Environnement Canada devrait rendre sa décision ce mardi

La Ville de Montréal a déjà affirmé à de nombreuses reprises qu’elle a examiné toutes les options pour éviter le déversement programmé, mais qu’il ne peut en être autrement.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La Ville de Montréal a déjà affirmé à de nombreuses reprises qu’elle a examiné toutes les options pour éviter le déversement programmé, mais qu’il ne peut en être autrement.

La saga entourant le déversement de huit milliards de litres d’eaux usées en provenance des égouts montréalais directement dans le fleuve Saint-Laurent se poursuit. À moins d’une semaine de l’opération controversée, mais pour le moment suspendue par Environnement Canada, l’entité fédérale devrait rendre sa décision à la Ville de Montréal mardi. La métropole saura alors si elle peut procéder ou non.

« [Le ministère] a toute la documentation depuis [vendredi] soir et ils se sont engagés à tout lire en fin de semaine, a indiqué aux médias Catherine Maurice, attachée de presse du maire de Montréal, Denis Coderre. [Ils doivent] nous donner une réponse au plus tard mardi. »

La relationniste a également indiqué que l’équipe du maire restait à la disposition du ministère de l’Environnement au besoin.

Bras de fer

La semaine dernière, le maire Coderre a fait une sortie éclatante dans laquelle il n’a pas manqué d’écorcher le gouvernement fédéral.

Selon lui, Environnement Canada a en main depuis septembre 2014 le dossier qui sème aujourd’hui la controverse. Or, la ministre fédérale de l’Environnement, Leona Aglukkaq, a affirmé mercredi dernier n’avoir été informée que la semaine précédente des intentions de la métropole québécoise.

Rappelons qu’en raison du chantier de l’autoroute Bonaventure, Montréal doit construire une nouvelle chute à neige et assécher l’intercepteur sud-est, une conduite d’un diamètre de 4,6 m qui recueille les eaux d’égout du tiers de l’île de Montréal pour les acheminer vers l’usine d’épuration Jean-R. Marcotte. L’opération fera en sorte que pendant au moins sept jours, les eaux usées non traitées seront rejetées dans le fleuve à 24 endroits le long de la rive sud de Montréal. Pendant l’opération, qui doit se dérouler du 18 au 25 octobre, Montréal en profitera pour procéder à des travaux d’entretien jugés indispensables.

La Ville de Montréal a déjà affirmé à de nombreuses reprises qu’elle a examiné toutes les options pour éviter ce déversement programmé et qu’il lui était impossible de faire autrement.

Mobilisation citoyenne

Lancée au début du mois d’octobre pour inciter la Ville à reculer, une pétition a jusqu’à maintenant réussi à recueillir près de 90 000 signatures. Intitulée « Le Saint-Laurent n’est pas une poubelle », cette dernière doit être déposée mardi soir au conseil d’arrondissement de Ville-Marie, qui est dirigé par le maire Coderre. D’ici là, ses instigateurs espèrent obtenir l’appui de 150 000 personnes.

90 000
Nombre de personnes ayant signé la pétition jusqu’à présent pour inciter la Ville de Montréal à revenir sur sa décision dans le dossier du déversement d’eaux usées.