La voix des piétons

Pierre Vallée Collaboration spéciale
Les membres du CA de Piétons Québec (Félix Gravel, Véronique Fournier, Geneviève Guérin, John Husk, Louis Bernier-Héroux, Geneviéve Rajotte Sauriol, Jean-François Bruneau, Jeanne Robin, Philippe Cousineau-Morin, Étienne Grandmont)
Photo: Piéton Québec Les membres du CA de Piétons Québec (Félix Gravel, Véronique Fournier, Geneviève Guérin, John Husk, Louis Bernier-Héroux, Geneviéve Rajotte Sauriol, Jean-François Bruneau, Jeanne Robin, Philippe Cousineau-Morin, Étienne Grandmont)

Ce texte fait partie du cahier spécial Vivre en ville

Les piétons québécois ont maintenant une voix. En effet, c’est le 6 octobre dernier qu’avait lieu le lancement officiel de l’organisme sans but lucratif Piétons Québec, dont l’objectif est de s’assurer que le point de vue des piétons est entendu lorsqu’il est question d’aménagement urbain et, en particulier, d’aménagement et d’usage de la voie publique.

« Nous sommes un groupe de piétons engagés et préoccupés par la situation des piétons au Québec », explique Jeanne Robin, co-porte-parole de Piétons Québec. L’organisme s’est donné trois chantiers prioritaires : la révision du cadre réglementaire et normatif, l’amélioration du bilan routier des piétons et le développement d’un « réflexe piéton » dans les aménagements permanents comme temporaires.

« Le Québec procède présentement à une révision du Code de la sécurité routière. Nous voulons que le principe de prudence envers les usagers de la route les plus vulnérables, comme les piétons, soit inscrit dans le nouveau code. Ensuite, il y a eu l’an dernier 52 piétons qui ont été tués et 2500 qui ont été blessés au Québec. C’est beaucoup trop. Si l’on a réussi à améliorer le bilan des automobilistes, en réduisant le nombre d’accidents entre automobilistes, on peut le faire entre automobilistes et piétons. Et par le “réflexe piéton”, ce que l’on souhaite, c’est que lorsqu’on procède à un aménagement, qu’il soit temporaire ou permanent, on se pose toujours la question suivante : cet aménagement répond-il aux besoins des piétons et assure-t-il leur sécurité ? »

L’organisme compte présentement quelques dizaines de membres et est en période de recrutement. Un individu peut adhérer pour la somme de 10 $ et l’abonnement est à vie. Pour les groupes et les organismes, l’abonnement coûte 50 $ et est valide pour trois ans.

Des projets concrets

Un des objectifs de Piétons Québec est de susciter des projets concrets. Un projet concret visant à favoriser la marche et à améliorer la sécurité des piétons est le projet Vieillir en santé dans des quartiers sécuritaires, mené depuis 2013 par le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal), de concert avec la Table de concertation des aînés de l’île de Montréal (TCAIM). Un des responsables du projet au CRE-Montréal, Félix Gravel, est aussi co-porte-parole de Piétons Québec.

« Notre but était de rendre plus sécuritaires et plus agréables les installations piétonnes pour les personnes âgées. On a commencé par rencontrer les aînés en groupe de discussion. Puis nous sommes allés sur le terrain avec eux afin qu’ils nous indiquent les embûches auxquelles ils font face quotidiennement dans leurs déplacements à pied. C’est surprenant de voir à quel point ils ont une connaissance et une expertise des lieux où ils doivent circuler. Cela a permis de déterminer les lieux problématiques dans un premier temps et, dans un second, de préparer et de présenter une série de recommandations aux autorités afin qu’elles puissent corriger la situation. »

Jusqu’à présent, trois arrondissements de Montréal ont participé au projet et trois autres viennent de s’y joindre. « Si l’on peut recevoir du nouveau financement, je n’ai pas de doute que d’autres arrondissements se joindront au projet. » Ce que Piétons Québec souhaite, c’est que des projets comme celui-ci ne soient plus des projets-pilotes, mais qu’ils deviennent la norme.

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