Les cols bleus répliquent aux suspensions massives

Marc Ranger, directeur adjoint au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) au Québec, Lucie Levasseur, présidente du SCFP-Québec, et Chantal Racette, présidente du Syndicat des cols bleus de Montréal
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Marc Ranger, directeur adjoint au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) au Québec, Lucie Levasseur, présidente du SCFP-Québec, et Chantal Racette, présidente du Syndicat des cols bleus de Montréal

Le conflit entre la Ville de Montréal et ses cols bleus se transportera mercredi devant la Commission des relations du travail (CRT). Le Syndicat des cols bleus de Montréal, qui compare les suspensions massives imposées par la Ville à un « lockout partiel », demande la levée des sanctions appliquées à près de 2000 employés.

Le syndicat estime que la Ville contrevient à la loi en privant la population des services auxquels elle a droit. Dans une requête déposée lundi matin auprès de la CRT, le syndicat détaille l’impact des suspensions de cinq jours sans solde survenues dans sept arrondissements le 17 décembre dernier.

À titre d’exemple, 78 % des employés des travaux publics du Plateau-Mont-Royal étaient absents cette journée-là en raison des suspensions. Dans Ville-Marie, 60 % des employés du service des parcs n’ont pas travaillé et dans Le Sud-Ouest, la moitié des employés des travaux publics sont restés à la maison.

Tous ces employés suspendus — ils seront au nombre de 925 d’ici le 31 décembre pour un total de 1995 — ne sont pas remplacés pendant leur absence, soutient le syndicat.

Selon Marc Ranger, directeur adjoint au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), certains services ont été perturbés : « Il y a des endroits où il n’y avait personne au service de l’aqueduc. Ailleurs, la collecte des déchets ne s’est pas faite. » Le syndicat juge que les suspensions de cinq jours, en plus d’affecter les services, sont démesurées puisque l’arrêt de travail de deux heures du 8 décembre dernier n’a donné lieu à aucune réduction de service.

Une marionnette ?

Le syndicat a demandé l’intervention de la CRT et la cause sera entendue par un commissaire mercredi matin. Pourtant, le syndicat avait fait fi il y a deux semaines de l’ordonnance de la CRT qui, la veille d’une assemblée convoquée par les dirigeants syndicaux, avait exhorté les cols bleus à fournir leur prestation et à ne pas participer à ce débrayage jugé illégal.

« On n’a pas dérogé de ce qu’on fait habituellement. Les assemblées se font toujours sur les heures de travail », a fait valoir la présidente du Syndicat, Chantal Racette.

Est-ce que l’ex-président Jean Lapierre tire toujours les ficelles du syndicat ?, lui a demandé un journaliste. « Est-ce que j’ai l’air d’une marionnette ? À la grosseur que j’ai, je ne suis pas une marionnette. Je suis la présidente du 301. Je suis élue pour trois ans et ça va être comme ça pour trois ans », a rétorqué Mme Racette.

Des rues moins propres

En marge d’une rencontre avec Mélanie Joly, la nouvelle ministre du Patrimoine canadien, le maire Denis Coderre a dit maintenir le cap. « Il y a un processus qui existe. On va laisser le processus aller », a-t-il dit au sujet de l’audience devant la CRT.

Selon lui, les suspensions n’ont pas entraîné de réduction de services aux citoyens : « C’est important que le syndicat comprenne qu’on ne fait pas des gains avec des grèves illégales. S’ils veulent me parler, ils peuvent toujours me parler, mais quand il y aura des gestes, il y aura toujours des conséquences. »

Le conseiller de Projet Montréal dans l’arrondissement du Sud-Ouest Craig Sauvé estime que l’attitude de l’administration Coderre ne fait qu’envenimer le climat de travail.

Dans le Sud-Ouest, dit-il, les travaux de propreté de nettoyage de graffitis n’ont pu être réalisés en raison de l’absence d’un grand nombre d’employés. Des services comme la collecte des déchets ont toutefois été maintenus. « C’est clair qu’il y a une réduction de service quand il te manque la moitié de tes effectifs. Les rues du Sud-Ouest sont donc moins propres. C’est une équation claire », indique-t-il.

Dans Le Plateau-Mont-Royal, on précise avoir voulu profiter de l’absence de neige pour appliquer les sanctions édictées par l’administration. « Il n’y a pas de neige et il n’y a pas de gel de conduite. On a voulu appliquer le remède quand ça va faire le moins mal », a expliqué Michel Tanguay, chargé de communication.

Les services essentiels tels que la collecte des matières recyclables — faits en régie — ont été assurés et une équipe du service d’aqueduc était en fonction, mais certaines activités de propreté et d’asphaltage n’ont pu être maintenues, a-t-il dit.

En marge des démarches auprès de la CRT, le Syndicat a signifié son intention de contester chacune des suspensions par voie de griefs.

1 commentaire
  • André Ouellet - Abonné 22 décembre 2015 10 h 32

    Monsieur les cols bleus

    Vous devez respecter la loi.C'est terminé l'anarchie.