L’approbation des communautés sera nécessaire, dit Trudeau

Justin Trudeau et Denis Coderre ont rencontré la presse ensemble, mardi matin à l’hôtel de ville de Montréal, après leur tête-à-tête, qui a duré environ 40 minutes.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Justin Trudeau et Denis Coderre ont rencontré la presse ensemble, mardi matin à l’hôtel de ville de Montréal, après leur tête-à-tête, qui a duré environ 40 minutes.

Alors que le pipeline Énergie Est divise le pays, le premier ministre Justin Trudeau a affirmé mardi matin qu’il agira en « arbitre responsable » dans ce dossier, mais que TransCanada devra obtenir l’approbation des communautés pour son projet et démontrer qu’il sert l’intérêt public.

M. Trudeau était de passage à l’hôtel de ville de Montréal où il a rencontré le maire Denis Coderre.

TransCanada devra travailler pour convaincre les citoyens de la nécessité du projet et de son acceptabilité. « Le rôle du gouvernement fédéral, c’est de mettre en place un processus par lequel TransCanada ou toute autre compagnie pourrait aller démontrer qu’un projet est dans l’intérêt public et avoir l’approbation des Canadiens », a indiqué M. Trudeau à l’issue de sa rencontre avec le maire Coderre.

Depuis que les 82 maires de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), présidée par le maire Coderre, ont rejeté le projet de pipeline Énergie Est la semaine dernière, les récriminations de la part des politiciens de l’Ouest canadien se multiplient contre le maire Coderre et le Québec.

Justin Trudeau n’a pas pris position dans ce délicat dossier, insistant surtout sur la nécessité de tenir compte des enjeux économiques et des préoccupations environnementales. « Les Canadiens savent que vous ne pouvez construire une économie forte sans protéger l’environnement. Ce n’est pas l’un ou l’autre. »

Risques élevés, faibles retombées

La semaine dernière, les maires de la CMM avaient justifié leur refus du projet en invoquant les risques environnementaux trop élevés par rapport aux faibles retombées économiques pour le Québec. TransCanada devrait-il hausser les redevances versées au Québec pour rendre le projet plus acceptable pour les Québécois ? Justin Trudeau a indiqué que c’était à TransCanada de répondre à cette question.

De son côté, le maire Coderre qui, la veille, avait qualifié TransCanada d’« arrogante », a défendu de nouveau la position des maires. « Si on a un rôle à jouer, il y a des gens qui ont des devoirs à faire. On va participer pleinement à ce processus. Ce n’est pas parce qu’on pose des questions et qu’on demande à des gens de faire leurs devoirs, que, pour nous, c’est de manquer de respect », a-t-il dit. Il a salué les préoccupations du gouvernement fédéral pour la protection de l’environnement.


D’autres dossiers sur la table

Lors de leur rencontre privée, MM. Trudeau et Coderre ont aussi discuté d’autres dossiers, le maire ayant présenté au premier ministre la liste de priorités pour Montréal. Parmi celles-ci : les infrastructures, le dossier des réfugiés, le prolongement de la ligne bleue, le système léger sur rail (SLR) et les célébrations du 375e anniversaire de la ville de Montréal.

Le maire Coderre a également attiré l’attention de M. Trudeau sur les travaux de 78 millions que la Ville devra effectuer pour protéger la prise d’eau de l’usine Atwater. Montréal sollicite la participation financière du gouvernement fédéral car ces travaux sont rendus nécessaires en raison du chantier du pont Champlain.

Denis Coderre s’est dit satisfait de son entretien avec le premier ministre, mais il n’a pas voulu confirmer si M. Trudeau avait pris des engagements.

La CAQ croit qu’une redevance réduirait la dépendance à la péréquation

Bromont — Une redevance de plusieurs milliards de dollars sur le projet d’oléoduc Énergie Est permettrait au Québec de réduire sa dépendance à la péréquation, a déclaré mardi le chef caquiste François Legault. M. Legault a affirmé qu’actuellement, sans retombées significatives, le projet de la société TransCanada est inacceptable. « Si l’Alberta fait passer des milliards de dollars de barils sur le territoire de la CAQ pour l’exportation, je pense que ce serait normal que le Québec obtienne des milliards de dollars », a-t-il dit. En plus d’une redevance, l’entreprise doit également minimiser les risques de déversements pour convaincre la population que l’oléoduc peut traverser le Québec jusqu’au Nouveau-Brunswick, selon le chef caquiste.

En concluant une réunion de ses députés, amorcée lundi, M. Legault a affirmé que le Québec n’est pas obligé d’accepter le projet parce qu’il bénéficie de ce versement, en vertu d’un calcul qui vise à réduire les écarts entre les provinces canadiennes. Selon le chef caquiste, le gouvernement québécois doit cependant s’activer pour obtenir des avantages financiers.


À voir en vidéo