Saccage à l’hôtel de ville de Montréal: le mégaprocès pourrait coûter cher

Le président de l’Association des pompiers de Montréal, Ronald Martin, fait partie des accusés.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le président de l’Association des pompiers de Montréal, Ronald Martin, fait partie des accusés.

La tenue d’un mégaprocès pour les 65 pompiers et les cols bleus ayant participé à la manifestation houleuse à l’hôtel de ville de Montréal en 2014 risque de coûter cher. Mais le maire Denis Coderre croit que les syndiqués doivent assumer les conséquences des gestes qu’ils ont posés.

Les accusés ayant refusé les offres de règlement qui leur ont été proposées, la tenue de ce procès a été rendue nécessaire. Le mégaprocès devrait durer trois mois et se déroulera en avril 2018 au Centre judiciaire Gouin, soit quatre ans après les faits reprochés. La Couronne a fait savoir qu’elle ferait entendre 78 témoins.

« On parle d’un procès de trois mois pour un événement de 20 minutes », a commenté le président de l’Association des pompiers de Montréal, Ronald Martin, qui fait lui-même partie des accusés. « J’aurais aimé que ça se fasse d’une autre façon et plus vite, mais je n’ai pas de contrôle sur l’administration de la justice. »

M. Martin a admis que ces procédures pourraient coûter cher : « Il est clair que des pompiers ne pourront pas être en caserne et que ça va coûter du remplacement en heures supplémentaires. »

Rappelons que le 18 août 2014, une centaine de syndiqués avaient investi l’hôtel de ville et étaient entrés dans la salle du conseil municipal, faisant voler les papiers sur leur passage. Certains d’entre eux avaient tenté d’entrer dans le bureau du maire Coderre, brisant des vitres. Cinquante-quatre pompiers et onze cols bleus font face à diverses accusations, dont méfait et attroupement illégal.

Le maire Coderre n’en démord pas. Les syndiqués responsables du saccage à l’hôtel de ville doivent subir les conséquences de leurs gestes. « J’avais dit qu’il y aurait des conséquences. Il y a eu du saccage. On a entaché la maison démocratique des citoyens de Montréal. Ce n’est pas vrai qu’on va laisser faire ça », a-t-il dit vendredi. Dans la foulée de ces événements, six pompiers avaient été congédiés et 58employés municipaux, dont 47pompiers, avaient fait l’objet de suspensions.

L’annonce de ce mégaprocès survient alors que cette procédure pourrait être revue. Après la fin abrupte du procès de l’opération SharQc en octobre dernier, la directrice des poursuites criminelles et pénales du Québec, Me Annick Murphy, avait créé un comité d’examen pour réfléchir sur la gestion des mégaprocès.

2 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 20 février 2016 05 h 41

    SharQ

    J'espère que la ville ne rencontrera pas les mêmes avocats que ceux du mégaprocès SharQ. Fiasco total.

    PL

  • Jean-Yves Arès - Abonné 21 février 2016 12 h 37

    « On parle d’un procès de trois mois pour un événement de 20 minutes »


    En effet, la procédure judiciaire a un poid disproportionné en regard de la difficulté à juger les faits. Par contre le nombre de minutes que dure une agression n'est pas vraiment un sujet, la plupart des agressions se déroulent très rapidement.

    La disproportion se voit aussi dans la surdramatisation que l'on fait avec la moindre suspension d'un employé syndiqué. Perdre quelques jours ou semaines de travail est le lot de centaines de milliers de personnes au Québec chaque année sans que l'on mette à leur service tout un lourd et très onéreux appareil judiciare à se questionner et tourner pendant des jours autour de la moindre virgule d'une phrase.

    Pour les absents au travail le temps du procès ils représentent moins de un employé sur mille, cols bleus et pompiers étant plus de 7,000 à la ville de MTL (Année-Personne).

    Mais ici la question qu'on est en droit de se poser c'est de savoir si notre appareil judiciaire ne fait pas de complaissance quand il doit traité des intérêts syndicaux. Cet appareil judiciaire est lui-même un temple de représentation syndicale, et il a démontré à plusieurs reprises de bien bizarres de faiblesses a traité les actes illégaux des conflits étudiants des dernières années (conflits hautement soutenus par les syndicats). Et fait des choses comme la Cour des petites créances qui a accepté d'entendre la contestation d'une contrevention, alors que son mandat ne porte que sur les conflits de nature contractuelle (sur le site de Jutice Québec les petites créances couvre ''un différend avec un fournisseur de services, un commerçant, un artisan, une petite entreprise'').