Dans la foulée de la controverse entourant Claude Jutra, la Ville a fait savoir qu’elle effacerait le nom du cinéaste de sa toponymie, mais elle n’a toujours pas indiqué quels noms le remplaceraient.

4 commentaires
  • Pierre Labelle - Inscrit 3 mars 2016 06 h 35

    Irma Levasseur.

    Irma Levasseur, cette femme qui a fondée l'hopital pour enfants Ste-Justine, la première femme médecin au Québec à qui on a refusé le droit de pratiquer parce quelle était une femme. Elle a dû s'expatrier à NY pour exercer sa profession, pour ensuite aller en Yougoslavie soigner des blessés de guerre sur le front; et seulement suite à toute la reconnaissance de ses grandes compétences elle a été reconnue ici au Québec. Vers la fin de sa vie on l'a même fait internée à Robert Giffard en essayant de la faire passé pour folle, heureusement des femmes et des hommes se sont portés à sa défense et elle a fini ses jours dans son humble logement à Montréal, c'était en 1964 je crois. J'ai lu sa biographie il y a de cela quelques années, je ne me souviens plus du nom de l'auteure mais je suis certain que les gens au Devoir savent de qui je parle et je fonde l'espoir que ce journal fasse cette suggestion à qui de droit.

  • Bernard Terreault - Abonné 3 mars 2016 08 h 25

    Il y a de la place

    On évoque le peu de nouvelles rues à nommer pour faire place à des femmes remarquables. Mais on pourrait commencer par rebaptiser les rues nommées Colborne, Amherst et autres opresseurs.

  • Gilles Théberge - Abonné 3 mars 2016 08 h 50

    C'est le temps

    De se débarrasser de l'infâme Amherst!

  • Marc Leclair - Inscrit 3 mars 2016 18 h 19

    Tiens, pourquoi ne pas consulter mesdames Lise Thériault et Stéphanie Vallée ainsi que monsieur Philippe Couillard à ce sujet? Ces trois grands érudits de la condition féminine auront sûrement de nombreuses suggestions.