Coderre entrevoit la fin des embûches

Le maire de Montréal, Denis Coderre (à droite), était accompagné du maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le maire de Montréal, Denis Coderre (à droite), était accompagné du maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre.

Ravi de l’arrivée d’un gouvernement libéral à Ottawa avec l’élection de Justin Trudeau lundi, le maire de Montréal Denis Coderre croit qu’il serait possible de régler « rapidement » le dossier du déversement de huit milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve.

« On va avoir un gouvernement qui croit en la science. J’ai confiance qu’on peut régler le dossier très rapidement. On n’a pas le choix. Il n’y a pas personne qui est content, mais on n’a pas le choix », a commenté le maire Coderre, au lendemain de la victoire libérale à Ottawa.

En campagne électorale, l’ex-gouvernement de Stephen Harper était intervenu pour bloquer le projet. La ministre fédérale de l’Environnement, Leona Aglukkaq — battue dans sa circonscription lundi — avait d’ailleurs signé un arrêté ministériel ordonnant à la Ville de Montréal de suspendre le projet de déversement jusqu’au 3 novembre et confié à trois experts indépendants le soin d’analyser le dossier.

Selon le maire, le dossier pourrait se régler en « 24 à 48 heures », mais il a dit vouloir laisser le nouveau gouvernement — qui sera assermenté le 4 novembre — savourer sa victoire.

 

Postes Canada

Ancien ministre libéral, Denis Coderre croit qu’avec les libéraux, Montréal aura droit à plus d’égards d’Ottawa que sous le règne des conservateurs. « Montreal is back !, a-t-il lancé. Les Montréalais, les Québécois, les Canadiens ont voté pour le changement. On a maintenant un gouvernement qui va respecter Montréal et qui respecte les Montréalais. »

Compte tenu des promesses faites par Justin Trudeau en campagne électorale, plusieurs difficultés devraient être aplanies, estime le maire: « Ça veut dire que le péage du pont Champlain prend le bord. On est ben contents. Ça veut dire également qu’on va régler les dalles de béton de Postes Canada ».

Au sujet de Postes Canada, M. Coderre estime qu’une solution tenant compte de la réduction du volume de courrier et des préoccupations des municipalités pourrait être trouvée. On pourrait éviter les procédures engagées devant les tribunaux par le Syndicat des travailleurs des postes et des groupes de personnes âgées et handicapées. « On n’a pas besoin de se rendre jusqu’au bout du processus judiciaire », a suggéré le maire.

Les promesses d’investissements massifs dans les infrastructures des libéraux — 125 milliards de dollars au cours des dix prochaines années — réjouissent le maire, tout comme la position du nouveau gouvernement en matière de lutte aux changements climatiques: « Ça donne une chance supplémentaire de réussite au niveau de la déclaration de Paris ».

Des promesses à tenir

Le maire de Brossard, Paul Leduc, at aussi applaudi l’accession au pouvoir des libéraux compte tenu de la promesse de Justin Trudeau d’abandonner le péage pour le pont Champlain. « On l’a dit souvent, c’est le remplacement d’une infrastructure. Donc, on avait beaucoup de misère à imaginer un péage là-dessus », a indiqué M. Leduc qui se dit confiant de voir M. Trudeau tenir parole. « C’est une promesse qui a été faite de façon assez claire, sans équivoque. Ça ne portait pas à confusion. Je verrais mal le gouvernement reculer. »

De son côté, la présidente de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy, croit que le temps presse en matière d’investissements dans les infrastructures. « Il ne faut pas attendre. Il faut qu’il y ait des investissements année après année dans les infrastructures et dans les transports collectifs, a-t-elle expliqué. Il y a des ententes fédérales-provinciales qui doivent être signées pour que les municipalités aient accès à l’argent ».

1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 21 octobre 2015 10 h 29

    Électoralisme sans vision

    La gratuité du pont Champlain et l'abandon des boîtes communautaires, ça appartient davantage à la catégorie « bonbons électoraux » qu'à une vision d'avenir pour Montréal.

    Et une vision d'avenir pour la métropole, monsieur Coderre n'en a pas une très claire et les libéraux de Justin n'en ont pas du tout.