Les sacs de plastique bannis en 2018

La décision de la Ville reflète la volonté des Québécois, qui souhaitent devenir des consommateurs plus responsables, a affirmé le maire Denis Coderre lundi.
Photo: François Pesant Le Devoir La décision de la Ville reflète la volonté des Québécois, qui souhaitent devenir des consommateurs plus responsables, a affirmé le maire Denis Coderre lundi.

À compter du 1er janvier 2018, les sacs de plastique à usage unique seront bannis du territoire montréalais. Le maire Denis Coderre a fait savoir que la Ville pourrait bientôt s’attaquer au cas des bouteilles d’eau en plastique.

Montréal n’interdira pas tous les sacs de plastique, mais seulement les sacs de 50 microns et moins, tels que les sacs distribués en épicerie, de même que les sacs oxo-dégradables fabriqués d’un plastique qui se fragmente et contamine les autres plastiques dans les centres de tri. Cet interdit comporte cependant quelques exceptions, dont les sacs légers qui servent à envelopper les viandes ou les fruits et légumes dans les épiceries ainsi que les sacs pour médicaments.

Choix de société

L’administration Coderre donne ainsi suite aux conclusions d’un rapport d’une commission de la Ville qui s’était penchée sur la question l’an dernier, et avait recommandé à la Ville de bannir certains sacs de plastique.

En décembre dernier, les maires de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui représentent 82 villes de la région, avaient adopté à l’unanimité une résolution afin d’interdire les sacs de plastique à usage unique sur leur territoire respectif au plus tard en avril 2018.

Le maire Coderre estime que l’industrie du plastique devra s’adapter aux nouvelles règles, mais qu’elle aura le temps de le faire. « On fait un choix de société, a-t-il dit. On ne bannit pas l’ensemble des sacs de plastique, seulement un type de sac. À ce moment-là, on peut s’ajuster et faire preuve d’innovation du côté de l’industrie du sac de plastique. »

Rappelons que, la semaine dernière, la Ville de Brossard a adopté un nouveau règlement pour bannir les sacs de plastique sur son territoire dès septembre prochain.

Montréal envisage aussi d’éliminer les bouteilles d’eau, a laissé entendre le maire sans préciser d’échéancier. « La question des bouteilles d’eau, c’est essentiel, a-t-il indiqué. La prochaine étape, on s’enligne là-dessus et on va étudier la question. »


Incohérence

L’opposition juge que Montréal aurait pu agir plus promptement. « Si c’est un fléau et si ça fait tant de temps qu’on en parle, pourquoi on attend 2018 ? », s’est demandé le conseiller de Projet Montréal, Sylvain Ouellet. Selon lui, l’administration Coderre fait preuve d’une certaine incohérence en ne s’opposant pas à d’autres projets néfastes pour l’environnement, comme le prolongement de l’autoroute 19 et la réalisation du projet Royalmount (surnommé le Quinze40) à Mont-Royal.

Le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) s’est dit déçu de la décision de la Ville qu’il juge précipitée, d’autant que la CMM a récemment annoncé la création d’un groupe de travail pour mieux documenter le dossier et déterminer les meilleures façons de procéder dans l’implantation des nouvelles règles.

7 commentaires
  • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 23 février 2016 08 h 04

    Pourquoi ne pas revenir aux bons vieux sacs de papier?


    Pourquoi ne pas remplacer les sacs de plastique extrêmement polluants (rappelons qu'un sac de plastique prend environ 400 ans pour se dégrader) par les bons vieux sacs de papier kraft moins dommageables pour l'environnement?

    Les producteurs américains de papier journal ayant converti leurs installations pour fabriquer du papier kraft, Cascade a dû fermer ses installations d'East Angus en 2014, pour une question de viabilité.

    Qui sait, il serait sans doute très intéressant pour notre industrie forestière de renouveler avec ce produit désuet redevenu avant-gardiste.

  • Pascal Barrette - Abonné 23 février 2016 08 h 12

    Le sac végétal de Milan

    Pourquoi Montréal ne fait-elle pas comme Milan, implanter l'utilisation du sac végétal en chardon de Sardaigne? Il aboutit non pas dans les bacs de recyclage, mais dans ceux de compostage. Il résiste à une traction de 15 kilos, est entièrement produit avec l’huile des graines de chardon, une plante qui pousse sans besoin d’entretien. Plus-value, il est fabriqué sans aucun produit toxique dans une ancienne raffinerie de pétrole. Faut le faire !

    Voir la vidéo de France 2: http://fortune.fdesouche.com/392225-italie-du-char

    Pascal Barrette, Ottawa

    • Micheline Gagnon - Abonnée 23 février 2016 13 h 13

      Les compagnies qui font les sacs de platique pourraient reprendre l'idée, cerait bien.

  • Sylvain Auclair - Abonné 23 février 2016 09 h 46

    L'important...

    ...c'est d'avoir des sacs qui ne vont pas, au premier coup de vent, s'accumuler au milieu des océans pour y tuer des animaux qui les mangent par inadvertance, ni se désinstégrer en minuscules particules de produits toxiques.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 24 février 2016 06 h 07

      «au premier coup de vent»
      Mettez vos vidanges dedans, ça leur donnera du poids.

      PL

  • Jean Richard - Abonné 23 février 2016 10 h 20

    Incohérence

    « Les déchets doivent être placés dans les contenants autorisés suivants : sac de plastique noir ou vert foncé non perforé, d’au moins 65 cm sur 90 cm »

    D'où vient cette exigence ? Du site web de la ville de Montréal. Vous avez bien lu : au moins 65 x 90 cm, ce qui en fait un énorme sac faisant entrer dans sa fabrication une quantité de pétrole plusieurs fois supérieure à celle d'un petit sac d'épicerie. Pour optimiser l'usage d'un tel sac, il faut le remplir. Pour une personne vivant seule en appartement (il y en a des milliers à Montréal), il faut au moins trois semaines, à moins de le remplir avec des objets devant aller au recyclage.

    Bien des gens ne respectent pas les consignes de la ville et placent leurs déchets dans des sacs d'épicerie (qui perd alors son statut de sac à usage unique – c'est le gros sac vert prescrit par la ville qui est le véritable sac à usage unique). Cette forme de délinquance a des conséquences heureuses sur l'environnement (diminution de la quantité de pétrole) et malheureuse sur les finances publiques (les gros sacs verts coûtent cher et son taxés à 15 %].

    Étrange que la ville tente de jouer les vertueuses en bannissant les sacs d'épicerie, mais en fermant les yeux sur le suremballage. Dans les grandes surfaces, un nombre incroyable de produits sont disposés sur ces petits plateaux de mousse polystyrène, 100 % non recyclables. Dans un sac d'épicerie typique, il y a probablement davantage de mousse plastique non recyclable (#6) et inutile que de plastique.

    Ou bien il y a incohérence à la ville, ou bien il y a des choses qu'on préfère ne pas dire, mais ça sonne faux cette vertu du bannissement des sacs.

    • Micheline Gagnon - Abonnée 23 février 2016 12 h 30

      Bien d'accord avec vous. Les sacs d'épicerie sont les seuls auxquels je tiens car je les utilise pour ma chute à déchets (édifice de 30 étages, un sac de papier ne résisterait pas) et j'ai toujours un sac de nylon dans mon sac à main pour tous mes autres achats. Les sacs recyclables pour épicerie doivent être lavés régulièrement car ils sont propices au développement de bactéries :
      http://www.protegez-vous.ca/sante-et-alimentation/