Le maire de Montréal de nouveau critiqué pour l’embauche d’un proche

Denis Coderre juge qu’il est normal de connaître beaucoup de gens après 30 ans de vie publique.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Denis Coderre juge qu’il est normal de connaître beaucoup de gens après 30 ans de vie publique.

Denis Coderre juge que l’octroi d’un contrat de gré à gré à un de ses amis, Robert Bouvier, ne cause pas de problème compte tenu des compétences de celui-ci. Mais l’opposition reproche à l’administration d’avoir manoeuvré pour se soustraire au processus d’appel d’offres.

Le contrat accordé à Robert Bouvier pourrait atteindre 24 999 $, soit une somme inférieure au seuil de 25 000 $ qui aurait forcé la Ville à procéder par appel d’offres.

Ancien président des Teamsters Canada, Robert Bouvier a été embauché pour représenter la partie patronale dans les négociations menées par la Ville avec la Fraternité des policiers de Montréal. Le contrat signé en novembre dernier prévoit une rémunération de 670 $ par jour.

Comme le contrat s’élevait à moins de 25 000 $, il n’avait pas à être soumis au comité exécutif et il n’occupe que quelques lignes des 2136 pages de documents du conseil municipal du 25 janvier. « C’est l’aiguille dans la botte de foin. En matière de standards de transparence, on est au plus proche de l’opacité », estime le conseiller de Projet Montréal, Guillaume Lavoie.

Trois embauches

L’embauche de Robert Bouvier s’ajoute à deux autres contrats controversés accordés précédemment par l’administration. En avril 2014, la Ville avait octroyé un contrat de gré à gré au de 20 000 $ à la firme Malouin et Phaneuf, dont un associé, Richard Phaneuf, a agi comme organisateur de la campagne d’Équipe Coderre en 2013. La firme avait représenté la Ville dans le dossier de la prolongation des heures d’ouverture des bars devant la Régie des alcools.

Plus récemment, l’embauche de Michel Dorais à 1800 $ par jour pour coordonner l’accueil de réfugiés syriens a valu au maire de nombreuses critiques.

Dans le cas de Robert Bouvier, non seulement s’agit-il d’un ami de M. Coderre, mais ce serait aussi un « donateur régulier » de Denis Coderre lorsqu’il était dans l’arène fédérale, souligne Projet Montréal.

Cette décision est d’autant plus discutable que la Ville dispose de ressources internes compétentes pour mener des négociations avec les syndicats, affirme Guillaume Lavoie. « Un contrat à un proche, ça peut être une erreur. Deux contrats à un proche, ça peut être un oubli. Mais trois contrats à un proche, c’est un pattern », avance-t-il.

Un bon coup

Le maire Coderre, lui, ne voit pas de problème dans cette embauche. Au contraire, il estime avoir fait un « bon coup » : « Lorsqu’on monte un comité de négociations, il est normal d’avoir de l’aide externe. C’est l’ancien président des Teamsters, un gars exceptionnel dans le milieu des relations de travail », a-t-il expliqué au journal 24 Heures mardi.

Denis Coderre affirme que les trois embauches que lui reproche l’opposition ont eu lieu dans des circonstances différentes, mais qu’elles étaient toutes justifiées. Dans le cas de M. Phaneuf, il y avait urgence en raison de la grève des juristes de la Ville, a-t-il rappelé. Dans le cas de Michel Dorais, le maire dit avoir « assumé totalement » l’embauche de cet ancien sous-ministre d’Immigration Canada.

Le maire juge qu’il est normal de connaître beaucoup de gens après 30 ans de vie publique.

Contrat non renouvelé

La Ville de Montréal a précisé que le contrat signé avec Robert Bouvier a pris fin le 31 décembre 2015 et qu'il n'a pas été renouvelé.

Les 24 999 $ figurant au contrat étaient le montant maximal que la Ville aurait pu payer, mais dans les faits, M. Bouvier a travaillé dix demi-journées, ce qui a représenté le versement par la Ville d'une somme de 4020 $ pour l'ensemble des services du consultant.

M. Bouvier n'a pas réalisé de travail additionnel pour la Ville par la suite, a-t-on indiqué.


 
6 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 20 janvier 2016 02 h 35

    Plus ca change plus c'est pareille

    Plus ca change plus c'est pareille nous en avons démis un parce qu'il avait des petits travers le suivant a aussi les siens, peut etre ne méritons nous pas mieux, pour celui dont je parle vous ne me direz pas que vous ne l'avez pas vu construire son petit royaume, si un jour il met le feu aux écuries, ne dites pas que vous ne le saviez pas

  • Denis Miron - Inscrit 20 janvier 2016 05 h 10

    Comme disait le grand philosophe québécois Bernard Trépanier :

    «Un chum, c't'un chum»

  • Sylvain Auclair - Abonné 20 janvier 2016 10 h 39

    Ça ressemble à un bon vieux retour d'ascenseur.

    • Robert Beauchamp - Abonné 20 janvier 2016 14 h 08

      Même pas besoin de prendre l'ascenseur, M. Auclair, ils sont tous dans l'antichambre.

  • P. Raymond - Inscrit 20 janvier 2016 13 h 25

    Mécanique de base

    Quand le filtre est encrassé au point où les pièces se mettent à lâcher il faut absolument le remplacer avant d'endommager irrémédiablement la machine.

    Hélas par leur abstention ces saprés montréalais ont laissé à quelques-uns l'opportunité de garder exactement la même vieille machine corrompue croyant qu'un filtre encore plus encrassé la nettoie.

    Le copinage, les dépenses somptuaires pour fêter l'insignifiance, les hausses de tarifs et de taxes perpétuelles conjointes aux baisses de services subis par ces mêmes payeurs de taxes vont-ils finir par enflammer la bougie d'allumage et les décider à se déplacer pour aller voter aux municipales ou vont-ils rester assis sur leur abstention, rechanger toutes les pièces une par une et finir en laissant le même filtre encrassé en place encore?

  • Donald Bordeleau - Abonné 20 janvier 2016 22 h 51

    Coderre et son passé, pas une référence.

    Coderre a laissé des traces de 1995 à 1997 avec la firme Éverest de Claude Boulay ou il faisait des copies de factures.

    Groupe Everest a reçu la plus grande part des commandites, avec 67,6 millions, suivi de Lafleur Marketing (65,5 millions) et Groupe Action (60,8 millions).

    http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/vincent-m

    Voir à la page 403 et les suivantes pour d'autres informations.

    https://www.ceic.gouv.qc.ca/fileadmin/Fichiers_client/centre_documentaire/CEIC-R-2332.pdf