L’Hôpital pour enfants pourrait devenir un stade de baseball

Luc Poirier est cet homme d’affaire qui, en 2007, avait acheté pour 6 millions un terrain sur l’île Charron afin d’y construire des condos.
Photo: Annik MH De Carufel Archives Le Devoir Luc Poirier est cet homme d’affaire qui, en 2007, avait acheté pour 6 millions un terrain sur l’île Charron afin d’y construire des condos.

Vendu au promoteur Luc Poirier, l’Hôpital de Montréal pour enfants pourrait être transformé en immeuble à vocation résidentielle et commerciale. Mais le site pourrait aussi accueillir un… stade de baseball, soutient le nouveau propriétaire.

Luc Poirier est cet homme d’affaires qui, en 2007, avait acheté pour 6 millions un terrain sur l’île Charron afin d’y construire des appartements en copropriété. Québec, qui souhaitait annexer ce terrain au parc national des Îles-de-Boucherville, avait dû racheter le terrain 15 millions quelques années plus tard.

L’homme d’affaires a réalisé plusieurs projets immobiliers, dont le Griffix dans Griffintown. En 2013, il avait même proposé la construction d’un tunnel entre la Rive-Sud et Montréal. Luc Poirier avait aussi fait parler de lui pour sa participation à l’émission Occupation double en 2008.

Prix secret

C’est son entreprise, Les Placements Luc Poirier, qui a remporté l’appel d’offres lancé en mai dernier par le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) pour l’achat de l’hôpital de la rue Tupper. Rappelons que l’hôpital construit en 1954 est vide depuis que ses activités ont été transférées au site Glenn.

Le CUSM, qui versera le fruit de la vente au mégahôpital, a refusé de dévoiler le prix obtenu pour la propriété qui s’étend sur 14 000 mètres carrés. De son côté, la Ville de Montréal estime sa valeur foncière à 47,9 millions. En entrevue, Luc Poirier se contente de parler d’une transaction de « quelques dizaines de millions », transaction qui devrait être officialisée au printemps.

Le promoteur n’a pas encore pris de décision quant à la transformation de l’ancien hôpital, mais il croit qu’une partie des bâtiments devra être démolie. « On n’est pas rendus là, mais on pourrait en garder une partie. Mais l’ensemble, non », dit-il. Le zonage autorise des immeubles de 80 mètres, soit environ 25 étages.

« C’est sûr que ce ne sera pas uniquement du condo. C’est un grand site qui a un potentiel constructible de 1,36 million de pieds carrés [126 000 mètres carrés]. La nouvelle façon de développer de grands sites comme ça, c’est avec un usage mixte », explique-t-il.

Ainsi, le rez-de-chaussée pourrait comporter des commerces, alors que les étages supérieurs pourraient abriter des espaces de bureaux, des appartements en copropriété, des unités locatives et même une résidence pour personnes âgées. Le promoteur se dit aussi ouvert à l’idée d’accueillir une bibliothèque de la Ville de Montréal, des locaux à vocation communautaire et des logements sociaux.

Un stade ?

Au cours des prochains mois, Luc Poirier compte rencontrer les autorités municipales et des groupes communautaires, mais aussi d’éventuels partenaires d’affaires : « Je ne pense pas qu’avant un an, on sache où on s’en va réellement. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’on a un site avec beaucoup d’espace. Donc, on peut faire quelque chose de flyé, de très créatif. »

Luc Poirier évoque même la possibilité de construire un stade de baseball. Une étude réalisée en 2013 par la firme Ernst Young avait d’ailleurs considéré l’Hôpital de Montréal pour enfants comme un site possible pour un futur stade. « C’est une hypothèse parmi d’autres, mais ça pourrait [être un stade], indique Luc Poirier. Toutes les étoiles sont enlignées. Premièrement, c’est le seul site à Montréal où c’est réellement possible de faire un stade. Il est au centre-ville et à côté du métro. Et, deuxièmement, le maire Denis Coderre est un fan de baseball et je pense qu’il va continuer à travailler pour avoir un stade et une équipe. »

La vente de l’hôpital a suscité une certaine inquiétude chez les groupes communautaires. « Je ne pense pas que le retour des Expos réponde aux besoins de la communauté », note Stéphane Febbrari Vermette, coordonnateur de la Table inter-action du quartier Peter-McGill.

Environ 42 % des 35 000 résidants du secteur vivent sous le seuil de faible revenu et on observe un manque flagrant de logements sociaux, d’espaces verts et de terrains sportifs dans le quartier, dit-il.

« Ce site-là était vu comme une occasion de redéveloppement qui ne se représentera pas pour les cent prochaines années, ajoute-t-il. On souhaite encore de ne pas manquer le bateau, mais les inquiétudes sont grandes. Ça fait un an que la communauté est mobilisée autour du redéveloppement de l’Hôpital de Montréal pour enfants. On était inquiets de voir qu’avec cette vente, le gouvernement voulait maximiser les profits. Mais on constate une ouverture au dialogue de la part du promoteur et on est heureux de ça. »

En octobre 2014, le maire Denis Coderre avait demandé en vain que le gouvernement retarde d’un an la vente de l’hôpital afin de donner plus de temps pour la réalisation de projets de conversion à caractère social et communautaire.

2 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 30 novembre 2015 17 h 46

    Toujourrs la transparence

    Prix obtenu par l'appel d'offres public? shshshshhshhhhhh!
    Hôpital construit en 1954. On peut quand même dire que c'est plurôt très très récent pour une institution. Bah! On a de l'argent.À fond la caisse. Rien de trop beau pour le CUSM

  • Francine La Grenade - Inscrite 30 novembre 2015 23 h 48

    Le CUSM refuse de dévoiler le prix de vente...?

    Le CUSM n'est-il pas un organisme para-public? Pourquoi ce refus...?