Une bretelle d’autoroute bordera la place publique

Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Luc Ferrandez, pense que la Ville devrait opter pour un projet moins coûteux, de 10 millions environ, et réserver le reste de la somme à un projet plus « structurant ».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Luc Ferrandez, pense que la Ville devrait opter pour un projet moins coûteux, de 10 millions environ, et réserver le reste de la somme à un projet plus « structurant ».

Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Luc Ferrandez, estime qu’il est insensé pour la Ville de Montréal de dépenser 100 millions de dollars en fonds publics pour recouvrir l’autoroute Ville-Marie et aménager une place publique si la bretelle autoroutière reste en place. M. Ferrandez estime que l’administration Coderre devrait songer à un projet plus modeste et dépenser l’argent ailleurs.

On apprenait mercredi que la construction d’une passerelle piétonne était envisagée entre la station de métro Champ-de-Mars et l’hôtel de ville afin d’enjamber une bretelle de l’autoroute 720. Il n’avait jamais été question d’une telle passerelle auparavant.

Annoncé par l’administration Coderre en février 2014, le projet de recouvrement de l’autoroute Ville-Marie vise à retisser un lien entre le centre-ville et le Vieux-Montréal avec la création d’une place publique autour de la station de métro Champ-de-Mars. Financé par Québec, cet ambitieux projet constitue un des legs du 375e anniversaire de Montréal.

Pourtant, lors de la séance du conseil municipal du 17 août dernier, Luc Ferrandez avait questionné le responsable du dossier à la Ville, Richard Bergeron, au sujet des intentions du ministère des Transports du Québec (MTQ) concernant la bretelle autoroutière. M. Bergeron avait alors répondu que des discussions étaient en cours avec le MTQ. « La position de la Ville, c’est qu’il faut absolument que la bretelle soit fermée. Sans cela, l’intérêt d’aménager une place publique entourée d’une bretelle autoroutière n’a guère de sens », avait-il déclaré.

Or, il semble qu’il y ait eu imbroglio puisque dans les faits, deux bretelles bordent ce site. L’une mène à la rue Sanguinet vers le nord et l’autre permet de rejoindre la rue Saint-Antoine.

Richard Bergeron a affirmé mercredi que la Ville savait depuis un an que la bretelle Saint-Antoine serait maintenue et que la Ville réfléchissait à un moyen pour relier la nouvelle place publique au Vieux-Montréal.

La Ville envisage donc la construction d’une passerelle, mais elle n’écarte pas la possibilité que le tunnel actuel du Champ-de-Mars soit utilisé. Elle espère toutefois que le MTQ fermera l’autre bretelle, celle de la rue Sanguinet.

Projet plus modeste

Luc Ferrandez s’est dit déçu de la tournure des événements. Dépenser 100 millions pour une place publique bordée par une bretelle d’autoroute est inconcevable, selon lui. « Lorsque tu fais face à un écueil aussi important que celui-là, tu dois te remettre en question. Tu dois te demander si tu as encore le droit moral de dépenser 100 millions à cet endroit », a-t-il commenté. Selon lui, la Ville devrait opter pour un projet moins coûteux, de 10 millions environ, et réserver le reste de la somme à un projet plus « structurant » : « Je n’en peux plus de voir la machine à millions de dollars consacrés à des projets cul-de-sac. »

Vue aérienne de la zone qui sera transformée en place publique et de la bretelle (en jaune, à droite) qui ne sera pas recouverte


Source: Ville de Montréal

2 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 29 octobre 2015 04 h 19

    Quel folie que ces autoroutes toutes les villes maintenant s'en departissen

    A l'époque nous n'étions pas conscient qu'une autoroute était une rupture non seulement visuelle mais physique d'un territoire, quelques années plus tard nous avons décidés d'y construire le Chum, ne me demander pas pourquoi, la ville de Montreal était deja coupé en deux et on voulu y construire un hopital important sur la brèche, vous imaginez les difficultés au niveau du transport, du stationnement, de l'accessibilité, des services de proximité, ect. apres toutes ces décisions, la préocupation est maintenant de désenclaver cette hopital un projet de plusieurs milliards de dollars, et il faut absolument enfuir sous terre cette fameuse autoroute, sinon c'est tout le projet qui sera handicapé pour toujours. je pourrais vous parlez de l'hotel viger qui fut abandonné pour les memes raisons mais ce sera pour une autre fois .

  • Anne Wittevrongel - Abonnée 29 octobre 2015 07 h 08

    Un gadget ne résout pas le problème

    C'est d'urbanité dont les montréalais ont besoin dans ce quartier et non d'un gadget couteux.
    Il y a pourtant moyen de déplacer la bretelle à l'ouest et qui aboutirait sur Hotel de Ville, laissant le champs libre à un aménagemnt public digne de ce nom et faire de Sanguinet un axe naturel, civilisé entre la cité et la métropole.
    La règle de base d'un projet urbain est sa clarté et son apparente simplicité.

    Peter Feld