Outremont dit non à de nouveaux lieux de culte

Mayer Feig, un membre actif de la communauté hassidique, a déploré le fait que le règlement municipal «ne laisse aucune place à [sa] communauté».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Mayer Feig, un membre actif de la communauté hassidique, a déploré le fait que le règlement municipal «ne laisse aucune place à [sa] communauté».

Le conseil d’arrondissement d’Outremont a voté lundi soir en faveur d’un règlement visant à interdire les lieux de culte sur les artères commerciales que sont les avenues Laurier et Bernard.

La modification du règlement de zonage, proposée par Outremont après que des membres de la communauté juive ont demandé de mettre en place un centre communautaire pourvu d’un bain juif sur l’avenue Bernard, a été appuyée par quatre des cinq élues de l’arrondissement montréalais, au terme d’une soirée houleuse.

Seule la conseillère Mindy Pollak s’y est opposée, après qu’on a refusé d’appuyer sa proposition de réétudier la question.

Le vote de lundi ne marque pas la fermeture de l’épineux dossier pour autant. Un registre sera ouvert aux citoyens et, s’ils le signent pour signifier leur opposition à la nouvelle réglementation, un référendum sera organisé. « Ça pourrait prendre des mois », a reconnu la mairesse, Marie Cinq-Mars.

« Je pense qu’il va falloir s’asseoir avec les divers membres de la communauté, peut-être avec un médiateur, pour discuter des besoins réels des communautés », a aussi proposé la conseillère Jacqueline Gremaud, juste avant le vote.

Le règlement, qui vise à stimuler l’économie outremontaise et à encourager les déplacements à pied pour faire des courses, selon la mairesse, touche des questions sensibles dans l’arrondissement, qui compte 20 % de résidants d’appartenance juive. À preuve, non seulement la salle du conseil était-elle pleine à craquer, lundi soir, mais d’autres citoyens attendaient aussi à l’extérieur de l’hôtel de ville dans l’espoir d’assister à la séance.

Au micro, les résidants se sont succédé pour exprimer leur opposition ou leur appui au règlement, parfois en déclenchant des réactions de la foule, malgré les efforts de la mairesse pour contenir celle-ci.

« Je voudrais vivre dans une société où tout le monde est traité de manière égale. Dans une société laïque », a affirmé Ginette Chartré, à l’origine d’une pétition que 900 personnes ont signée afin d’exprimer leur soutien au nouveau règlement.

« L’égalité, à ma connaissance, ça ne veut pas dire qu’on traite toutes les personnes de la même façon. Ça veut dire que tout le monde a les mêmes droits », a répondu, du tac au tac, Mindy Pollak, elle-même issue de la communauté hassidique.

« Ce règlement ne laisse aucune place à notre communauté », a plus tard dénoncé Mayer Feig. « Pourquoi êtes-vous si convaincue que ce projet de loi aidera le commerce ? », a-t-il demandé à la mairesse. « Si vous ne croyez pas que je fais ça pour les commerçants, vous irez en référendum », a répliqué la mairesse Marie Cinq-Mars.

3 commentaires
  • Lise Bélanger - Abonnée 8 décembre 2015 08 h 45

    Bravo aux citoyens d'Outremont qui continuent à se battre pour qu'une société égalitaire et démocratique continue d'exister à Outremont.

    Pourquoi cette communauté hassidique refuse-t-elle de vivre en harmonie avec les lois démocratiques. Le Canada n'est pas un pays à caractère religieux commel'état d'Israël. Ici, chacun est égal et les lois sont faites pour tous, par pour accorder des privilèges indus qui vont à l'encontre du bien commun, à une secte religieuse envahissante et peu respectueuse de ceux qui ne font pas partie de leur secte.

    Je souhaite bon courage à la maîresse, car c'est le laissez aller qui conduit ces sectes à toujours en demander plus et à contraindre l'évolution normale d'une société pour tous.

    Outremont ne doit pas devenir une municipalité où une religion impose ses impératifs à la société entière. La paix et le respect de l'autre sont à ce prix.

    • Bernard Terreault - Abonné 8 décembre 2015 10 h 16

      Non c'est plutôt une cassure dans le front commun libéral, l'alliance opportuniste entre le milieu des affaires qui prône le commerce à gogo et les groupes ethno-culturels qui craignent le séparatisme.

  • Johanne St-Amour - Abonnée 8 décembre 2015 10 h 13

    L'égalité, ce n'est pas traiter toutes les personnes de la même façon?

    « L’égalité, à ma connaissance, ça ne veut pas dire qu’on traite toutes les personnes de la même façon. Ça veut dire que tout le monde a les mêmes droits », a répondu, du tac au tac, Mindy Pollak, elle-même issue de la communauté hassidique.»

    Ah! Bon!

    Mais Mindy Pollak, n'est-elle pas cette conseillère qui refusait de serrer la main des hommes qui ne sont pas de sa famille lors des élections municipales?