Les chauffeurs de taxi devront ouvrir la portière pour leurs passagers

Le chauffeur devra aussi descendre de son taxi et ouvrir la portière pour faire monter ses clients et faire de même lors de l'arrivée à destination.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chauffeur devra aussi descendre de son taxi et ouvrir la portière pour faire monter ses clients et faire de même lors de l'arrivée à destination.

À compter du 1er janvier, les chauffeurs de taxi devront non seulement respecter un code vestimentaire strict, mais ils devront aussi sortir de leur véhicule pour ouvrir la portière afin de faire monter leurs passagers.

Le conseil municipal de Montréal a approuvé mardi, dans une proportion de 42 voix contre 19, les modifications au règlement sur le transport par taxi, qui prévoit une série de nouvelles mesures pour encadrer l’industrie.

Dès l’an prochain, le pantalon noir, la chemise ou le chandail blanc de type polo avec des manches, de même que les chaussures fermées et les chaussettes seront de rigueur pour tous les chauffeurs de taxi. Le chauffeur devra aussi descendre de son taxi et ouvrir la portière pour faire monter ses clients et faire de même lors de l’arrivée à destination. Précisons que cette mesure s’applique aux demandes faites par téléphone ou par l’entremise d’une application mobile.

En vertu du nouveau règlement, tous les véhicules devront être dotés de caméras et l’âge des voitures ne pourra dépasser huit ans. Les chauffeurs auront un an pour se conformer à ces deux dispositions. Précisons que le paiement des courses par carte de crédit ou de débit est obligatoire depuis le 15 octobre.

Réglementer la courtoisie

Les élus de l’opposition ont dénoncé les nouvelles restrictions vestimentaires. Imposer une façon de s’habiller, « c’est paternaliste », a lancé le conseiller de Projet Montréal, Craig Sauvé, qui a conformé la tenue exigée à un uniforme de serveur de club de golf.

Son collègue Guillaume Lavoie a critiqué l’attitude de l’administration Coderre, qui protège un monopole n’ayant pas su mettre le client au centre de ses préoccupations : « Si le maire insiste pour subventionner des monopoles, il devrait subventionner la STM. »

« Doit-on réglementer la propreté et la courtoisie ? s’est demandé la conseillère Justine McIntyre. La meilleure façon d’encourager un meilleur service et la courtoisie, c’est d’introduire une saine concurrence. » L’élue s’est toutefois montrée favorable aux exigences liées aux cartes de crédit, au rajeunissement de la flotte et à l’électrification éventuelle des voitures taxis.

La Ville ne pouvait rester les bras croisés devant les problèmes de l’industrie du taxi, qui fait face à une rude concurrence avec l’arrivée d’Uber, a répliqué le maire Denis Coderre : « L’industrie du taxi est à la croisée des chemins. On avait besoin d’intervenir,a-t-il dit. On sait qu’il y a un problème. Mais le taxi fait partie du cocktail de transport. Il fait aussi partie de la signature de Montréal. Comme c’est réglementé, il fallait prendre nos responsabilités. »

6 commentaires
  • Marc Drouin - Abonné 27 octobre 2015 17 h 15

    La gestion des désespérés.

    Au lieux de regarder en avant et voir ce qui fait la popularité de "Uber" on retourne en arrière à grand coup de sparages. Désolant!
    Des véhicules électriques, des cartes fidélités avec courses gratuites après une certain nombres, des étinéraires économiques sur certaine destinations clé telle que les aéroports, gares, et terminus, des tarifs réduits à certaines heures moins achalandés etc., des cartes prépayé et j'en passe. Pas assez intelligent pour concurencer les nouveaux joueurs sur leurs propres terrains.
    On naît "Ti'clin" et on meurent "Ti'clin".

    • Keven Mercier - Inscrit 28 octobre 2015 07 h 47

      Je serais un utilisateur de vos taxis avec de tels avantages!

  • Stéphanie Deguise - Inscrite 27 octobre 2015 17 h 51

    Vraiment?

    Je recours souvent aux services des chauffeurs de taxi de Montréal. Je ne vois pas du tout en quoi la tenue qui leur sera maintenant imposée agrémentera mes trajets, et je suis très mal à l'aise à l'idée que ceux-ci devront sortir pour m'ouvrir la portière. Je n'ai pas besoin de ça! Quand je suis vraiment chargée de paquets, les chauffeurs n'hésitent jamais à me venir en aide. Imaginez: heure de pointe, angle Sherbrooke/Parc, un chauffeur obligé de sortir dans le trafic! C'est absurde et pas pratique pour personne.

  • Maryse Veilleux - Abonnée 28 octobre 2015 06 h 54

    Franchement!

    Vraiment imbécile comme réglementation, évident que la personne qui a émis cette idée en est à cours et ne s'informe pas des réels besoins sur le terrain.

  • Yvon Bureau - Abonné 28 octobre 2015 07 h 59

    Au Japon

    Lors d'un congrès à Kyoto, il près de 20 ans, les chauffeurs de taxis ouvraient les portes, plaçaient délicatement mes bagages, portaient de beaux gants blancs propres, avaient des autos propres+++ et sobrement bien décorés, ET n'acceptaient aucun pourboire. Leur plaisir était de bien vous servir. Leur fierté était d'appartenir à une Compagnie.

    Voilà !

  • Jean Richard - Abonné 28 octobre 2015 08 h 39

    Années 50, conformisme et sécurité

    Décidément, si l'image de Montréal passe par celle de gestes et d'une tenue dignes des années 50, on risque d'avoir un problème... d'image. Voulons-nous présenter au monde une métropole conservatrice, conformiste, envasée dans une autre époque, incapable de se faire le miroir des valeurs modernes de la société ?

    La forte majorité des usagers des taxis n'ont pas besoin qu'on leur ouvre la porte. Et les chauffeurs ont encore assez de jugement pour savoir quand le faire. Il y a encore de la place pour la courtoisie spontanée, et les gens nous le prouvent au quotidien. Mais la courtoisie obligatoire, la fausse courtoisie, n'est que la consécration d'un état de servitude, d'une hiérarchie sociale.

    Enfin, cette obligation aux chauffeurs de quitter leur poste de conduite pour aller ouvrir la portière aux usagers cause un problème de sécurité. Les chauffeurs de taxi stationnent souvent sur les voies cyclables pour faire monter ou descendre leurs clients. Or, en plus de devoir contourner ces voitures, les cyclistes devront maintenant composer avec un risque accru d'emportiérage, ces portes qui s'ouvrent dans la face d'un cycliste et qui ont causé des morts et des blessures sérieuses.