«Tolérance zéro» envers les cols bleus

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Ce sera la tolérance zéro à l’endroit des cols bleus qui ont défié l’ordonnance de la Commission des relations du travail (CRT) pour participer à une assemblée syndicale mardi matin, a prévenu le maire Denis Coderre.

« Qu’ils aillent travailler. C’est une grève illégale. Ils étaient partis jusqu’à 10 h. Presque personne n’était là. Ils sont revenus peu à peu. Tolérance zéro », a lancé le maire lorsque questionné sur le comportement des cols bleus qui ont quitté leur lieu de travail quelques heures auparavant. « En temps et lieu, on enverra la facture au syndicat », a-t-il ajouté.

Mardi matin, des centaines de cols bleus ont convergé au Palais des congrès pour participer à une assemblée générale à l’invitation de leur syndicat. Pourtant, la veille, la CRT leur avait ordonné de rentrer au travail puisque leur convention collective n’est pas échue et qu’il s’agissait d’un arrêt de travail illégal.

Les syndiqués ont fait la sourde oreille. Ils ont d’ailleurs diffusé mardi matin une lettre ouverte dans laquelle ils expliquent aux Montréalais leurs motifs. Dans cette lettre, le syndicat dénonce le pacte fiscal conclu entre le gouvernement du Québec et les municipalités qui permettra notamment à celles-ci de décréter leurs conditions de travail : « Il [le gouvernement] attaque un droit fondamental, reconnu par la Constitution, celui de négocier nos conditions de travail. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés devant un tel affront. »

La lettre critique également le recours à la sous-traitance par la Ville avec l’embauche d’un chauffeur non-col bleu pour le maire Coderre et le contrat de 5 millions de dollars accordé à une organisation dirigée par l’ex-chef de police Marc Parent pour la surveillance d’immeubles municipaux.

Le maire Coderre n’a pas apprécié l’attitude des cols bleus. « Je me suis battu pour le projet de loi 15 afin de m’assurer que les cols bleus puissent conserver leur convention collective jusqu’en 2017, a-t-il dit. Ils avaient bien négocié pour avoir le partage des fonds de pension de 45-55. »

Selon lui, la manifestation devant la résidence de la présidente de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, est également inadmissible : « J’ai trouvé outrageux, inacceptable qu’on procède à des mesures d’intimidation devant [la résidence] de ma collègue et amie Suzanne Roy. »

« On ne revivra pas les années d’intimidation. De toute façon, je ne carbure pas ça. Ils peuvent s’essayer, ça ne marchera pas, a-t-il prévenu. Les gros bras et les statues de bronze, c’est assez. »

Au sujet de ses chauffeurs et du budget de 200 000 $ prévu à cette fin — dossier qui a suscité une vive polémique la semaine dernière —, le maire a dit qu’il était de sa prérogative de les choisir.

Les cols blancs

Mercredi après-midi, les 8000 cols blancs de la Ville — qui, eux, n’ont plus de contrat de travail depuis 2012 — comptent exercer une demi-journée de grève alors que le conseil municipal sera réuni à l’hôtel de ville pour l’adoption du budget 2016.

Le débrayage commencera à 13 h 01 pour se terminer à 17 h 59. Plusieurs services de la Ville seront perturbés. Ainsi, la majorité des bibliothèques seront fermées, tout comme les bureaux Accès-Montréal, les comptoirs de permis et la cour municipale, à l’exception des services essentiels.

3 commentaires
  • Richard Bérubé - Inscrit 9 décembre 2015 07 h 02

    L'intimidation c'est finie???

    Il ne faudrait pas que les gouvernements changent toutes les règles de gérance aux dépends des travailleurs...adopter des lois pour tout changer en faveur de l'administration n'apportera rien de bon non plus à longue échéance....il faut se rappeller que le travailleur vend son temps et ses compétances à un employeur, donc le travailleur à quand même quelque chose à dire sur les conditions de son emploi....de plus je ne suis pas certain que la sous-traitance revienne à meilleur coût qu'un employé public...à part les éboueurs privés qui courrent comme des déments, les autres employés finissent pas s'adopter à des conditions d'emploi de piètre qualités...mais il faut aussi que les cols bleus puisqu'il s'agit d'eux dans cet article jouent franc jeu et respectent les règles établies....de plus l'intimidation à la résidence de Madame Roy est elle tout à fait intolèrable....

  • François Dugal - Inscrit 9 décembre 2015 08 h 01

    "Tolérance zéro"

    Et quand les cadres de la ville de Montréal participaient allègrement à la collusion, elle était où, la "tolérance zéro"?

  • Yves Corbeil - Inscrit 9 décembre 2015 10 h 36

    Le jour ou vous verrez plus large que vos conditions

    Je vous supporterez et avec raison. Mais en attendant vous me faites seulement rire et pleurer de voir notre société qui est centré sur ses petits problèmes personnels au lieu de voir bien plus large et prendre conscience qu'on perd de plus en plus le contrôle de toutes les avancées des dernières décennies au profit de ces sans gênes au pouvoir qui eux travaillent concerté aux profits de ces nantis tapient dans l'ombre.

    Pour quand la révolution de toute notre société contre l'envahisseur capitaliste qui nous soumets à un régime qui ne peut plus continué. Allons-nous reculer au point de tout perdre ces acquis sociaux si chèrement acquis qui partent tranquillement dans les poches de ces pleins de... cacher derrière ces pantins gouvernementaux.