Ottawa a choisi ses trois experts

La ministre de l’Environnement du Canada a nommé les trois experts québécois qui se pencheront sur le projet controversé de déversement d’eaux usées que souhaitait effectuer la Ville de Montréal dans le cadre d’un plan pour déplacer une chute à neige située sous l’autoroute Bonaventure.

Leona Aglukkaq a annoncé dimanche que le groupe de travail indépendant serait formé de Robert Hausler, du Département de génie de la construction à l’École de technologie supérieure, de Viviane Yargeau, professeure de génie chimique à l’université McGill, et de Daniel G. Cyr, professeur spécialisé en toxicologie et en biologie cellulaire au Centre INRS-Institut Frappier, affilié au réseau de l’Université du Québec.

Une autre solution ?

Le « groupe de travail indépendant » cherchera à déterminer les risques environnementaux de l’opération et si « d’autres paramètres » devraient être considérés par la Ville dans son analyse sur la qualité de l’eau. Les spécialistes se prononceront également sur la possibilité de trouver une autre solution que le déversement.

L’interruption des travaux ordonnée par Ottawa par l’arrêté ministériel est en vigueur jusqu’au 2 novembre en fin de journée « dans l’attente des résultats de l’examen », rappelle le communiqué.

La ministre réitère que la Ville n’a pas fait d’étude sur les impacts environnementaux de son opération, ce que réfute depuis plusieurs jours le maire de Montréal, Denis Coderre.

Comme le fédéral l’avait annoncé plus tôt cette semaine, la ministre de l’Environnement, Leona Aglukkaq, a signé vendredi un arrêté provisoire empêchant la Ville de Montréal de rejeter ses eaux usées dans le Saint-Laurent.

« Je comprends qu’après le 3 novembre, je pourrais le faire », a déclaré M. Coderre en réaction à la nouvelle.

Le maire de Montréal est furieux de l’intervention du gouvernement fédéral, qu’il accuse de « faire de la politique sur le dos des Montréalais ».

Jeudi, M. Coderre avait affirmé que si une décision finale n’était pas prise d’ici le 23 octobre, il pourrait y avoir des conséquences et des « problèmes sérieux », dont des bris. Il a martelé que les experts de la Ville de Montréal étaient hautement qualifiés, les décrivant comme les « meilleurs techniciens en traitement des eaux usées ».

4 commentaires
  • François Masseau - Abonné 19 octobre 2015 00 h 24

    Des scientifiques ?

    Bizarre pour un gouvernement qui n'aime pas trop les scientifiques. L'obscurantisme, par contre, est leur grande force...! Du grand guignol cette soudaine préoccupation pour l'environnement et pas du tout électoraliste...

  • Jean Santerre - Abonné 19 octobre 2015 08 h 14

    Bien sûr

    Un gouvernement qui ferme les yeux sur les dégâts irrévocables des sables bitumineux sur l'environnement, la population autochtone et la faune de l'Alberta, qui n'a jamais interdit le déversement d'eaux usées d'une cinquantaine de municipalités dans les Grands Lacs et d'une pléthore d'autre dans les océans et rivières, qui ne légifère pas sur les OGM de culture et refuse d'identifier les aliments en contenant, ne peut pas faire lui-même les essaies de consommation des véhicules vendus sur son territoire, n'a aucune politique digne de ce nom pour limiter les rejets carbone et refuse de compter ce que la production de pétrole albertain ajoutera dans l'atmosphère terrestre et à rejeté Kyoto et toutes les allégations du réchauffement climatique viens donc nous faire la leçon sur la responsabilité environnementale.

    Finalement le renard nous indique comment protègent les poules, en ayant pris soin d'abattre les clôtures et d'éloigner les gardiens par la dérèglementation environnementale et la mise à pied de nombreux organisme scientifique.

    Bien sûr, bien sûr!

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 19 octobre 2015 08 h 37

    Fonction publique

    Le gouvernement actuel nous indique que «les scientifiques» travaillant au ministère ne sont pas fiables, puisqu'il a besoin d'opinions de l'extérieur.

    Alors... qu'est-ce qu'ils font là en train de dépenser de notre argent qu'ils ne gagnent pas honnêtement ?

    À l'écoute des nouvelles, j'entends partout que nos gouvernements réduisent la fonction publique. Et aux nouvelles économiques, j'entends qu'il y a une hausse dans l’emploi, mais seulement dans le service public. Ces journalistes, donnant les nouvelles, ne se parlent-ils pas entre eux ?

    Qui ment à qui ici ?

    PL

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 19 octobre 2015 11 h 00

    Nous donner du temps pour faire bien.

    J'espère que ces exêrts sauront donner à la Ville de Montréal le temps dont elle a besoin pour montrer au monde entier qu'elle est un leader en terme de protection de l'environnement. La Ville de Montréal a attendu à la dernière minute et avance une solution correspondant, selon elle, au moindre mal ou la meilleure des pires solutions: envoyer ailleurs et telles quelles une énorme quantité d'eaux usées absolument non traitées. Elle justifie ce geste par le fait que la législation fédérale autorise aussi une municipalité à rejetter une partie de ses eaux usées lorsqu'elle effectue des travaux au réseau d'égoûts. Je veux bien, mais toutes les municipalités n'ont pas autant d'eaux sales et de moyens financiers que Montréal, par exemple Chute-aux-Outardes sur la Haute Côte Nord. Elles ne sont pas toutes situées en amont d'un territoire (le lac St-Pierre) officiellement reconnu par l'ONU comme étant une réserve de biodiversité. Enfin, les déversements d'eaux usées ne se ressemblent pas tous, certains étant pires que d'autres. Il ne m'étonne donc pas que le gouvernement fédéral utilise une autre disposition légale et retarde ce geste municipal. Il aurait fallu que le ministère de l'environnement du Québec fasse de même. Heureusement que la Ville de Montréal n'est pas encore, comme certains le souhaiteraient, une Ville-État...Dans ce cas, nous aurions un conflit entre États...