Coderre répondra à Aglukkaq ce vendredi

Denis Coderre
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Denis Coderre

La ministre fédérale de l’Environnement, Leona Aglukkaq, attendra les commentaires du maire Denis Coderre avant de signer un arrêté ministériel empêchant le déversement d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent.

Dans une lettre qu’elle a fait parvenir à Denis Coderre mercredi et dont Le Devoir a obtenu copie, la ministre accorde au maire jusqu’à vendredi midi pour lui faire part de ses commentaires concernant la décision d’Ottawa de décréter un arrêté ministériel et demander un examen plus approfondi du projet. « Cet examen, qui bénéficiera du concours des scientifiques du gouvernement du Canada, tiendra compte des renseignements fournis par la Ville, le gouvernement du Québec et d’autres experts scientifiques et techniques du domaine pour analyser la proposition actuelle, ainsi que d’autres options qui s’offrent à la Ville afin de garantir un résultat idéal pour le fleuve Saint-Laurent », explique la ministre dans sa missive.

L’attaché de presse de la ministre n’a pu préciser à quels « experts indépendants » Ottawa comptait confier l’examen scientifique du dossier. « Nous sommes à finaliser les détails de cet examen », a indiqué par courriel Ted Laking.

Secret bien gardé

En entrevue radiophonique jeudi matin, le maire Coderre a reconnu avoir été avisé du déversement de huit milliards de litres d’eaux usées il y a « quelques semaines » seulement.

Radio-Canada rapportait même jeudi que plusieurs membres du Comité permanent de suivi des eaux usées de Montréal, auquel siègent notamment des fonctionnaires fédéraux, provinciaux et municipaux, avaient appris récemment l’existence du projet par l’entremise des médias. Ce serait le cas des représentants du Conseil régional de l’environnement de Montréal et du Comité ZIP Ville-Marie.

Pour sa part, le Comité ZIP Jacques-Cartier a accepté le choix de la Ville de procéder au déversement. Dans un avis transmis à la Ville de Montréal le 1er octobre dernier, Sylvie Bibeau, directrice générale du Comité, a convenu que les solutions de rechange pour éviter ce déversement n’étaient pas réalistes.

Ainsi, il faudrait 37 000 camions pour recueillir les eaux usées et les acheminer vers la station d’épuration située dans l’est de l’Île, a-t-elle souligné. Le recours à des grilles aux intercepteurs pour retenir les gros morceaux serait vain puisqu’elles seraient bloquées en trois minutes, causant des refoulements d’égout. Finalement, opter pour la construction d’un intercepteur parallèle à celui qui existe déjà — et qui mesure environ cinq mètres de diamètre — coûterait un milliard de dollars.

Mme Bibeau a conclu que les rejets dans le fleuve représentaient « le moindre des maux ». Elle remettait toutefois en question le choix fait il y a quelques décennies par la Ville d’opter pour une seule usine d’épuration avec trois intercepteurs de grande taille. « Lorsqu’il arrive un problème comme celui-ci, on réalise, encore une fois, que ce choix n’était pas la meilleure idée », a-t-elle observé.

Toute cette polémique survient à quelques jours du scrutin fédéral qui se tiendra lundi.

1 commentaire
  • Yves Corbeil - Inscrit 16 octobre 2015 11 h 33

    Ça pue la petite politique...

    De l'Atlantique au Pacifique. Le plus triste c'est que probablement ni un ni l'autre des intervenants gouvernementaux ne se soucie d'écologie, ils sont tous des pros défenseurs d'économies.

    Après avoir congédier, réduit et neutraliser les scientifiques qu'ils restent dans les organismes gouvernementaux, vers qui les citoyens peuvent-ils se tourner pour avoir le vrai portrait d'une situation du genre. Même chose avec tous les gens qui s'occupe de salubrité au Canada.

    Un autre example hier matin dans les journaux, éclosion de salmonelloses dans huit provinces au Canada dont le Québec. Les volailles, le boeuf, le lait, les oeufs et les fruits.

    Vous ne pensez pas, qu'à force de couper partout la situation devient de plus en plus critique dans tous les domaines. La recherche de profits et de performances au détriment de la santé des gens c'est inacceptable. On est pas dans un pays sous-développé bout de viarge.