Des taxis électriques avant la mort d’Uber

L’homme d’affaires Alexandre Taillefer (à droite sur notre photo) a lancé, mercredi, son nouveau service de taxis électriques, Téo Taxi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’homme d’affaires Alexandre Taillefer (à droite sur notre photo) a lancé, mercredi, son nouveau service de taxis électriques, Téo Taxi.
L’arrivée d’Uber a eu l’effet d’un électrochoc pour l’industrie du taxi. Le déploiement de la flotte de taxis électriques d’Alexandre Taillefer pourrait donner une nouvelle impulsion à l’industrie. Lors du lancement de son nouveau service mercredi, l’homme d’affaires a même prédit la fin d’Uber d’ici cinq ans.  


À compter du 26 novembre, les cinquante premières voitures électriques de l’entreprise Téo Taxi rouleront dans les rues de Montréal pour une période de rodage de trois mois auprès d’un groupe restreint de 500 clients, a annoncé l’ex-Dragon, mercredi, trois mois après s’être porté acquéreur de Taxi Hochelaga.

« Les autres compagnies de taxi se rendent compte qu’elles ont erré pendant de nombreuses années et qu’Uber a servi de mal nécessaire. En anglais on dit a “necessary evil. Moi, je vous prédis la fin d’Uber. Donnez-moi cinq ans. […] En tout cas, je vous prédis la fin de Uber à Montréal », a-t-il dit lors d’une allocution prononcée devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Des petits chocolats

En mars prochain, le service sera offert à l’ensemble des Montréalais, et d’ici mai 2019, Téo Taxi, une division de Taxelco, devrait compter une flotte de 2000 voitures composée de Kia Soul, de Nissan Leaf et de Tesla. L’entreprise offrira aussi un service haut de gamme corporatif baptisé Téo Noir.

À terme, 350 bornes de recharge rapide seront réparties sur le territoire du grand Montréal dans six centres appartenant à l’entreprise.

Les passagers de Téo Taxi pourront commander leur course via une application mobile, bénéficier du Wi-Fi dans les voitures, d’une prise de recharge pour leur appareil mobile et d’une tablette proposant du contenu de divertissement et d’information en continu en vertu d’une entente avec Vidéotron. « On va même offrir des petits chocolats et des bouteilles d’eau. Nos chauffeurs vont être habillés avec l’habit Téo. On espère que les Montréalais vont adopter ce service-là. Un service qui a été développé ici, par des Québécois, et qui, on l’espère, va pouvoir conquérir le monde », a commenté M. Taillefer.

Des chauffeurs mieux payés

Mais selon Alexandre Taillefer, la révolution du taxi ne passe pas seulement par l’électrification et la technologie, mais aussi par de meilleures conditions pour les chauffeurs.

Ceux de Téo Taxi auront droit à un salaire « décent », a promis l’homme d’affaires. « Les chauffeurs travaillent entre 80 et 90 heures par semaine pour faire à peu près 7 à 8 dollars l’heure. C’est impensable de continuer à opérer un système de transport aussi important pour une ville dans des conditions économiques aussi précaires, a expliqué M. Taillefer. Nous garantissons à nos chauffeurs un salaire de 15 $ l’heure. » À ce salaire s’ajouteront des avantages sociaux, des vacances et de la formation continue, a-t-il précisé.

À terme, Alexandre Taillefer vise même la parité hommes-femmes parmi les chauffeurs. « On pense que c’est un métier d’avenir pour elles », dit-il.

Téo Taxi souhaite appliquer une certaine flexibilité dans sa tarification, mais Alexandre Taillefer assure que l’entreprise respectera le plafond imposé à l’industrie du taxi par la Commission des transports du Québec. Ainsi, les tarifs ne fluctueront pas en fonction de la demande comme ce fut le cas pour ceux d’UberX dans plusieurs villes canadiennes au cours de la dernière année. « Si demain matin, il y a un enjeu à Montréal, il n’est pas question qu’on charge trois ou quatre fois plus cher que le tarif normal pour déplacer les Montréalais », a assuré Alexandre Taillefer.

Le déploiement du service Téo Taxi nécessitera des investissements de 250 millions, a indiqué M. Taillefer, et Taxelco a déjà reçu un coup de pouce financier de la Caisse de dépôt et placement du Québec et d’Investissement Québec pour mener à bien son projet.

 

Avec Karl Rettino-Parazelli

2 commentaires
  • Normand Renaud - Inscrit 19 novembre 2015 09 h 38

    Vivement

    Super qu'une telle innovation démarre chez nous. L'électrification des transpirts encommun est commencé pour de bon.
    Restera à faire évoluer la durabilité des batteries.

  • André Ouellet - Abonné 19 novembre 2015 09 h 48

    Taxis électriques

    Excellente nouvelles.