Les plantes au secours des terrains contaminés de l’est de Montréal

La phytoremédiation consiste à planter des végétaux sur un terrain contaminé et à miser sur l’action des micro-organismes et sur la capacité des plantes d’absorber les contaminants du sol.
Photo: iStock La phytoremédiation consiste à planter des végétaux sur un terrain contaminé et à miser sur l’action des micro-organismes et sur la capacité des plantes d’absorber les contaminants du sol.

Montréal mise sur les plantes pour décontaminer des terrains de l’est de l’île. En vertu d’une entente conclue avec l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) de l’Université de Montréal, quatre terrains de Rivière-des-Prairies–Pointe–aux-Trembles serviront de laboratoire pour tester la phytoremédiation.

La Ville de Montréal a accordé un financement de 780 000 $ à l’IRBV pour mener à bien le projet sur quatre hectares de terrains municipaux pendant quatre ans.

La phytoremédiation consiste à planter des végétaux sur un terrain contaminé et à miser sur l’action des micro-organismes et sur la capacité des plantes d’absorber les contaminants du sol. Celles-ci fixeront les contaminants dans leurs tissus ou les métaboliseront.

Cette technique peut représenter une solution avantageuse en comparaison avec le procédé habituel selon lequel on excave un terrain afin de transporter le sol contaminé vers un autre site. En plus d’être très coûteuse, cette méthode ne règle pas le problème. Lorsqu’il s’agit de terrains de grande dimension, on se contentera de clôturer le site et de le laisser à l’abandon.

La chimie verte

À petite échelle, la phytoremédiation a été mise à l’essai sur plusieurs sites du territoire montréalais au cours de la dernière décennie, notamment dans le Sud-Ouest et dans Hochelaga-Maisonneuve. Mais avec le projet de ses quatre terrains municipaux, Montréal vise une solution à plus long terme pour la réhabilitation de terrains sur son territoire.

L’île de Montréal compterait plus de 600 sites contaminés, selon une étude de la firme Ventix citée par le journal Les Affaires en 2013.

Le maire, Denis Coderre, voit dans ce projet vert un outil de développement économique puisque, à l’heure actuelle, de nombreux terrains sont condamnés en raison de leur contamination.

Directeur par intérim de l’IRBV, Michel Labrecque soutient que dans certains cas, la décontamination complète d’un site à l’aide de végétaux est possible, selon la nature des polluants. Mais encore faut-il être patient, car l’opération peut prendre 10 ans, 15 ans ou même davantage dans certains cas.

« On travaille beaucoup avec les saules, parce que ce sont des plantes qui s’implantent facilement, mais on utilise aussi des graminées ou d’autres plantes comme des luzernes », a-t-il indiqué.

La Ville entrevoit de nouvelles opportunités économiques avec ce projet. « Nous pourrons utiliser les parties non contaminées des plantes pour produire du compost et utiliser les parties contaminées chargées d’hydrocarbures et de métaux lourds pour produire du biocarburant », a expliqué Réal Ménard, responsable du développement durable au comité exécutif.

La Ville a aussi annoncé vendredi la conclusion d’un partenariat avec Polytechnique Montréal pour la création d’une Chaire de recherche sur la valorisation des matières résiduelles.