Les sacs de plastique pourraient être interdits dès 2018

La Commission sur l’eau, l’environnement et le développement durable conclut que la Ville devrait interdire l’utilisation des sacs légers d’une épaisseur inférieure à 50 microns.
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir La Commission sur l’eau, l’environnement et le développement durable conclut que la Ville devrait interdire l’utilisation des sacs légers d’une épaisseur inférieure à 50 microns.

À l’instar de plusieurs villes et pays dans le monde, Montréal devrait bannir certains types de sacs de plastique dans les commerces de détail de son territoire à compter de 2018, estime une commission de la Ville qui a rendu publiques des recommandations à cet effet mardi.

Le plus souvent, les sacs d’emplettes en plastique ne sont utilisés que quelques minutes avant d’être jetés aux poubelles. Sans compter les millions d’autres qui se retrouvent dans les océans pour créer des continents de plastique. Or, ces sacs mettent plusieurs centaines d’années à se dégrader.

Au terme de consultations publiques tenues au printemps dernier, la Commission sur l’eau, l’environnement et le développement durable présidée par la conseillère Elsie Lefebvre conclut que la Ville devrait interdire l’utilisation de certains des sacs couramment utilisés.

La commission cible les sacs légers d’une épaisseur inférieure à 50 microns, car ces sacs d’emplettes à usage unique sont volatils et représentent une nuisance environnementale. La commission est aussi d’avis que Montréal devrait interdire les sacs oxo-biodégradables parce que ceux-ci se fragmentent et ne sont pas biodégradables malgré leur nom.

Les élus jugent cependant que les sacs utilisés à des fins d’hygiène pour emballer la viande, le poisson, les fruits et les légumes en vrac, ainsi que certains autres types de sac, comme les housses de plastique des entreprises de nettoyage, devraient profiter d’une exemption. Ne sont pas visés non plus les sacs à ordure verts.

La commission suggère qu’un tel règlement soit adopté en avril 2016 pour une application le 22 avril 2018, soit au Jour de la Terre. Ce délai permettra aux détaillants d’écouler leurs stocks de sacs et de trouver des solutions alternatives, indique-t-on. La commission propose que la Ville réclame un bannissement des sacs de plastique à l’échelle du Québec.

Commerçants déçus

« On peut saluer certaines des recommandations, mais on est extrêmement déçus », a commenté Nathalie St-Pierre, du Conseil canadien du commerce de détail, qui croit qu’un tel bannissement incitera les consommateurs à acheter des sacs en épicerie.

De son côté, François Vincent, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, a rappelé que 54 % des membres de cette organisation étaient opposés au bannissement. « Les coûts associés au bannissement seront plus importants pour les petits commerces », a-t-il expliqué en disant douter des avantages écologiques d’un bannissement.

Elsie Lefebvre maintient le cap : « Un changement de comportement est nécessaire et essentiel si on veut avoir un effet sur l’environnement. En effet, il risque d’y avoir des cas où une personne risque d’avoir oublié son sac, mais on pense que, à terme, les citoyens vont se conscientiser. »

Limites soulevées

Le conseiller de Projet Montréal et membre de la commission Sylvain Ouellet a voté en faveur des recommandations, mais selon lui, le projet comporte plusieurs limites. Ainsi, le règlement sera en vigueur après la prochaine élection et son application sera limitée au territoire montréalais. « Ça aurait eu beaucoup plus d’impact au niveau de la Communauté métropolitaine de Montréal ou du Québec », a-t-il dit.

Le responsable du développement durable au comité exécutif, Réal Ménard, a dit accueillir les recommandations « positivement », mais l’administration les étudiera attentivement avant de prendre une décision.

3 commentaires
  • Michaël Jarvis - Abonné 9 décembre 2015 09 h 35

    Qui gagne par cette mesure?

    Ça fait des années que je voyage en Amérique du Sud. Chose étonnant est qu'en Uruguay - pays de 3,5 million d'habitants - tous les sacs plastiques utilisés dans les supermarchés ou vendus sur ses tablettes sont biodégradables. Comment se fait-il qu'ici nous ne sommes pas capables de faire en sorte que nos sacs plastiques soient biodégradables comme font ils?

  • Jean Richard - Abonné 9 décembre 2015 10 h 04

    Oui, les sacs Glad sont verts...

    Qu'il y ait abus dans la consommation de petits sacs d'épicerie, on en convient. Mais cette idée de vouloir les faire disparaître laisse planer un doute. Voyons un peu...

    Pour mieux discréditer le petit sac d'épicerie, on dit qu'il est à usage unique, qu'il s'envole au vent pour aller former des continents en plein centre des océans et quoi encore ! La réalité est autre : ces sacs peuvent servir plusieurs fois et terminer leur vie à la décharge municipale, remplaçant avantageusement le sac Glad, inutilement trop grand, très épais, et qui a demandé pour sa fabrication une quantité de pétrole beaucoup plus grande que le petit sac d'épicerie. Et puis, le sac à usage unique, c'est bien le sac Glad et non le petit sac d'épicerie.

    Le petit sac d'épicerie, contrairement à ce qu'on dit, peut servir plusieurs fois. Au marché par exemple, on appréciera généralement que vous réutilisiez vos sacs. Récemment, au marché Jean-Talon, un pomiculteur donnait une pomme de plus à qui lui épargnait un sac pour envelopper ce qu'il nous vendait.

    Si on respectait à la lettre le règlement municipal, on ne pourrait pas utiliser les petits sacs d'épicerie pour disposer de ses ordures ménagères. Il faut plutôt ACHETER à prix excessif des sacs inutilement trop grand (le format minimal requis met trois semaines à se remplir pour un célibataire).

    On vient d'en ajouter avec la cueillette des déchets compostables. Il faut encore une fois ACHETER à prix excessif les sacs réglementaires pour y mettre nos pelures d'oignons ou nos coquilles d'œuf.

    Les petites épiceries indépendantes pourraient être les plus affectées par ces interdictions faites sans discernement et sur un fond douteux. Ajoutons que ces petites épiceries n'ont pas les moyens de se doter de systèmes de surveillance et que celles où on doit laisser son sac à l'entrée si on est un homme pourraient perdre des clients, agacés par une telle politique.

    • Micheline Gagnon - Abonnée 10 décembre 2015 08 h 50

      J'habite une tour d'habitation avec chutes à déchets. J'utilise les sacs d'épicerie pour mes déchets. Si je comprends bien, je devrai acheter des sacs Glad à l'avenir??? Et puis, un sac qui a contenu de la nourriture réutilisé peut développer des micro-organismes néfastes pour la santé. Pour tous mes achats autres que pour la nourriture j'ai toujours un sac de nylon lavable à la machine dans mon sac à main. http://canadiensensante.gc.ca/eating-nutrition/hea