Des milliers de cols blancs dénoncent l’administration Coderre

La manifestation s’est déroulée dans l’ordre.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La manifestation s’est déroulée dans l’ordre.

Les élus montréalais ont donné leur aval, mercredi après-midi, au budget de la Ville qui imposera aux Montréalais des hausses de taxes de 1,9 % l’an prochain. Pendant les débats au conseil municipal, des milliers de cols blancs se sont rassemblés devant l’hôtel de ville pour dénoncer l’administration Coderre lors d’une demi-journée de grève.

« Un maire qui crache sur ses employés ne mérite pas de gouverner », a lancé le président du Syndicat des fonctionnaires municipaux, Alain Fugère, aux syndiqués massés devant l’hôtel de ville. « Vos 20 000 employés sont en tabarnak. J’espère que vous allez les respecter. »

Les cols blancs, qui sont sans contrat de travail depuis 2012, estiment que les négociations s’enlisent. Ils en ont particulièrement contre le plan de réduction de la main-d’oeuvre de l’administration qui entraînera la suppression de 1200 postes dans leur unité syndicale d’ici deux ans. Ils dénoncent aussi le recours à la sous-traitance qui, disent-ils, concerne plusieurs services comme ceux de l’informatique, des sports et loisirs et des agents de stationnement.

Les syndiqués craignent de subir des reculs sur la question de la flexibilité d’horaire.

Le maire Coderre, le directeur général de la Ville, Alain Marcoux, et le consultant Michel Dorais, embauché au coût de 1800 $ par jour pour coordonner l’arrivée des réfugiés syriens, étaient en vedette sur les pancartes brandies par les manifestants.

« On ne veut pas que la fonction publique soit démantelée comme l’administration Marcoux tente de le faire. Les citoyens ne sont pas gagnants là-dedans. Notre message est clair : si l’attitude ne change pas et le respect ne s’installe pas du côté de l’administration, ils se magasinent un conflit majeur en 2016 », a commenté Alain Fugère.

La manifestation s’est toutefois déroulée dans l’ordre. Arrivés devant l’hôtel de ville vers 14 h, les syndiqués ont quitté les lieux calmement vers 15 h 30.

Adoption du budget

Pendant ce temps, dans la salle du conseil de l’hôtel de ville, les élus poursuivaient leurs débats au sujet du budget 2016 de 5,06 milliards de dollars qui prévoit des hausses de taxes de 1,9 % pour le secteur résidentiel et de 0,9 % pour les propriétés du secteur non résidentiel.

Le budget a finalement été adopté à 41 voix contre 18. Les membres de Projet Montréal ont voté contre le budget, tout comme les élus d’Anjou, Luis Miranda et Andrée Hénault, ainsi que Jeremy Searle.

Le débrayage des cols blancs a perturbé certains services de la Ville, mais cet arrêt de travail était légal. Ce n’est pas le cas des cols bleus, qui se sont absentés de leur travail mardi matin pour participer à une assemblée syndicale, défiant ainsi une ordonnance de la Commission des relations du travail qui les sommait de ne pas se rendre à cette réunion. Les cols bleus, de même que leur syndicat, s’exposent à des sanctions, le maire Coderre ayant déclaré mardi que la Ville appliquerait la tolérance zéro à leur égard.

Porte-parole de la Coalition syndicale pour la libre négociation, Marc Ranger n’a pas voulu commenter le dossier : « Comme ce dossier est judiciarisé, je ne ferai aucune déclaration à ce sujet. »

Pour sa part, le Syndicat des professionnels de la Ville de Montréal a déposé deux griefs pour dénoncer l’embauche de Michel Dorais, car il estime qu’un membre de cette unité syndicale aurait pu accomplir les tâches accomplies par ce consultant et que la Ville aurait dû procéder par appel d’offres.

The Gazette rapportait d’ailleurs que M. Dorais était mieux connu pour s’être trouvé mêlé à une controverse sur une question de droits linguistiques que pour son travail avec les réfugiés.

En 2003, le Commissaire aux langues officielles avait blâmé Immigration Canada, où travaillait M. Dorais, pour avoir contrevenu à la Loi sur les langues officielles en offrant moins de tests en français qu’en anglais aux immigrants désireux de venir au Canada. La première expérience de M. Dorais avec les réfugiés remonte à 1999, avec l’arrivée de réfugiés kosovars au pays, a rapporté le quotidien. Michel Dorais a quitté Immigration Canada en 2004.

2 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 10 décembre 2015 09 h 36

    Les amis

    Pas étonnant à ce compte là que Coderre ait soutenu la commission scolaire anglophone en préconisant des cours d'anglais aux nouveaux arrivants. Je croyais que le français était primordial. On n'a pas besoin des autres pour se tirer dans le pied. Voilà que les amis qu'il embauche ont connu la controverse et pas la moindre: «contrevenu à la loi sur les langues officielles». Alors pourquoi M. Dorais a-t-il dû démissionner d'un poste aussi prestigieux? À Montréal on reçoit au-delà de 50 000 immigrants par année. L'expertise est déjà là. Ajoutons le chauffeur sélectionné .... Tout s'enchaîne dans une gestion dont les approches ont été dénoncées par les commissions Gomery et Charbonneau.

  • Gilles Teasdale - Abonné 10 décembre 2015 10 h 38

    libéral

    Libéral un jour libéral toujours.Un chum est un chum! chez les libéraux ces bien connu et respecté.
    Gilles Teasdale Montréal, St.Léo