Un cadeau pour le 375e anniversaire, avec un an de retard

La Société du parc a annoncé un vaste projet de réaménagement du parc Jean-Drapeau, dont un amphithéâtre de 65 000 places.
Photo: Philippe Rousseau La Société du parc a annoncé un vaste projet de réaménagement du parc Jean-Drapeau, dont un amphithéâtre de 65 000 places.

La Société du parc Jean-Drapeau consacrera 2 millions de dollars pour trouver une solution au problème de bruit que pose la tenue de gros spectacles sur l’île Sainte-Hélène aux habitants de Saint-Lambert. Mais elle est encore loin du but.

La Société du parc a annoncé vendredi un vaste projet de réaménagement du parc Jean-Drapeau, dont un amphithéâtre de 65 000 places et une promenade riveraine exploitant la vue sur le fleuve, au coût total de 70,4 millions, partagés entre le gouvernement du Québec, qui y investit 35 millions, et la Ville de Montréal, qui y contribue à hauteur de 35,4 millions. Le projet, qui se veut un legs pour le 375e anniversaire de Montréal, ne sera pas prêt pour cet anniversaire, car il ne sera pas terminé avant 2018. La programmation du parc Jean-Drapeau se tiendra comme prévu en 2016, mais plusieurs portions du site seront fermées durant l’année 2017, qui marque non seulement le 375e anniversaire de Montréal, mais aussi le 50e anniversaire de l’Expo 1967.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a reconnu vendredi qu’il était déçu que le chantier ne soit pas terminé à temps pour 2017, mais a dit tenir à ce que ce projet se fasse, et se fasse dans les normes. Il a affirmé que les travaux avaient été retardés par le scandale qui a mené à la démission de l’ancien directeur général de la Société du parc Jean-Drapeau, Daniel Blier. M. Blier a quitté son poste après avoir été blâmé parl’inspecteur général au sujet de nombreuses irrégularités touchant précisément le projet du 375e anniversaire.

Le projet annoncé est sensiblement le même que ce qui avait été entrepris sous l’ancienne administration.

Deux millions de cette somme seront consacrés à la recherche d’une solution pour limiter les problèmes de bruit dont se plaignent particulièrement les résidants de Saint-Lambert, sur la Rive-Sud.

Selon Charles Fournier, responsable des infrastructures au parc Jean-Drapeau, tous les tests faits à ce jour suscitaient des plaintes. La Société ne veut pas se résoudre non plus à ériger un mur coupe-son qui priverait les spectateurs assis dans l’amphithéâtre de la vue sur le fleuve.

L’amphithéâtre sera d’ailleurs à ciel ouvert, bien que la Ville de Montréal ait annoncé vendredi son intention de l’utiliser durant les quatre saisons. Empruntant le concept développé par Montréal en lumière, qui invite les citoyens à profiter de la ville en hiver, le maire Coderre a dit qu’on s’y réchaufferait avec du chocolat et du vin chauds. Le vaste projet comptera par ailleurs un chalet et un restaurant.

Le seul aménagement du terrain pour accueillir l’amphithéâtre devrait entraîner des frais de 30 millions de dollars. Le parc veut aussi élargir l’allée qui relie la sculpture L’Homme, d’Alexander Calder, la Biosphère et le pont du Cosmos, qui mène à l’île Notre-Dame.

De son côté, la Société de transport de Montréal a annoncé qu’elle allait réaménager l’édicule de la station de métro Jean-Drapeau pour permettre une plus grande circulation des usagers. « En ce moment, ça nous prend deux heures pour vider le site », explique M. Fournier.

De son côté, l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville de Montréal a mis en question les intérêts du maire dans ce dossier, compte tenu du fait que les travaux profiteront surtout aux promoteurs d’événements payants. Les membres de Projet Montréal ont aussi déploré l’impact de ce projet et de la coupe d’arbres sur les milieux humides de l’île Sainte-Hélène.

1 commentaire
  • Mike Muchnik - Abonné 24 octobre 2015 09 h 46

    Remplir l'Île Sainte-Hélène de béton ?

    Un amphithéâtre naturel pourrait être très inréressant, soit. Mais abattre plusieurs dizaines d'arbres pour faire une très large allée en pierre de 650 mètres de long dans un beau parc ? Cela n'a aucun sens : c'est beau la nostalgie de 1967 mais nous vivons actuellement dans un contexte où nous voulons diminuer le plus possible les îlots de chaleur et augmenter dans la mesure du possible la couverture végétale pour ne pas mourir étouffés et surchauffés. Le projet semble une idée dépassée qui diminuerait notre qualité de vie.