Vers une gestion simplifiée du stationnement

La Ville profitera de cette réforme pour simplifier la signalisation afin d’éviter que jusqu’à six panneaux occupent un même poteau.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La Ville profitera de cette réforme pour simplifier la signalisation afin d’éviter que jusqu’à six panneaux occupent un même poteau.

La Ville de Montréal entend simplifier les règles de stationnement à l’échelle de son territoire et rapatriera les activités de la société en commandite Stationnement de Montréal au sein d’un nouvel organisme municipal. Avec la nouvelle politique du stationnement dévoilée mercredi, le maire Denis Coderre dit vouloir mettre fin à la cacophonie dans les pratiques différentes d’un arrondissement à l’autre.

Dans un premier temps, les activités de Stationnement de Montréal, une société en commandite gérée depuis 1995 par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), seront placées sous la responsabilité d’une agence de la Ville. La CCMM a d’ailleurs offert sa collaboration pour faciliter la transition.

La stratégie présentée par l’administration comporte aussi une série de mesures pour encadrer les pratiques de tarification et la gestion des vignettes tout en les adaptant aux réalités des différents secteurs. « Nous aurons une vision globale. Pas 19 politiques différentes, a expliqué le maire Coderre. Harmoniser ne veut pas dire que ce sera partout pareil. Nous ne visons pas le mur à mur. »

Pour optimiser le stationnement, la Ville envisage notamment de moduler la tarification des parcomètres en fonction de l’achalandage et d’offrir la gratuité pour de courtes périodes dans les secteurs commerciaux. Le stationnement pourrait être gratuit le dimanche pour soulager les commerçants, a même suggéré le maire Coderre.

La Ville compte faire appel aux nouvelles technologies avec l’installation de capteurs intelligents et le développement d’applications pour téléphones intelligents afin de pouvoir informer les automobilistes de la disponibilité des places de stationnement en temps réel.

Montréal compte environ 500 000 places de stationnement sur rue et elle estime que seulement 9 % d’entre elles sont tarifées, soit par vignettes pour résidants ou avec des parcomètres.

Pas une source de revenus

Les arrondissements conserveront la gestion des vignettes dans les rues résidentielles, mais ils devront respecter le cadre commun. « La politique du stationnement, ça ne doit pas être une source de revenus. Tu ne peux pas avoir quatre sortes de vignettes », a dit le maire Coderre en faisant allusion aux controversées mesures implantées dans le Plateau-Mont-Royal. « C’est fini les 200 vignettes pour 100 chars. On va travailler sur le ratio. » La Ville compte aussi ajuster le prix des vignettes au type de véhicule, comme cela se fait dans Rosemont–La Petite-Patrie.

Montréal profitera de cette réforme pour simplifier la signalisation afin d’éviter que jusqu’à six panneaux occupent un même poteau, rendant fort confuses les instructions de stationnement.

L’opposition a salué la politique de stationnement de l’administration. « C’est ce que Projet Montréal demande depuis des années », a souligné le maire de Rosemont–La Petite-Patrie, François Croteau. « Le portrait démontre qu’il n’y a pas de problème de stationnement à Montréal. Le problème réel, c’est sa mauvaise gestion qui fait en sorte que les gens ont l’impression qu’il manque de stationnements. »

Malgré les propos du maire Coderre à l’égard des changements qui seront apportés dans le Plateau-Mont-Royal, un arrondissement où les mesures de stationnements causent des frictions, François Croteau signale que le document de la politique ne mentionne nulle part une centralisation de la gestion des vignettes.

De son côté, le Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal, qui milite depuis des années pour une réforme en profondeur du stationnement, s’est réjoui de voir ses propositions se concrétiser. « Il faudra voir comment ça va se traduire concrètement », a commenté Félix Gravel, responsable des Campagnes transport au CRE. Selon lui, le plus difficile pour la Ville sera de trouver un équilibre entre sa volonté de faciliter le stationnement et celle de favoriser le transport collectif.

La politique du stationnement sera soumise au conseil municipal du 25 janvier prochain et fera ensuite l’objet d’une consultation.

5 commentaires
  • Francois Cossette - Inscrit 16 décembre 2015 13 h 36

    Quelle surprise !!!!

    E N C O R E .. de la bureaucratie et du gaspillage ... la spécialité de montreal outre le fait de ponctionner ses citoyens de toutes les manieres possibles et imaginables.

    • Richard Gauthier - Abonné 16 décembre 2015 18 h 40

      et de ponctionner les employés aussi...

  • Anne-Marie Allaire - Abonnée 16 décembre 2015 14 h 04

    Notre bon maire

    On reconnait bien là, le style tout à fait condescendant et quelque peu méprisant de notre bon maire pour les arrondissements... Il me semble que les pancartes de stationnement incompréhensibles existent depuis belle lurettte même avant les fusions de 2002. Mais le méchant maire du Plateau doit être responsable de tous les maux.

    • Robert Beauchamp - Abonné 16 décembre 2015 21 h 56

      Totalement d'accord avec vous en tous points. Chez ce prince rouge, politique et politicaillerie font bon ménage servi sauce traditionnelle. Centralisaiton au super max et stratégie d'attaques au bulldozer.

  • Jean Richard - Abonné 17 décembre 2015 13 h 19

    La taille des véhicules

    « La Ville compte aussi ajuster le prix des vignettes au type de véhicule, comme cela se fait dans Rosemont–La Petite-Patrie. »

    Les voitures en ville sont particulièrement encombrantes. Cet encombrement a un prix qui exclut probablement le principe de l'encombreur-payeur. C'est pourquoi sur les espaces tarifés au parcmètre, tous paient le même prix, l'espace étant calculé pour les plus encombrants.

    Comparons par exemple une Smart et une luxueuse Tesla subventionnée par Québec. La première fait 2,7 mètres de longueur, la seconde 5 mètres, soit presque le double. La première n'a donc besoin que de 60 % de l'espace requis par la seconde. Mais on pourrait aller plus loin : la Smart étant d'une longueur inférieure à la largeur d'une case de stationnement, on pourrait lui permettre de stationner à 90° de la chaussée, ce qui rendrait possible d'occuper moins de 50 % de l'espace d'une grosse voiture, avec en prime l'élimination du problème de l'emportiérage des cyclistes.

    Bref, des zones réservées aux voitures de faible taille permettraient d'augmenter le nombre de cases de stationnement sans sacrifier des trottoirs comme on le fait actuellement. Idem avec des cases permettant le stationnement à angle droit pour certaines voitures biplaces de faibles dimensions.

    Il n'y a rien d'irréalisable là-dedans...