Des syndiqués municipaux manifestent devant la résidence de la présidente de l’UMQ

Des employés municipaux manifestaient aujourd'hui contre la réforme des régimes de retraite.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des employés municipaux manifestaient aujourd'hui contre la réforme des régimes de retraite.

Des employés municipaux, parmi lesquels des cols bleus, ont manifesté à Montréal lundi avant de se rassembler devant la résidence de la présidente de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy, à Sainte-Julie. Outrée, celle-ci a accusé les syndiqués de faire de l’intimidation.

« C’est tellement inacceptable ! Ma fille ne peut même pas rentrer à la maison. Et les enfants du voisinage devaient être accompagnés de policiers pour pouvoir entrer à la maison », a relaté Mme Roy, furieuse lorsque Le Devoir s’est entretenu avec elle lundi en fin d’après-midi. Elle se trouvait encore à l’hôtel de ville de Sainte-Julie.

Mme Roy a soutenu que quelque 200 employés se sont présentés devant chez elle en milieu d’après-midi et ont investi son terrain avant d’être repoussés par des policiers. Selon elle, il s’agissait principalement de cols bleus de Montréal. « On m’a dit qu’il y en avait qui avaient même tenté de rentrer par l’arrière, a-t-elle relaté. C’est de l’intimidation pure et simple. Quand on est rendus sur les terrains privés des gens, qu’on intimide des familles, on ne doit pas accepter ça dans une société comme la nôtre. Ce n’est pas de la manifestation, c’est de l’agression. »

Contre le pacte fiscal

Plus tôt dans la journée, des syndiqués municipaux du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) avaient manifesté devant les bureaux de l’UMQ, rue Sherbrooke, pour dénoncer le pacte fiscal qui permettra aux municipalités de décréter les conditions de travail de leurs employés.

Ces événements surviennent alors que les relations de travail à la Ville de Montréal sont tendues. Les cols blancs ont déjà annoncé qu’ils tiendraient une demi-journée de grève mercredi après-midi afin de protester contre la sous-traitance à la Ville.

Assemblée annulée ?

De leur côté, les cols bleus comptaient tenir une assemblée générale mardi matin au Palais des congrès, mais la Commission des relations du travail (CRT) leur a ordonné de rentrer au travail.

Rappelons que la Ville avait demandé l’intervention de la CRT après avoir appris que les cols bleus étaient invités par leur syndicat à une assemblée générale à 8 h mardi. « Arrêtons le saccage de nos droits », stipulait l’avis qui aurait été envoyé aux syndiqués.

Les représentants syndicaux ne se sont pas présentés à l’audience lundi devant le commissaire de la CRT Pierre Cloutier.

En fin d’après-midi, le commissaire a rendu sa décision. Il a indiqué détenir suffisamment d’éléments pour conclure que les cols bleus ne se présenteraient pas au travail mardi matin. « Étant donné que la convention collective expire le 31 décembre 2017, il s’agit de toute évidence d’une grève illégale qui privera la population des services auxquels elle a droit », a-t-il indiqué. La CRT a donc ordonné aux cols bleus de fournir leur prestation de travail normale mardi matin et au syndicat et à ses officiers d’aviser les membres de la décision rendue.

Le Syndicat des cols bleus n’a pas rappelé Le Devoir.

3 commentaires
  • René Racine - Abonné 7 décembre 2015 20 h 14

    Dieu, au dessus des lois et des ordonnances

    Un syndicat qui se prend pour "Dieu", "ce qui est premier", vit dans un monde qu'il a créé, imaginé et pensé pour lui avec ses règles, ses lois et sa convention collective.

    Puisqu'il est le Créateur du tout, du ciel et de la terre, du visible et de l'invisible, du temps et de l'espace, cet être divin peut tout se permettre ou presque tout, bien au- delà des ordonnances. Si ça ne fait pas l'affaire, on peut se reprendre à tout moment pour conserver son avantage.

    Si un commissaire ou quelqu'un pense le faire fléchir, vous vous trompez grossièrement. Quand pour résultat de jouer au plus fort c'est toujours le même qui gagne, le syndicat des cols bleus. S'il perd une manche, ce n'est que partie remise. Il ne perd jamais la guerre.

    Le capitaine du navire, maitre à bord après Dieu et se prenant pour Dieu, est connu par les membres, c'est le syndicat des cols bleus.

    • Emmanuel Lyng-Sabatier - Inscrit 7 décembre 2015 22 h 39

      Interdire le droit de grève c'est digne d'une dictature. Imposer un service minimal est digne d'une démocratie. Malheureusement une monarchie ne sera jamais une démocratie...

  • André Chevalier - Abonné 8 décembre 2015 05 h 54

    Un comportement abject!

    Je rêve au jour où des citoyens s'organiseront pour rendre la pareille aux dirigeants de ces syndicats en allant investir la rue devant leur domicile.