Projet Montréal se cherche un chef pour affronter Coderre

Luc Ferrandez, qui est maire du Plateau-Mont-Royal depuis 2009, ignore encore s’il sollicitera un autre mandat à la tête de cet arrondissement pour les élections de 2017. 
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Luc Ferrandez, qui est maire du Plateau-Mont-Royal depuis 2009, ignore encore s’il sollicitera un autre mandat à la tête de cet arrondissement pour les élections de 2017. 

Projet Montréal est en quête d’un chef pour tenter de déloger Denis Coderre lors des élections de 2017. En annonçant dimanche qu’il renonçait à briguer lui-même la chefferie de Projet Montréal, Luc Ferrandez a invité de nouveaux candidats à sauter dans l’arène.

Celui qui dirige Projet Montréal par intérim depuis le départ de Richard Bergeron, en octobre 2014, a admis qu’il n’avait pas réussi à se défaire de son image jugée trop radicale à l’extérieur du Plateau Mont-Royal.

« La dernière carte qui reste à M. Coderre, c’est de prétendre qu’il est un homme de gros bon sens par rapport à l’opposition qui, elle, serait radicale. Je ne veux pas lui donner ce plaisir de jouer cette dernière carte », a-t-il expliqué dimanche, à l’issue du congrès de Projet Montréal.

« Je sais que ce que nous faisons sur le Plateau, ça peut faire peur à la population dans les autres quartiers. Mais ça ne s’applique pas dans d’autres quartiers de toute manière, a précisé M. Ferrandez. Je veux laisser la place à quelqu’un qui va avoir le champ libre, qui n’aura pas de boulet de réputation à porter et qui ne risque pas de faire peur aux Montréalais. »

Luc Ferrandez, qui est maire du Plateau-Mont-Royal depuis 2009, ignore encore s’il sollicitera un autre mandat à la tête de cet arrondissement pour les élections de 2017. Les changements susceptibles de toucher les pouvoirs des arrondissements dans le cadre des discussions engagées par l’administration Coderre sur le statut de métropole de Montréal pourraient influer sur sa décision, a-t-il dit.


Un « dragon » candidat ?

M. Ferrandez a invité les candidats potentiels, qu’ils viennent des rangs du parti ou non, à ne pas hésiter à se lancer dans la course qui se tiendra à l’automne. Il a même suggéré que des personnalités « montent au front » pour Montréal. « Je souhaite que, même s’ils ne se présentent pas, Karel Mayrand, Laure Waridel, Alexandre Taillefer donnent leur appui à un candidat, proposent des solutions, viennent à un meeting. »

Directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki, Karel Mayrand, a indiqué au Devoir qu’il ne souhaitait pas diriger Projet Montréal. « On me l’a demandé, mais j’ai refusé. Je considère que je n’ai pas suffisamment de connaissances sur l’ensemble des dossiers », a-t-il expliqué. Il a toutefois vanté ce parti — dont il est membre —, car il permet une réelle réflexion sur Montréal, a-t-il fait valoir. S’il se dit ouvert à l’idée d’aider le parti lors des prochaines élections, il n’écarte pas l’idée d’être lui-même candidat pour un poste de conseiller.

Dans un tweet diffusé dimanche soir, Alexandre Taillefer, dont le nom avait été évoqué pour briguer la mairie en 2013, a remercié Luc Ferrandez d'« avoir mentionné [s]on nom pour Projet Montréal », ajoutant que « ce n’est pas dans [s]es plans à court ou moyen terme ».

 

La lune de miel Denis Coderre

Des élus de Projet Montréal pourraient tenter leur chance afin de diriger le parti fondé en 2004 par Richard Bergeron. Quelques noms circulent comme potentiels candidats, dont ceux des conseillers Guillaume Lavoie, François Limoges et Valérie Plante. M. Limoges et Mme Plante ont confirmé être en réflexion à ce sujet.

Selon M. Ferrandez, la lune de miel entre Denis Coderre et les Montréalais est terminée, et le maire est « en chute libre ». Dans son discours prononcé devant les militants en après-midi, Luc Ferrandez s’est attardé aux décisions controversées du maire Coderre au cours des derniers mois. Il lui a reproché son manque de vision et son « faux progressisme ».

Plusieurs élus ont salué la « dignité » avec laquelle M. Ferrandez s’est adressé aux militants. « Il a fait passer le bien de Montréal avant ses intérêts personnels. Jamais l’ancien chef Richard Bergeron n’a fait preuve d’autant d’humilité », a commenté le maire de Rosemont–La Petite-Patrie, François Croteau.

Plus tôt en matinée, les membres de Projet Montréal avaient convenu de mandater leur comité de direction afin de tenir leur course à la chefferie à l’automne, soit un an avant les élections du 5 novembre 2017. Ils ont aussi élu Nathalie Goulet à la présidence du Conseil de direction de Projet Montréal.

Je veux laisser la place à quelqu’un [...] qui ne risque pas de faire peur aux Montréalais

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