Coderre défend l’embauche de Michel Dorais

Alors qu’il annonçait la mise en place d’une ligne téléphonique d’aide pour les réfugiés, le maire Denis Coderre a défendu l’embauche de Michel Dorais, payé 1800 $ par jour pour coordonner l’accueil des nouveaux arrivants. Selon lui, l’ex-sous-ministre fédéral était la personne la plus compétente pour jouer ce rôle clé.

« On n’a pas l’expertise à la Ville de Montréal. On m’a demandé d’agir de façon urgente. J’ai appelé un collaborateur de longue date », a expliqué le maire lors d’une conférence de presse à l’hôtel de ville, visiblement agacé par l’insistance des médias au sujet du salaire octroyé à M. Dorais. « On a la meilleure personne. Il a de l’expérience. […] La négociation a été faite avec le directeur général, Alain Marcoux. Je n’ai aucun problème avec ça. »
 

Tâches complexes

Selon le maire, les tâches de M. Dorais sont complexes, car il lui faut créer des canaux de communication avec les autres ordres de gouvernement et les organismes qui oeuvrent dans l’accueil de réfugiés. Michel Dorais coordonnera les efforts des différents intervenants afin d’éviter les dédoublements, a précisé le maire : « J’espère qu’on va s’enlever l’idée que son rôle, c’est de coordonner des bénévoles. »

Après avoir notamment dirigé l’opération entourant l’accueil de Kosovars en 1999 et géré le contrôle migratoire aux frontières à la suite des attentats du 11 septembre 2001 au sein du ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration, M. Dorais travaille depuis 2007 comme consultant auprès du gouvernement fédéral, de sociétés d’État et d’organismes relevant du Parlement, a expliqué le maire : « Le tarif de M. Dorais a toujours été le même depuis 2007 auprès de tous ses clients. »

Aux journalistes qui soulignaient que les villes de Toronto et de Calgary n’avaient pas jugé nécessaire de faire appel à un tel coordonnateur externe, le maire a rétorqué que la situation à Montréal était différente. « Calgary va peut-être recevoir 1200 personnes, nous, près de 9000, a-t-il dit. L’accueil des réfugiés au Québec, par rapport au reste du Canada, est totalement différent », a ajouté le maire en citant l’enjeu de la francisation.

« Il est important qu’on soit là au début pour faire partie de la prise de décision », a pour sa part commenté M. Dorais.

Ligne téléphonique

La Ville a d’ailleurs mis en place une ligne téléphonique d’aide pour les réfugiés (514 527-6951) afin de recevoir les appels des citoyens qui voudraient effectuer du bénévolat ou faire des dons. Ce service, accessible 7 jours par semaine de 8 h à 18 h jusqu’à la fin de 2016, sera géré par le Centre de référence du grand Montréal.

M. Coderre croit qu’à Montréal, l’enjeu du logement sera important. Il a fait savoir qu’avec l’Office municipal d’habitation (OMH) et la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM), la Ville s’affairait à créer un inventaire des logements abordables disponibles pour accueillir des réfugiés.


 
7 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 9 décembre 2015 06 h 23

    Pas convaincu!

    Pas fort l'argumentaire du maire Coderre pour défendre cette embauche externe. Vraiment pas fort du tout! Quant au salaire quotidien pour le job, passons!!

    M.L.

  • François Séguin - Abonné 9 décembre 2015 07 h 02

    M. Coderre et les chiffres

    Contrairement à ce qu'affirme M. Coderre pour justifier le contrat de 1800$ par jour à M. Dorais, Montréal n'accueillera pas "près de 9000 réfugiés". Il est plutôt estimé qu'au total Montréal, Laval et Longueuil en accueilleront 6 195.

    François Séguin
    Knowlton

  • François Dugal - Inscrit 9 décembre 2015 07 h 46

    La qualité avant tout

    La qualité au sein de la grande famille libérale à un prix, à tout prix.

  • Bernard Terreault - Abonné 9 décembre 2015 13 h 30

    Un homme au grand coeur

    Un bénévole comme ça, ça se paye!

  • Jacques Morissette - Inscrit 9 décembre 2015 15 h 33

    Il y a vraiment de quoi réfléchir.

    M. Coderre est tombé dans le piège du : ça me le prend à tout prix, ne serait-ce que pour un peu de prestige dans son salon. Quand on pense que ce monsieur compétent est engagé pour accueillir des réfugiés et les aider à traverser cette grande épreuve de leur vie, c'est honteux de le faire en payant un salaire pareil, avec l'argent public.