L’inspecteur général invité à ausculter les contrats du maire

Denis Coderre se défend de favoriser ses amis.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Denis Coderre se défend de favoriser ses amis.

Projet Montréal demande au Bureau de l’inspecteur général (BIG) de se pencher sur l’octroi de contrats de gré à gré à des proches de Denis Coderre.

Dans une lettre qu’il a fait parvenir à Denis Gallant, le conseiller Guillaume Lavoie soutient que l’embauche d’amis, d’anciens collaborateurs ou d’ex-collecteurs de fonds du parti du maire contrevient à la Politique de gestion contractuelle et à la Politique d’approvisionnement de la Ville.

Le conseiller soumet à l’attention du BIG quatre contrats ayant fait la manchette au cours des derniers mois. Le premier a été octroyé en février 2014 à Rick Leckner, un ancien solliciteur de fonds du parti de Denis Coderre, afin de représenter la Ville au sein du comité Mobilité Montréal. M. Leckter a touché une rémunération d’environ 18 000 $.

La Ville a aussi accordé un contrat de 20 000 $ à la firme Malouin et Phaneuf en mai 2014 afin de représenter la Ville dans le dossier de la prolongation des heures d’ouverture des bars devant la Régie des alcools. Associé au sein de cette firme, Richard Phaneuf avait agi comme organisateur lors de la campagne électorale de Denis Coderre.

En novembre dernier, la Ville a fait appel à Michel Dorais, un ancien sous-ministre d’Immigration Canada, qui a reçu 1800 $ par jour pour coordonner l’accueil des réfugiés à Montréal.

Finalement, Robert Bouvier, ancien président de Teasmters Canada, ami personnel de Denis Coderre et ex-solliciteur de fonds pour son parti, a été embauché pour épauler la Ville dans ses séances de négociations avec la Fraternité des policiers de Montréal. Il a reçu une rémunération de 4020 $.

Question d’expertise

Trois de ces contrats s’élevaient à moins de 25 000 $, ce qui permettait à la Ville de se soustraire au processus d’appel d’offres. « Puisque ces quatre hommes sont réputés être proches du maire Denis Coderre, il est permis de craindre une apparence de conflit d’intérêts susceptible de susciter des questions légitimes au sein de la population et des élus », écrit le conseiller Lavoie.

Le BIG n’a pu confirmer mercredi qu’une enquête serait menée à ce sujet.

De son côté, le maire Denis Coderre s’est défendu d’avoir fait preuve de favoritisme. « Les quatre dossiers dont on parle, ce n’est pas une question d’amis, c’est une question d’expertise », a-t-il dit lors d’une entrevue à Radio-Canada en matinée.

2 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 4 février 2016 08 h 33

    Peut etre est- ce la seule chose a laquelle nous croyons

    Si le maire avait le moindrement d'éthique il demanderait a ses amis de s'abstenir mais je ne sais pas s'il sait c'est quoi l'éthique, il me semble plus porter vers les petites vites que vers l'éthique, peut être que dans le contexte actuel, que c'est le réflexe premier

  • Jean-Marc Simard - Abonné 4 février 2016 10 h 07

    Test piège pour Maître Gallant...

    Cette demande d'enquête sur les contrats accordés par Coderre à des petits amis sera un véritable test pour Maître Gallant, dont la nomination a été demandée et sanctionnée par Denis Coderre...Saura-t-il avoir l'objectivité nécessaire pour bien analyser de façon juste et équitable les contrats de son patron ? L'avenir le dira...